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Une Vancouvéroise remporte un prix des Nations unies pour ses vêtements responsables

Assise sur une bûche, Kaya Dorey regarde à droite, un lac est en arrière-plan.

La styliste Kaya Dorey

Photo : United Nations

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Jeune championne de la Terre, voici le titre que viennent de décerner les Nations unies à Kaya Dorey, une jeune femme originaire de North Vancouver. La styliste de sa marque de vêtements en coton bio est en croisade contre la mode jetable.

Un texte d'Alexis Gacon

Kaya Dorey dit avoir conquis le comité de sélection des Nations unies grâce au caractère innovant de son entreprise.

Pour choisir les lauréats de son prix Jeunes Champions de la Terre, le comité de sélection a étudié les dossiers de 600 candidats provenant du monde entier. Six gagnants, âgés de 18 à 30 ans, ont été désignés. « J’ai 30 ans dans un mois, s’exclame Kaya Dorey, j’ai eu de la chance! » Le concours, qui commençait cette année, vise à récompenser des jeunes qui ont de « grandes idées pour protéger ou préserver ou améliorer l’état de l’environnement ».

Kaya Dorey a lancé Novel Supply Co. il y a un an grâce au sociofinancement. Elle la définit comme une « marque de vêtements responsable ». Le coton de ses vêtements est bio, importé de Chine, et les inscriptions qui figurent sur ses chandails sont imprimées avec des encres non polluantes. Tout au long de la fabrication, chaque morceau de tissu non utilisé dans le produit final est envoyé ailleurs. « J’envoie les chutes de tissus à Abel Wear, une entreprise qui les utilise pour confectionner des vêtements pour les enfants », explique Kaya Dorey.

Les clients peuvent lui ramener les vêtements, une fois usés. Et elle les recycle pour en faire, entre autres, de nouveaux habits.

Face à des « inventions folles »

Kaya Dorey à Radio-CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kaya Dorey souhaite que les amateurs de mode change leur mode de consommation.

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Kaya Dorey aurait pu passer à côté de ce concours. C’est son partenaire qui lui avait envoyé un lien pour participer. Il y a deux mois, elle a appris sa victoire, mais devait garder le secret jusqu’au mercredi 22 novembre. Selon elle, les concurrents contre qui elle s’est imposée avaient des candidatures plus impressionnantes que la sienne.

Il y en a qui avaient des inventions folles, qui ont créé des programmes pour éduquer les enfants au développement durable. Un autre proposait des tournées musicales responsables en Afrique. Mais quand j’ai envoyé à l’ONU les chiffres de la pollution de l’industrie de la mode, j’ai compris qu’ils me prenaient au sérieux.

Une citation de : Kaya Dorey, styliste

Car Kaya Dorey considère son entreprise comme une arme pour combattre la mode jetable. Les chandails vendus quelques dollars la font enrager : « Ces vêtements ne coutent rien, mais ont un coût important pour l’environnement. Les vêtements d’H&M par exemple sont souvent sont un mélange de coton et de polyester qui n’est pas recyclable. Qu’est-ce qu’on fait avec ça? »

Consciente qu'elle ne parviendra pas seule à imposer un nouveau modèle, elle espère que le fait de gagner ce prix lui permettra de convaincre de plus grands acteurs de l'industrie de changer de mode de production, qu'ils limitent leurs déchets et qu'ils recyclent leur production.

Un partenariat inusité

Le prix est décerné par les Nations unies en collaboration avec Covestro. L’entreprise, ancienne filiale de l'entreprise pharmaceutique allemande Bayer (elle s’appelait Bayer MaterialScience jusqu’en 2015), est l’un des géants de la production de plastique et notamment du polyuréthane. « Au départ, j’ai été un peu choquée que ce prix soit associé à une entreprise qui produit du plastique », dit Kaya Dorey.

Kaya Dorey remporte donc la somme de 15 000 $ en fonds investis dans son entreprise, une invitation à participer à l’Assemblée des Nations unies sur l’environnement à Nairobi, en septembre 2018 ainsi qu’un mentorat en gestion d’entreprise et en communication.

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