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Se déplacer plus loin, plus longtemps et surtout en voiture pour aller travailler

Congestion sur l'autoroute 20 Est.

L'échangeur Turcot

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada

Les travailleurs canadiens utilisent légèrement plus le transport en commun, mais la voiture demeure le mode de transport le plus couramment utilisé au pays. De plus, la durée et la distance du déplacement entre la maison et le travail continuent d'augmenter.

Un texte de Mélanie Meloche-Holubowski

Statistique Canada a dévoilé aujourd’hui ses plus récentes données sur la mobilité des travailleurs et des étudiants provenant du recensement 2016.

Le nombre de travailleurs sans lieu de travail fixe (principalement ceux dans l’industrie de la construction) a augmenté de 3,9 % depuis 10 ans, pour atteindre 11,5 %. La proportion de Canadiens travaillant à domicile a diminué de 0,8 point de pourcentage depuis 1996 pour atteindre 7,4 % en raison de la chute du nombre d’agriculteurs.

Des 15,9 millions de Canadiens qui se déplacent pour le travail, 79,5 % le font en voiture et 12,4 % en transport en commun. Même si le transport en commun est un sujet de plus en plus discuté par diverses instances gouvernementales, le nombre de travailleurs qui optent pour le transport en commun a augmenté de seulement 2,3 points de pourcentage depuis les 10 dernières années.

« Il y a toujours l’idée d’être écolo. Mais ça s’avère être plus du discours que des faits avérés », dit Jean-Philippe Meloche de l’Observatoire de la mobilité durable de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) .


Au cours des 20 dernières années, le nombre de travailleurs utilisant le transport en commun ou le vélo augmente plus rapidement que le nombre de ceux qui marchent ou qui conduisent. La proportion de personnes utilisant le transport en commun est légèrement en hausse et a atteint 12,4 %, comparativement à 11 % en 2006.

La marche et la bicyclette demeurent des moyens marginaux de déplacement : 5,5 % des travailleurs canadiens sont des marcheurs (comparativement à 7 % en 1996), 1,4 % des cyclistes (une augmentation de 61,6 % depuis 1996).

M. Meloche précise que le prix de l’essence­ au Canada ­– beaucoup plus bas qu’en Europe par exemple – encourage encore l’utilisation de la voiture. « Une baisse du prix de l’essence provoque un relâchement des contraintes d’utilisation de l’automobile et pousse plus de gens à prendre la voiture. »

Pour la plupart des gens, utiliser la voiture, ça prend moins de temps, c’est plus convivial.

Jean-Philippe Meloche, Observatoire de la mobilité durable de l’UQAM

À l’extérieur de Toronto, de Vancouver et de Montréal, il est difficile de vivre sans voiture, ajoute M. Meloche. Dans certaines villes comme Saguenay, Trois-Rivières, Brantford et Abbotsford, la proportion de personnes utilisant un véhicule dépasse 90 %.

En comparaison, aux États-Unis, 80,4 % des travailleurs utilisent leur voiture, 5,4 % le transport en commun, 2,9 % marchent, et un peu plus de 1 % utilisent la bicyclette.

« Aux États-Unis, dans certaines villes, il y a de très bons systèmes de transport en commun, mais il n’y a personne dedans, parce que les systèmes de transport automobile sont tellement bien développés », explique M. Meloche.

Le transport durable augmente peu à peu

À travers le pays, un travailleur sur huit utilisait le covoiturage, qui est surtout populaire auprès des travailleurs du Canada atlantique, du Manitoba et des territoires.

Les Québécois sont parmi ceux qui utilisent le moins le covoiturage.


Parmi les utilisateurs du transport en commun, 59,6 % choisissent l’autobus, 27 % le métro, 13,1 % le train léger sur rail, tramway ou train de banlieue et 0,3 % le traversier.

Les travailleurs des régions métropolitaines comme Toronto, Ottawa ou Montréal sont les plus susceptibles d’utiliser le transport en commun. Toronto a d’ailleurs le plus faible taux d’utilisation de la voiture au pays (68 %).

« Dans les quartiers centraux, les voitures ne sont pas fonctionnelles. Lorsque ça devient compliqué d’utiliser l’auto, les gens se tournent vers d’autres options », mentionne M. Meloche.

Montréal a par ailleurs connu une baisse de 3 % en 20 ans du nombre de travailleurs utilisant une voiture, tandis que Vancouver a connu une baisse de 8 %. C’est à Vancouver, où le SkyTrain a connu d’importantes expansions en 2002 et 2009, que la proportion de travailleurs utilisant le transport en commun a le plus augmenté au pays (6 points de pourcentage en 20 ans).

Ailleurs, environ 15 % des travailleurs d’Ottawa-Gatineau et de Winnipeg utilisent le transport en commun.

Au Canada, 59,6 % des usagers du transport en commun utilisent l’autobus, 27 %, le métro et 13,1 % le train de banlieue. Par contre le type de transport utilisé varie grandement de ville en ville, selon l’offre de service.

Par exemple, à Calgary, 54 % des travailleurs prennent l’autobus et 45 % prennent un train de banlieue. À Montréal, 47 % utilisent l’autobus, 43 %, le métro et près de 10 % le train de banlieue.

À Campbellton, au Nouveau-Brunswick, parmi le petit nombre de travailleurs qui prennent le transport en commun, 80 % d’entre eux prennent le traversier. De leur côté, près de la moitié des travailleurs d’Oshawa (48,4 %) prennent le train de banlieue.

À Victoria, 1 travailleur sur 10 marche; c'est le taux le plus élevé au pays. Cela s’explique notamment par la petite superficie de la ville et une météo généralement clémente.

Déplacements de plus en plus longs

En 2016, les travailleurs ont consacré en moyenne 26,2 minutes pour se rendre au travail, comparativement à 25,4 minutes en 2011. À titre comparatif, aux États-Unis, la moyenne est de 26,6 minutes.

Environ 9 % des Canadiens consacrent au moins une heure à leur déplacement; 62 % voyagent moins de 30 minutes.

En Ontario, plus de 20 % des travailleurs consacrent plus de 45 minutes à leur trajet. Les résidents du Nunavut, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest ont les durées de déplacement les moins longues au pays.

Le nombre de personnes vivant dans les régions urbaines s'accroît, ce qui augmente la congestion routière, ainsi que la durée de déplacement dans les grandes régions métropolitaines. À Montréal, la durée moyenne est de 31 minutes (24 % voyagent 45 minutes et plus), tandis qu’elle est de 34 minutes à Toronto (30 % voyagent 45 minutes ou plus).


Les utilisateurs du transport en commun doivent faire face à des trajets presque deux fois plus longs que les automobilistes (44,8 minutes comparativement à 24,1 minutes en voiture). Les cyclistes et les marcheurs ont les déplacements les moins longs (environ 15 minutes).

Si la moitié des travailleurs quittent la maison entre 7 h et 9 h, près du quart des Canadiens partent tôt, soit entre 5 h et 7 h. Les Albertains sont les plus lève-tôt; près du tiers d’entre eux partent au petit matin pour le travail. En contrepartie, près de 30 % des Ontariens partent après 9 h.

En 2016, la distance médiane pour le trajet domicile-travail était de 7,7 km, comparativement à 7 km en 1996.

Les travailleurs canadiens qui ont les plus longues distances de déplacement sont en Ontario et en Alberta. Les régions du nord du pays ont les plus courts trajets.


Pour un peu plus de 1 % des travailleurs canadiens, leur lieu de travail se situe dans une autre province que leur domicile. Dans la région de Wood Buffalo (qui comprend la ville de Fort McMurray et où il y a d’importants projets pétroliers), près de 20 % des travailleurs habitent à l’extérieur de la province.

Environ 14 % des travailleurs du Nunavut et 10 % des Territoires du Nord-Ouest avaient un domicile ailleurs que dans ces territoires.

Déménager pour travailler

En 2016, 2,5 % des travailleurs canadiens vivaient dans une autre province cinq ans auparavant, comparativement à 3,2 % en 2011.

Les travailleurs des Territoires du Nord-Ouest, du Nunavut et du Yukon sont parmi les Canadiens qui ont le plus changé de province au cours des cinq dernières années. Ces territoires ont connu un plus grand mouvement de population, notamment en raison de l’industrie du pétrole, des sables bitumineux et des mines qui ont créé de nombreux emplois au cours de la dernière décennie.

Cependant, le nombre de personnes qui ont quitté leur province pour s’établir en Alberta est à la baisse (6,1 % en 2016, comparativement à 7,6 % en 2011), depuis le ralentissement économique causé par la chute du prix du pétrole.


Le Québec est bon dernier, avec moins de 1 % des travailleurs qui ont changé de province depuis les cinq dernières années.

La Banque du Canada précise dans un rapport que, d’année en année, les migrations infraprovinciales (à l’intérieur d’une même province) sont toujours plus importantes que les migrations interprovinciales (changement de province). Par exemple, si peu de Québécois changent de province pour travailler, environ 12 % ont déménagé au sein de la province en 2016.

La distance et le coût de relocalisation sont les principaux obstacles à la migration interprovinciale. Pour les Québécois, les différences linguistiques expliquent pourquoi si peu de travailleurs québécois changent de province.

Les Canadiens préfèrent étudier au pays

Les étudiants canadiens étudient généralement dans leur province de résidence; en 2016, 17,1 % ont obtenu leur diplôme postsecondaire dans un autre pays (cela inclut les nouveaux arrivants et les immigrants qui ont obtenu un diplôme dans leur pays d’origine), tandis de 10,1 % ont choisi d’étudier dans une autre province.

Ceux qui poursuivent des études supérieures étaient plus susceptibles d’étudier à l’extérieur du Canada ou dans une autre province que ceux qui ont un diplôme d’études collégiales ou un certificat d’une école de métiers.


La plupart des Québécois (86,7 % en 2011) et des Terre-Neuviens (83,4 %) préfèrent étudier dans leur province de résidence.

En raison du nombre restreint d’institutions postsecondaires dans certaines régions du Canada, il n’est pas surprenant de voir que la majorité des étudiants du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et de l’Île-du-Prince-Édouard poursuivent leurs études à l’extérieur de leur province de résidence.

Environ le quart des Britanno-Colombiens, des Ontariens et des Albertains ont obtenu leurs diplômes postsecondaires à l’extérieur du pays.

Les diplômes obtenus à l’étranger proviennent principalement des États-Unis, des Philippines, de l’Inde, du Royaume-Uni, de la France, du Pakistan et de la Chine, ce qui reflète les tendances en immigration au Canada depuis les dernières années.

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