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Accès à l’aéroport de Sudbury : choisir entre cher et compliqué

Une pancarte de bord de route indiquant la direction vers l'aéroport de Sudbury

L'aéroport de Sudbury, situé à 25 km du centre-ville, est critiqué pour sa difficulté d'accès.

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Radio-Canada

Aller et venir de l'aéroport de Sudbury peut-être un véritable casse-tête, coûteux de surplus. Il existe un trajet associant autobus et taxi pour s'y rendre à moindre coût, mais ce service est, la Ville l'admet, quasiment inconnu. Pourtant, c'est sur son achalandage que la municipalité se fie pour dire qu'il n'y a pas besoin d'un moyen de transport direct vers l'aéroport.

Un texte de Joël Ashak

Ceux qui ont utilisé les services de l’aéroport de la ville du nickel connaissent le dilemme.

Il existe trois options pour s'y rendre ou en venir, en plus de celle de l’automobile personnelle : le taxi, une navette gérée par une compagnie privée et le parcours alternant entre autobus public et taxi.

Les deux premières options ne sont pas données : 56 $ et 44 $ respectivement pour aller au centre-ville, situé à 25 km de l'aéroport.

Selon la grille de prix compilée par la compagnie aérienne Porter avec tous les aéroports qu’elle dessert, Sudbury est en tête du classement du trajet en navette le plus cher, si l’on se fie au coût par kilomètre parcouru.

« C’est prohibitif », s’indigne Harry Gow, président de Transport Action Canada, une association qui milite pour l’utilisation du transport en commun.

On est vraiment dans un univers de coûts élevés et de service pour l’élite.

Harry Gow, président de Transport Action Canada

Quant à la dernière option, celle qui combine autobus et taxi, il s’agit d’un partenariat entre la ville et la compagnie de taxi Lockerby. Il faut compter une heure de trajet depuis le centre-ville aux heures de pointe.

Le service de la Ville consiste à prendre un autobus du Nouveau Sudbury, le 303. Une fois à bord, il faut indiquer au chauffeur que l’on se rend à l’aéroport et un taxi de la compagnie Lockerby attend le passager à Skead, situé à 8 km de l’aéroport. Le tout coûte le prix d’un ticket d’autobus, soit 3,20 $.

Pas assez d’achalandage

Le chauffeur de taxi, Chris Peters, qui travaille pour la compagnie Lockerby, estime que six personnes utilisent ce service en moyenne chaque jour.

Michelle Ferrigan, la directrice du transport en commun à la Ville du Grand Sudbury, explique qu’il faudrait qu’au moins cinq personnes prennent ce circuit toutes les heures pour que la ville envisage la création d’un service de transport direct jusqu’à l’aéroport.

La directrice est assise à son bureau, en entrevue avec Radio-Canada.

Michelle Ferrigan, directrice des Transports en commun de la Ville du Grand Sudbury

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

« Comme c’est là, presque personne ne prend l’autobus pour aller à l’aéroport », dit-elle, tout en admettant qu'« il y a la perception qu’on n’a pas de service de transport public ».

La Ville croit que les navettes et les taxis suffisent, parce qu'ils sont moins chers pour la municipalité.

Surprise et grogne

Bien que créée il y a des décennies, cette option reste inconnue de la grande majorité des personnes questionnées.

« S’il existait un système de transport fiable, je le prendrais parce que je prends l’avion deux fois par semaine, dit Bruce Loney, résident de Sudbury depuis 30 ans. Au lieu de ça je paie un abonnement pour le stationnement à l’aéroport qui me coûte 700 $ par an. »

Bruce Loney, questionné devant l'aéroport de Sudbury.

Bruce Loney paie 700 $ par an pour stationner son véhicule à l’aéroport.

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Idem pour Sean Lawrence, un résident de Garson, qui utiliserait volontiers un service de transport public direct dans le cadre de ses nombreux voyages professionnels.

Peu d'indications

À moins de chercher spécifiquement les horaires de la ligne d’autobus 303, le site internet de la Ville ne met pas en avant l’existence de ce parcours.

À l’aéroport, il n'y a aucune indication de la possibilité de se rendre en ville en transport en commun.

Harry Gow y voit un problème pour la réputation et la vitalité de la ville du nickel.

« La ville est considérée comme inaccessible, dit-il. Et bien qu’il y ait des gens d’affaires qui soient prêts à payer 44 $, ça devient lassant pour les gens qui veulent faire du tourisme, des affaires ou entretenir des liens de collaboration avec Toronto, Ottawa ou ailleurs. »

Un plan d’action à l'étude

Est-ce l’absence de trajets directs et la méconnaissance du service public existant qui expliquent le faible achalandage ?

La directrice du transport en commun réplique que la création d'une ligne d'autobus directe n'est pas à l'ordre du jour mais que la Ville étudie les moyens d'améliorer le transport public à Sudbury.

Le plan d’action va vraiment corriger plusieurs des problèmes que nous avons dans notre système, et la communication est un des problèmes que nous avons.

Michelle Ferrigan, directrice du transport en commun à la Ville du Grand Sudbury

Ce plan sera présenté au conseil municipal au printemps 2018.

« Je pense que c’est une forme d’aveuglement des élus et des bureaucrates, estime pour sa part Harry Gow. Eux qui voyagent tout le temps en automobile et qui n’ont pas la même perception des choses que les visiteurs. »

Un taxi bleu est stationné devant l'entrée de l'aéroport de Sudbury.

Un taxi de la compagnie Lockerby, qui a signé une entente avec la Ville, complète le trajet depuis la station de bus à Skead jusqu'à l'aéroport.

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

L’aéroport de Sudbury a été critiqué à plusieurs reprises pour le coût des navettes et le manque de fiabilité des services de taxi de la compagnie Sudbury Cab, qui détient le monopole des courses en partance de l’aéroport.

La direction de l’aéroport a refusé de nous accorder une entrevue. Son directeur de marketing et développement, Jean-Mathieu Chenier, a indiqué par courriel que l’aéroport explore en ce moment différentes options pour améliorer le transport terrestre vers l'aéroport.

Avec la collaboration de Sophie Vallée

Nord de l'Ontario

Transports