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Pénurie de main-d'oeuvre : travailleurs âgés recherchés

Les soudeurs sont très en demande dans plusieurs régions du Québec.

Photo : Radio-Canada / You Tube/ Compétence Québec

Radio-Canada

La pénurie de travailleurs se fait sentir dans plusieurs régions du Québec. En conséquence, les travailleurs « expérimentés », âgés de 45 ans et plus, trouvent du travail plus rapidement. Les chercheurs d'emplois âgés de plus de 60 ans, qui sont plus nombreux, en profitent eux aussi.

Un texte de Francis Labbé

Le recrutement est difficile par les temps qui courent dans plusieurs régions du Québec. « Pour un directeur de succursale, ça peut prendre six ou sept mois », explique Bernard Fréchette, directeur régional pour Kenny U-Pull, une entreprise spécialisée dans la vente de pièces d'auto usagées.

« À partir du moment où quelqu'un quitte, le processus de recrutement est difficile. Par exemple, si un employé nous donne un préavis de deux semaines, c'est assez rare que nous puissions combler le poste à l'intérieur de ce délai. »

Bernard Fréchette, directeur régional, Kenny U-Pull.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bernard Fréchette, directeur régional, Kenny U-Pull.

Photo : Radio-Canada / Francis Labbé

Dans certaines régions, juste trouver une personne à la caisse peut prendre un mois.

Bernard Fréchette, directeur régional, Kenny U-Pull

Ce climat relativement récent dans le marché du travail au Québec sourit aux travailleurs plus âgés, aussi appelés « travailleurs expérimentés ». « Le dernier directeur de succursale que j'ai embauché à Sherbrooke est âgé de 61 ans », affirme Bernard Fréchette.

Phénomène tangible

L'organisme Midi Quarante, de Laval, se spécialise dans la recherche d'emplois pour travailleurs âgés de 45 ans et plus. Depuis environ six mois, on remarque une demande plus forte pour les travailleurs expérimentés.

« On a eu 11 salons d'emploi. On a de la place pour 12 employeurs par salon et, en octobre, on a dû refuser quatre employeurs parce que nous n'avions plus de place », explique Lucie Dubé, directrice générale adjointe pour Midi Quarante.

André Hétu, directeur général, et Lucie Dubé, directrice générale adjointe, organisme Midi Quarante de Laval.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

André Hétu, directeur général, et Lucie Dubé, directrice générale adjointe, organisme Midi Quarante de Laval.

Photo : Radio-Canada / Francis Labbé

Comme il y a un manque de main-d'oeuvre, les 45 ans et plus deviennent attrayants pour les employeurs. Le marché est ouvert parce qu'il y a moins de travailleurs.

Lucie Dubé, directrice générale adjointe, Midi Quarante

Selon les données les plus récentes compilées par Midi Quarante, les chercheurs d'emploi mettent en moyenne deux semaines de moins que par le passé pour trouver du travail. « De plus, on a moins de demandes d'aide de travailleurs depuis le printemps », ajoute André Hétu, directeur général de l'organisme.

« Ce qui s'explique de deux façons : les gens restent au travail plus longtemps et il y a moins de pertes d'emplois. Dans les deux cas, nous applaudissons. Tout va bien pour nos clientèles! » ajoute André Hétu.

Un marché du travail en évolution

« Il y a beaucoup de régions au Québec qui vivent le plein emploi et ont un taux de chômage très bas. On n'a pas le choix, il faut répondre à l'économie de la province. C'est vraiment un marché de chercheurs d'emplois en ce moment », affirme Valérie Roy, directrice générale de l'Alliance des centres-conseils en emploi du Québec.

Valérie Roy, Directrice générale, Alliance des centres-conseils en emploiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vaélrie Roy, Directrice générale, Alliance des centres-conseils en emploi

Photo : Radio-Canada / Catherine Aboumrad

« On voit une évolution dans les moeurs depuis quelques années, poursuit Mme Roy. Les gens veulent bien sûr un salaire, mais veulent aussi contribuer à quelque chose de plus grand; être heureux dans leur travail. Il faut une adéquation entre le besoin des employeurs et les compétences des chercheurs d'emploi. Nous sommes vraiment à la croisée des chemins. »

Avant, on pouvait travailler vingt ans, trente ans pour la même entreprise. Maintenant, on a beaucoup de transition de carrière. Les gens changent beaucoup plus souvent d'emploi.

Valérie Roy, directrice générale de l'Alliance des centres-conseils en emploi du Québec

« Les gens sont plus en santé, ils travaillent plus longtemps; ils occuperont une deuxième, une troisième ou même une quatrième carrière. C'est pourquoi les organisations avec lesquelles on travaille vont recevoir les travailleurs expérimentés, qui veulent travailler plus longtemps », conclut Mme Roy.

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