•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La violence conjugale serait réciproque dans le quart des jeunes couples

Violence conjugale
Violence conjugale Photo: iStock
Radio-Canada

Une étude de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal suggère que dans le quart des couples âgés de 18 à 30 ans, les conjoints posent des gestes violents l'un envers l'autre.

Les chercheurs ont même constaté que ce modèle de violence, c’est-à-dire quand les deux conjoints sont à la fois des agresseurs et des victimes, était le modèle le plus commun de violence conjugale.

L’équipe de chercheurs a sélectionné plus de 200 couples de Québec et de Montréal, ensemble depuis plus de cinq ans et provenant de divers milieux, pour participer à cette étude.

Si plus du tiers des répondants ont dit avoir été exposés à de la violence physique dans leur couple, il reste que cette violence était réciproque chez 21 % des hommes et 24 % des femmes.

Le chercheur et directeur du Centre d'études sur le trauma de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, Stéphane Guay, relate que des données de Statistique Canada avaient déjà indiqué que « la tranche d’âge de 18 à 24 ans était beaucoup plus à risque de commettre des gestes violents dans leurs relations de couple ».

 L'Institut universitaire en santé mentale de Montréal Photo : Radio-Canada

Une plus grande détresse psychologique

Partant de cette prémisse, son équipe a voulu voir si la violence bidirectionnelle, c'est-à-dire quand les conjoints sont à la fois agresseurs et victimes, entraînait une plus grande détresse chez l’un ou l’autre des conjoints.

Les chercheurs ont donc évalué la fréquence des symptômes de détresse, comme l’anxiété, la colère, la dépression ou des troubles cognitifs, auprès des participants à l’étude.

Ils ont constaté que les impacts psychologiques de la violence physique sont encore plus importants quand la violence est réciproque.

« Nous nous entendons pour dire que la violence conjugale a toujours des impacts psychologiques, souligne la chercheuse Josette Sader, mais notre étude a démontré que la détresse psychologique, vécue par les deux membres du couple, est plus importante en présence de violence bidirectionnelle. »

Elle croit aussi que « les personnes qui ont déjà des troubles cognitifs ou d’agressivité choisissent un partenaire qui leur ressemble. Ça créerait donc un couple où il y a des problèmes mutuels d’agressivité ».

Stéphane Guay ajoute que dans une relation bidirectionnelle, « c’est la fille qui est la plus à risque » et qui pourrait « devenir la victime principale ».

Les chercheurs de l'Institut en santé mentale de Montréal, Stéphane Guay et Josette Sader Photo : Radio-Canada

La prévention comme solution

Selon les chercheurs, la prévention auprès des préadolescents et des adolescents est primordiale pour qu'ils apprennent à régler pacifiquement les conflits qui pourraient survenir dans leurs premières relations amoureuses.

Il faut enseigner aux jeunes que la jalousie n’est pas un signe d’amour. Que dans ses extrêmes, c’est un signe de contrôle.

Josette Sader, chercheure au Centre d'études sur le trauma de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal

Ils estiment que la violence conjugale devrait être discutée dans les cours d'éducation à la sexualité, au même titre que le consentement et la contraception.

« Nous suggérons que les interventions commencent vers l'âge de 13 ans, un âge auquel la plupart des adolescents s'intéressent aux rencontres entre garçons et filles », dit Josette Sader, qui ajoute que c'est à l’adolescence que les changements sont « les plus susceptibles de devenir des comportements durables ».

Société