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Le pavillon Argyll de Sherbrooke sous enquête par le Protecteur du citoyen

Le pavillon Argyll de Sherbrooke sous enquête par le Protecteur du citoyen

Le Protecteur du citoyen a le pavillon Argyll dans sa mire. Jeudi dernier, un de ses représentants s'est rendu à Sherbrooke pour discuter avec des membres du personnel de l'organisation du travail et de la qualité des soins offerts. Au même moment, une nouvelle directive faisait son entrée : un résident ne pourra plus passer plus de 24 heures alité.

Un texte de Christine Bureau

C’était la deuxième visite du Protecteur du citoyen en trois mois. La première fois, la direction avait également été rencontrée.

« Comment s’organise-t-on quand on manque de personnel? Comment fait-on nos plans d’organisations de services au quotidien quand il y a moins de personnel que prévu? C’était vraiment la préoccupation du Protecteur du citoyen », note la directrice du programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Sylvie Moreault.

Sylvie Moreault, directrice du programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, en entrevue à Radio-CanadaSylvie Moreault, directrice du programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l'Estrie-CHUS Photo : Radio-Canada

Si le pavillon Argyll est visé, c’est que des plaintes ont été déposées pour dénoncer le fait que des résidents pouvaient passer une journée au lit sans être levés, avoue-t-elle d’emblée. « C’est l’un des sites où on a eu durant la dernière année le plus de difficulté à stabiliser nos équipes. »

Une nouvelle directive

La fin de semaine dernière, une résidente de 88 ans, Thérèse Jacques, a passé 36 heures au lit, faute de personnel pour la lever. Une situation loin d'être exceptionnelle, selon sa famille. Après la diffusion d’un reportage préparé par Radio-Canada Estrie, le Protecteur du citoyen a d'ailleurs contacté sa fille, Diane Pouliot.

« On m’a questionnée sur les soins, sur l’ensemble des soins, les disparition de vêtements, de bijoux, d’argent, la satisfaction générale que ma mère avait sur la nourriture ou autre chose », a-t-elle soutenu.

Thérèse Jacques a été clouée à son lit pendant 36 heures la fin de semaine dernière, faute de personnel. On la voit ici de son lit, en train de regarder la télévision. Thérèse Jacques a été clouée à son lit pendant 36 heures la fin de semaine dernière, faute de personnel. Photo : Radio-Canada

De son côté, la direction du CIUSSS n’a pas attendu de voir les recommandations du Protecteur du citoyen pour émettre une nouvelle directive : à compter de cette semaine, un résident ne peut plus passer plus de 24 heures alité, qu’il manque de personnel ou non.

C’était la première fois qu’une directive aussi claire était donnée, indique Mme Moreau.

Ne pas lever quelqu’un dans une journée, c’est quelque chose qui n’est pas souhaitable, mais c’est quelque chose qui peut être acceptable dans un certain contexte, mais dépasser 24 heures pour nous, ce n’est pas une qualité de services.

Sylvie Moreault, directrice du programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées
Diane Pouliot, fille de Thérèse Jacques, résidente du pavillon Argyll, en entrevue avec Radio-Canada Estrie. On la voit ici dans la chambre de sa mère. Diane Pouliot, fille de Thérèse Jacques, résidente du pavillon Argyll Photo : Radio-Canada

Diane Pouliot a reçu un appel personnel lui indiquant que sa mère serait dorénavant levée tous les jours. « J’étais contente de ça, ça a bougé », a commenté la principale intéressée. Mais autant la mère que la fille sont conscientes que cette directive ne vient pas régler le problème du manque de personnel.

J’étais très reconnaissante, très contente de ça et ma mère aussi, mais j’espère qu’une autre personne ne sera pas privée à cause de ça. […] On veut que tout le monde ait des bons services.

Diane Pouliot, fille d'une résidente du pavillon Argyll

Le Protecteur du citoyen ne commente pas les enquêtes en cours. En attendant ses recommandations, Mme Moreau dit donner sa pleine collaboration. « Le Protecteur du citoyen est un excellent partenaire », assure-t-elle.

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Santé publique