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Jouer au hockey sans quitter la rondelle... des oreilles!

Le gardien, aveugle, fait l'arrêt en guidant ses déplacements sur le tintement qu'émet la rondelle.

Le gardien, aveugle, fait l'arrêt en guidant ses déplacements sur le tintement qu'émet la rondelle.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le bruit des patins et des bâtons sur la glace est le même, les encouragements qui fusent du banc des joueurs aussi. Le sifflet des arbitres retentit comme dans n'importe quel autre aréna, et la rondelle est aussi âprement disputée le long des bandes que partout ailleurs. Comment devinez que d'un bout à l'autre de cette patinoire de Leduc en Alberta, les joueurs qui évoluent sont... aveugles?

Sans yeux pour voir, c'est par l'ouïe que les athlètes se sont guidés sur la glace lors du Tournoi de hockey sonore de l'Ouest organisé dans cette ville ce week-end.

La rondelle, plus grande que dans les joutes ordinaires, émet un tintement qui permet aux joueurs de la repérer - d'où le nom de hockey sonore donné à la discipline.

Certaines passes, il est vrai, n'aboutissement pas directement sur la palette, mais le rythme de jeu demeure rapide, pimenté de mises en échec et d'arrêts de la mitaine dignes des meilleurs cerbères.

« On sait jouer la game. On n'est pas n'importe où sur la glace, on sait où se placer », assure Robert Gignac, bénévole depuis 25 ans auprès des Hiboux de Montréal, une équipe de hockey sonore de la métropole québécoise.

C'est souvent des handicaps que les joueurs ont développés tard. Plusieurs ont joué au hockey et tu le vois, les meilleurs ont un très haut calibre. On a des juniors majeurs et des juniors A.

Une citation de : Robert Gignac, coorganisateur du tournoi de l'Ouest et bénévole au sein des Hiboux de Montréal

Les différentes équipes de malvoyants s'organisent autour de la Ligue canadienne de hockey sonore, la première du genre dans le monde, créée à Toronto en 1962.

Son directeur général, Matt Morrow, a organisé le tournoi. « Nous avons un tournoi national depuis cinq ans, et c'est la deuxième année que nous avons un tournoi régional dans l'Ouest », explique celui qui, parfaitement voyant, a commencé à s'impliquer au sein du hockey sonore par amitié pour un gardien, avant de prendre les rênes de la discipline au Canada.

Plusieurs gars me disent que de pouvoir rechausser leurs patins après avoir perdu la vue, ça leur donne espoir de pouvoir jouir de leur vie comme auparavant.

Une citation de : Matt Morrow, directeur général de la Ligue de hockey sonore du Canada

Le sport permet à plusieurs joueurs d'accepter la perte d'un de leur sens.

Ils ont tous des handicaps différents, mais ils se rejoignent dans leur handicap visuel. C'est ça qui fait que ces gars-là arrivent dans la chambre sans être des handicapés visuels qui viennent jouer au hockey pour handicapés visuels. Ils redeviennent des joueurs de hockey qui viennent jouer au hockey.

Une citation de : Robert Gignac, coorganisateur du tournoi de l'Ouest et bénévole au sein des Hiboux de Montréal

Si les gardiens sont complètement aveugles - un règlement impose même de leur bloquer la vue à l'aide d'un bandeau! -, certains joueurs conservent jusqu'à 10 % de leur vision.

Certains, au contraire, ne peuvent pas se déplacer à l'extérieur de la patinoire sans leur chien-guide

Plus leur vue est bonne, plus les joueurs sont susceptibles de se retrouver sur la ligne offensive.

Peu importe leur position, tous les joueurs retrouvent la camaraderie qui fait partie intégrante du sport national canadien.

C'est comme une ligue de garage : ils sont compétitifs, dans le locker c'est la même chose que dans n'importe quelle équipe de hockey.

Une citation de : Robert Gignac, co-organisateur du tournoi de l'Ouest et bénévole au sein des Hiboux de Montréal

Le hockey sonore a planté, depuis quatre ans, ses racines aux États-Unis.

D'ici 2020, la Ligue canadienne espère bien pouvoir organiser un tournoi international, avec des équipes provenant d'au moins quatre pays, avant de se lancer dans l'aventure paralympique.

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