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La frénésie du Vendredi fou s'atténue

Des consommateurs dans un magasin de Northborough au Massachusetts le vendredi 24 novembre 2017.

Des consommateurs dans un magasin de Northborough, au Massachusetts, le vendredi 24 novembre 2017

Photo : Associated Press / Josh Reynolds

La Presse canadienne

Les images chaotiques de consommateurs qui se bagarrent près des portes pour être les premiers à profiter des aubaines sont devenues synonymes du Vendredi fou au fil des ans.

Toutefois, la frénésie des emplettes qui balaie habituellement les commerces et les centres commerciaux le lendemain de l'Action de grâce américaine semble être en perte de vitesse, maintenant que certains détaillants ont décidé d'abandonner la tradition et que des consommateurs choisissent de faire leurs achats en ligne.

Dans les années 1970 et 1980, si une entreprise voulait se distinguer, elle devait participer à cet événement. Aujourd'hui, c'est exactement l'inverse.

Markus Giesler, professeur de marketing à l''Université York

Le détaillant de vêtements en ligne ModCloth, par exemple, a annoncé plus tôt cette année que son site serait fermé le jour du Vendredi fou et que l'entreprise donnerait pour cinq millions de dollars de vêtements à une organisation sans but lucratif.

Le détaillant de produits pour l'extérieur REI, en revanche, ferme ses magasins pour le Vendredi fou depuis deux ans, offre un congé payé à ses employés et invite la population à participer à une nouvelle tradition en allant plutôt jouer dehors.

Ces marques s'adaptent aux consommateurs qui s'éloignent de la consommation de masse, a dit M. Giesler.

Des mouvements auparavant marginaux comme la Journée sans achat (Buy Nothing Day), une manifestation anticonsommation organisée le jour du Vendredi fou, le sont de moins en moins, car les consommateurs sont plus conscients de l'impact de leurs achats sur l'environnement, leur santé et leur vie.

« Je ne serais pas surpris d'entendre mes voisins dire qu'ils ont renoncé au centre commercial et au Black Friday », a ajouté M. Giesler.

Ventes et achalandage à la baisse

L'an dernier, les ventes générées pendant le week-end de l'Action de grâce ont chuté de 4,2 %, tandis que l'achalandage reculait de 4,4 %, selon les données de la firme RetailNext.

Deux facteurs semblent avoir modifié la perception qu'a la population du Vendredi fou, selon JoAndrea Hoegg, de l'Université de la Colombie-Britannique : les soldes durent environ une semaine, au lieu d'une seule journée, et Internet permet aux consommateurs de dénicher des aubaines toute l'année, a-t-elle expliqué.

Il semble y avoir moins d'urgence à faire des achats. On se dit de moins en moins que c'est la journée de l'année - avec le Boxing Day - où on peut vraiment trouver des aubaines incroyables.

JoAndrea Hoegg, professeure à l'Université de la Colombie-Britannique

Elle considère néanmoins que la frénésie n'est pas entièrement passée, surtout en ligne. Les consommateurs américains ont dépensé 30,39 milliards de dollars américains entre le 1er et le 22 novembre, selon les données d'Adobe Analytics, qui couvrent 80 % des 100 plus gros détaillants en ligne des États-Unis. Cela représente un bond de 18 % sur un an.

À 17 h jeudi, le jour de l'Action de grâce, la compagnie rapportait des dépenses en hausse de 17 % depuis l'an dernier, soit 1,52 milliard de dollars américains déboursés en ligne.

Pour les consommateurs que l'aspect social du Vendredi fou laisse indifférents, les achats en ligne sont logiques, a dit Mme Hoegg. « On évite les foules, et les aubaines sont essentiellement les mêmes », a-t-elle souligné.

Certaines industries profitent d'une renaissance en ligne lors du Vendredi fou, selon M. Giesler, puisque les firmes technologiques ont la réputation d'offrir des aubaines « fabuleuses ».

Les consommateurs qui veulent un Alexa d'Amazon, un système Hue de Phillips, un thermostat Nest ou d'autres technologies, dit-il, écument le web à la recherche des aubaines du Vendredi fou.

« Je n'achèterai peut-être pas un téléviseur géant chez Best Buy, a-t-il expliqué, mais je vais peut-être visiter Amazon ou Nest ou Ecobee pour m'acheter un peu de technologie. »

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