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Une étude révèle d'importantes lacunes dans la formation des enseignants

Un enseignant avec ses élèves dans une classe
Un enseignant avec ses élèves dans une classe Photo: iStock

Les enseignants québécois de niveau secondaire manquent de formation adaptée à la discipline qu'ils enseignent, du moins en ce qui a trait à l'histoire, la géographie et d'autres matières qui doivent être couvertes dans les cours d'univers social, selon une nouvelle étude publiée lundi. Ils sont aussi mal outillés pour faire face aux défis quotidiens de l'enseignement.

Les trois auteurs de l’étude ont décortiqué le cursus de 14 programmes de formation des maîtres dans 10 universités québécoises.

Ils ont aussi sondé plus de 200 enseignants d'histoire, dans le but d’établir leur cheminement scolaire et leur « niveau de satisfaction à propos de la formation qu’ils ont reçue ».

L’étude a été réalisée pour le compte de la Coalition pour l’histoire, dont la mission est de faire « la promotion de l'enseignement de l'histoire à tous les ordres d’enseignement pour permettre aux jeunes Québécois de toutes origines d'acquérir une meilleure connaissance de l'histoire du Québec, du Canada et de l'histoire du monde occidental et non occidental ».

Les résultats

L’enquête montre que moins de 50 % des cours que suivent les futurs enseignants d'histoire portent sur la matière qu’ils devront transmettre.

Selon l’étude, le baccalauréat en enseignement secondaire, d’une durée de quatre ans, accorde une plus grande place aux cours de didactique, de psychopédagogie et de science de l’éducation en général.

« Le constat est particulièrement dramatique à propos de l’histoire du Canada et du Québec », mentionne l’un des auteurs de l’étude et porte-parole de la Coalition pour l’histoire, Gilles Laporte, dans un communiqué.

En fait, le cursus au secondaire prévoit offrir 200 heures de cours d'histoire, mais les enseignants n'auront reçu pour s’y préparer que deux cours obligatoires dans cette discipline durant les quatre années de leur cheminement universitaire, ce qui représente à peine 10 % de leur formation.

Si les enseignants semblent adéquatement formés pour gérer une classe, évaluer une compétence et évoluer dans le système d’éducation, il est évident qu’ils n’ont pas reçu le bagage disciplinaire suffisant pour enseigner adéquatement l’histoire nationale et exposer leurs élèves à des connaissances qui aillent un tant soit peu au-delà de ce qu’ils peuvent trouver dans le manuel de classe ou sur Internet.

Gilles Laporte, coauteur et porte-parole de la Coalition pour l’histoire

Des enseignants d’histoire interrogés dans le cadre de l’enquête semblent appuyer le constat des chercheurs.

Pour 35 % d’entre eux, les cours d’histoire « ont semblé manquer » dans leur formation.

En contrepartie, les enseignants estiment avoir reçu trop de cours inutiles, surtout en didactique, mais aussi en psychopédagogie. Ce dernier constat a amené les chercheurs à pousser plus loin, car les professeurs disent également être mal préparés pour affronter la réalité scolaire de 2017, avec des classes surchargées, l'intégration d'élèves en difficulté et d'autres réalités de terrain qui sont rarement abordées dans leur formation.

Nouveau cours d’histoire au secondaire

Depuis septembre 2017, les élèves québécois de 3e et 4e secondaire ont droit à un nouveau cours d’histoire du Canada et du Québec.

L’histoire est désormais enseignée autour d'une trame chronologique sur deux ans, avec comme point de bascule l'année 1840, moment où a été adopté l'acte d'Union du Bas-Canada et du Haut-Canada. Le programme inclut aussi un volet de géographie, permettant aux élèves de mieux comprendre les événements historiques de façon globale.

Auparavant, les élèves en 3e secondaire étudiaient l'histoire de la société québécoise de façon chronologique, des origines à nos jours. Ensuite, ils revoyaient cette même histoire en 4e secondaire, mais sous quatre grandes thématiques.

Un rapport déposé en 2014 et intitulé Le sens de l’histoire a mené à une refonte du programme d’histoire.

Des lacunes ailleurs

Gilles Laporte est d’avis que le constat qui ressort de l’étude peut s’appliquer dans d’autres disciplines, comme « l’enseignement du français ou des sciences de la nature ».

« Le nombre de crédits accaparés par la formation en sciences de l’éducation y est tout aussi disproportionné et la formation disciplinaire des futurs enseignants d’autant plus lacunaire, soutient M. Laporte. Voilà, dit-il, pourquoi nous croyons aujourd’hui que les constats et recommandations de cette étude doivent être examinés attentivement pour en tirer les leçons qui s’imposent. »

Neuf recommandations

À la lumière des résultats de leur enquête, les chercheurs proposent neuf pistes de solutions, dont renforcer la formation disciplinaire, notamment en géographie et en histoire du Canada et du Québec.

Ils recommandent aussi au ministère de l'Éducation de permettre aux titulaires d'un baccalauréat dans un programme pertinent, par exemple en histoire ou en géographie, d'accéder à l'enseignement secondaire au terme d'une formation d'un an en pédagogie accompagnée d'un stage.

Les auteurs de l'étude suggèrent également d’améliorer le dialogue entre les établissements qui forment les enseignants et ceux qui les embauchent.

Avec les informations de La Presse canadienne

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