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Commerce interprovincial d'alcool : 78 % des Canadiens sont en faveur du libre-échange

Une femme avec un panier dans une allée d'une succursale de la Société des alcools du Québec.

78 % des Canadiens estiment qu'ils devraient pouvoir acheter n'importe quelle quantité d'alcool et l'emporter dans une autre province.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les Canadiens sont catégoriques : 89 % d'entre eux considèrent qu'ils devraient pouvoir acheter et transporter n'importe quel produit légal d'une province à l'autre, selon un sondage réalisé par la firme Ipsos.

Un texte d'Anaïs Brasier

Ce coup de sonde se fait dans le contexte de la cause de Gérard Comeau, qui sera entendue en décembre par la Cour suprême du Canada.

En 2012, le Néo-Brunswickois a reçu une amende de 300 $ pour avoir ramené au Nouveau-Brunswick une plus grande quantité d'alcool achetée au Québec que ce que la loi néo-brunswickoise permet. Cinq ans plus tard, la Cour suprême doit trancher dans cette affaire et décider si les Canadiens ont le droit de transporter d’une province à une autre des biens achetés légalement, incluant de l’alcool.

Seulement un Canadien sur quatre affirme être au courant de l'affaire Comeau. Mais lorsqu'ils en apprennent davantage, la grande majorité d'entre eux appuient sa cause.

Au Nouveau-Brunswick, une plus grande proportion de la population (59 %) est au courant de l’affaire et souhaite voir M. Comeau gagner sa cause (81 %).

Le libre échange : une question d'unité nationale

Si autant de Canadiens sont appuient Gérard Comeau, c’est parce qu’ils considèrent, à 88 %, que le libre-échange entre les provinces est une question d’unité nationale.

« C'est sans équivoque. Les Canadiens considèrent qu'ils devraient déjà avoir le droit de transporter des biens d'une province à une autre », souligne Patrick Déry, analyste en politiques publiques à l'Institut économique de Montréal.

« Il n'y a pas seulement des barrières pour les biens, il y a aussi des barrières pour les entreprises et les travailleurs, ajoute Patrick Déry. Par exemple, en matière de camionnage, il y a certains types de camions qui sont permis de jour en Colombie-Britannique et de nuit en Alberta. Le conducteur doit donc attendre avant de traverser une frontière. Il y a toutes sortes de barrières comme ça qui rendent le commerce plus difficile pour les entreprises. »

Ces barrières non tarifaires coûtent très cher aux Canadiens et ceux-ci en sont conscients, selon Patrick Déry.

Présentement, toutes les barrières non tarifaires, ça finit par avoir le même effet que des barrières tarifaires, parce que ça rajoute des coûts à plusieurs maillons de l'économie et en bout de ligne, qui les paye? C'est le consommateur.

Patrick Déry, IEDM

Si Gérard Comeau gagne sa cause en Cour suprême, ces barrières au commerce entre les provinces canadiennes pourraient disparaître. « C'est un moment qui est historique », conclut Patrick Déry.

Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1103 Canadiens du 26 octobre au 1er novembre 2017, à la demande de l'IEDM, la Canadian Constitution Foundation (CCF) et l’Atlantic Institute for Market Studies (AIMS).

Nouveau-Brunswick

Justice et faits divers