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L'herbicide glyphosate autorisé pour 5 ans de plus par l’Union européenne

Des manifestants protestent à Bruxelles contre la prolongation de l'autorisation d'utilisation du glyphosate dans les cultures.

Manifestation à Bruxelles contre la prolongation de l'autorisation d'utilisation du glyphosate. Dix-huit pays ont voté en faveur de la proposition, neuf contre et un pays s'est abstenu.

Photo : Reuters / Yves Herman

Radio-Canada

Les pays membres de l'UE se sont prononcés majoritairement en faveur d'une prolongation de cinq ans de l'autorisation de l'herbicide controversé glyphosate dans les cultures, a annoncé la Commission européenne. Cette décision a causé une surprise en Europe, où l'usage du glyphosate est très contesté par les lobbys environnementaux.

Lors du vote qui s’est déroulé en comité d’appel, 18 pays ont voté en faveur de la proposition de l’exécutif européen de prolonger de cinq ans l’autorisation de l’herbicide. Neuf pays se sont prononcés contre, et un pays s’est abstenu. Lors d’un premier vote, au début du mois, la proposition n’avait pas recueilli la majorité requise.

L'Allemagne, qui s'était abstenue lors du premier vote, s’est finalement ralliée lundi après avoir réclamé des amendements au texte concernant l'usage privé du glyphosate et le respect de la biodiversité, selon une source proche du dossier citée par l’Agence France-Presse.

En votant pour la prolongation de l’autorisation, l’Allemagne a apporté le poids démographique nécessaire à la proposition, qui avait besoin d’être appuyée par l’équivalent d’au moins 65 % de la population des pays membres de l’UE pour être adoptée.

La Commission européenne devra maintenant entériner la proposition avant que l'autorisation actuelle n'expire, le 15 décembre.

Paris entend sortir le glyphosate de l’UE d’ici moins de 5 ans

La France, qui était opposée à un renouvellement de cinq ans de l’autorisation d’utilisation du glyphosate, réclamait plutôt une autorisation de trois ans avec pour objectif d’éliminer à terme cet herbicide des champs de l’UE. Entre-temps, le président Emmanuel Macron a bien l'intention de faire interdire en France ce produit d'ici trois ans.

J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans.

Emmanuel Macron, président de la France

Paris entend également demander à Bruxelles de revoir ses modes d'évaluation de substances chimiques.

« La France souhaite que la Commission fasse rapidement, comme elle l'a annoncé, des propositions de réforme du cadre européen d'évaluation des substances chimiques, afin de renforcer sa transparence et son indépendance », a déclaré le cabinet du premier ministre Edouard Philippe à l'Agence France-Presse.

Greenpeace scandalisé

Le mouvement de protection de l'environnement Greenpeace, qui combat depuis des années l'usage du Roundup dans le monde, a dénoncé la décision de l'UE, qu'il a qualifiée de « scandaleuse ».

« On continue comme si de rien n'était avec un système qui va droit dans le mur [...] Il y a un véritable manque de vision politique à l'échelle européenne sur l'agriculture », a déploré Greenpeace dans un communiqué.

Le glyphosate, alias Roundup

Le glyphosate est la molécule active du Roundup, l’herbicide le plus utilisé sur la planète. Il est commercialisé par la multinationale Monsanto, qui l’a mis en marché en 1974.

Le glyphosate pénètre dans les organes de la plante et se répand partout dans celle-ci grâce à la sève. Il passe par tous ses points de croissance, jusqu’aux feuilles et aux racines. Son succès commercial repose principalement sur son efficacité et son faible coût.

Le brevet de Monsanto est entré dans le domaine public en 2000 et, depuis, de nombreuses sociétés commercialisent des produits à base de glyphosate. On en trouve plus de 750 variétés différentes en magasin.

Des contenants de Roundup sur les étagères d'un commerce.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'herbicide de la multinationale Monsanto, le Roundup, est désormais commercialisé par des nombreuses compagnies qui ont profité du passage du brevet du glyphosate au domaine public, en 2000.

Photo : Reuters / Mike Blake

Or, des recherches menées par le Centre international de recherche sur le cancer ont démontré en 2015 que le glyphosate comporte plusieurs risques pour la santé. La substance a été classée comme étant génotoxique (dommageable pour l’ADN), cancérogène pour l’animal et « cancérigène probable » pour l’homme.

De plus en plus de recherches montrent aussi qu’on trouve des traces de glyphosate dans la nourriture.

À titre d’exemple, en avril dernier, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) annonçait qu’elle avait découvert des traces de glyphosate dans le tiers d’un échantillonnage de 3200 produits alimentaires testés. L'ACIA précise toutefois que les taux détectés sont en deçà des normes prescrites pour la consommation humaine.

Qu’en est-il du glyphosate au Canada?

Au Canada, la bataille autour du glyphosate n’a pas encore atteint les niveaux observés en Europe. Dans une déclaration publiée le 28 avril dernier, Santé Canada a autorisé l’utilisation du glyphosate pour une nouvelle période de 15 ans.

Avec les informations de AFP, et Reuters

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