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Jean Charest critique l'UPAC et les médias

Il prononce un discours devant les militants.

Le premier ministre Jean Charest au congrès du Parti libéral du Québec

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ancien premier ministre du Québec Jean Charest n'a pas hésité à blâmer les médias ainsi que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) pour le traitement qu'ils lui réservent, lors d'une rare sortie publique samedi soir.

Selon M. Charest, des informations le concernant ont été « coulées » aux journalistes, qui les auraient « montées en épingle ».

L’UPAC mène toujours une enquête sur le financement du Parti libéral du Québec (PLQ) sous l’ère Charest. Aucune accusation n’a été portée contre l’ex-premier ministre.

« L’UPAC a beaucoup de pression [...] une pression terrible » de la part des médias, estime-t-il.

« Dans certains cas, j’ai vu des reportages sur des affaires ou des déplacements que j’aurais faits, que je ne connaissais pas, qui n’ont jamais été faits, en présumant et en présentant ça comme quelque chose de grave », s’est plaint M. Charest.

« C’est vraiment gonflé à l’hélium. On présente des affaires comme si c’était très grave. »

— Une citation de  Jean Charest

Effectuant un retour sur les devants de la scène à l’occasion des célébrations entourant le 150e anniversaire du PLQ, Jean Charest s’est dit « très inquiet » en ce qui concerne le traitement de la vie privée des gens dans les médias.

« J’apprends ce que je fais dans les journaux en les ouvrant le matin! », a déclaré M. Charest pendant son discours devant les quelque 1400 militants libéraux réunis en congrès, déclenchant l’hilarité de la salle.

Celui qui a dirigé la province de 2003 à 2012 a rappelé que le système judiciaire mettait de l’avant la présomption d’innocence.

« Ça m’affecte. Ça affecte ma famille. Ça affecte les gens qui sont près de moi. »

— Une citation de  Jean Charest

« Nous voulons Philippe Couillard »

N’ayant rien perdu de sa fougue, faisant rire les militants et provoquant des ovations, l’ex-premier ministre a galvanisé les troupes libérales en préparant, dans l'humour, la bataille électorale à venir en 2018.

Il a encensé le chef Philippe Couillard tout en décochant des flèches à la Coalition avenir Québec (CAQ).

Au « leadership » du premier ministre « s’offrent la division, le ressentiment, le dénigrement, la démagogie », a déclaré M. Charest.

« C’est la première fois de ma vie que je vois ça – j’ai fait pas mal d’années de politique – [la CAQ veut], dans la prochaine année, augmenter le stress au Québec! »

M. Charest faisait référence à l’intention des caquistes, réunis en conseil général « d'augmenter le niveau de stress sur le terrain », afin de recruter plus de militants.

Les Québécois « n’ont pas besoin de la CAQ pour être stressés, ils sont capables de faire ça tout seuls avec l’aide des médias québécois », a dit l’ex-premier ministre, décochant au passage une autre flèche, cette fois aux journalistes.

« Ce n’est pas du stress que nous voulons. Nous voulons du leadership, c’est ça que nous voulons au Québec. Nous voulons Philippe Couillard! »

— Une citation de  Jean Charest
Ils sont sur la scène où M. Charest a pris la parole un peu plus tôt.
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Philippe Couillard et Jean Charest se serrent la main après le discours.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Signe du combat qui se prépare entre les forces politiques pour l’élection de 2018, Jean Charest n’a pas fait allusion au Parti québécois, si ce n’est que pour rappeler ses propres batailles avec le parti indépendantiste dans les années 1990 et 2000.

Il a toutefois brandi à mots couverts le spectre d’un référendum, en rappelant que « la bataille pour l’avenir du Québec, elle, n’est jamais terminée. Nous devons tous nous tenir au coude à coude et résister aux appels de ceux qui voudraient diviser ».

L’ancien chef libéral a vanté les performances de l’actuelle équipe au pouvoir en matière d’économie. Partout où il voyage, dit M. Charest, et particulièrement à Toronto, les gens lui parlent de la vigueur économique de la province.

« J’aurais bien aimé, moi, être le premier ministre du Québec qui était en poste au moment où la cote de crédit du Québec était supérieure à celle de l’Ontario. »

— Une citation de  Jean Charest

Quant à l’avenir, M. Charest s’est dit inquiet de la montée du populisme et des politiques de division, évoquant sans le nommer le président américain Donald Trump, mais aussi la Française Marine Le Pen et le cas du Brexit. « Pourquoi se séparer de l’Europe, pourquoi ne pas bâtir ensemble? », a dit M. Charest.

« Les Québécois auraient raison de porter attention à ce qui se passe autour de nous », a-t-il estimé, avant d’ajouter que si les citoyens désirent « un leadership fondé sur des valeurs, une vision commune et une équipe […] avec un chef qui a une vision de l’avenir du Québec, qui s’appelle Philippe Couillard, les Québécois voudront le Parti libéral du Québec! »

Une présence controversée

Philippe Couillard au 33e congrès du PLQ
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Philippe Couillard au 33e congrès du PLQ

Photo : Radio-Canada / Alex Boissonneault

La présence de M. Charest au congrès a semé l’émoi dès qu’elle a été annoncée. Depuis la défaite libérale aux mains du Parti québécois, en 2012, le parti traîne le souvenir de son règne, teinté d’allégations de financement politique discutable, de copinage et de trafic d’influence.

Les chefs des principaux partis d’opposition n’ont pas manqué d’ironiser sur la présence de M. Charest à ce congrès, associant l’actuel gouvernement à son prédécesseur. Jean-François Lisée, du Parti québécois, a affirmé cette semaine qu’il « n'y a jamais eu de vraie rupture entre l'ancien régime de M. Charest et le nouveau régime ». Une dizaine de ministres, dont l'actuel premier ministre, Philippe Couillard, ont fait partie du cabinet Charest.

Le chef caquiste François Legault, dont le parti est aussi réuni en conseil général en fin de semaine, a pour sa part estimé que la présence de Jean Charest au congrès du PLQ confirmait que le Québec a un « gouvernement usé », qui est là « depuis 15 ans » et qui n’a « plus d’idées ».

À lire aussi : L'ombre de Jean Charest continue de planer sur le PLQ, une analyse de Sébastien Bovet, chef de bureau à l'Assemblée nationale.

Le premier ministre Philippe Couillard s’est porté à la défense de l'ancien premier ministre plus tôt cette semaine, affirmant à l'Assemblée nationale que Jean Charest a, selon lui, géré « de façon remarquable » une des pires crises financières de l'histoire. Il a également lancé le Plan Nord et le libre-échange avec l'Europe.

Jean Charest a amélioré l'équité salariale et instauré la parité hommes-femmes dans les conseils d'administration et au conseil des ministres, a-t-il renchéri.

L’autre ancien premier ministre libéral toujours en vie, Daniel Johnson, a dû annuler sa participation au 33e congrès du PLQ pour des raisons familiales. Il a toutefois enregistré une vidéo qui a été projetée aux militants en début de soirée.

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