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L'ombre de Jean Charest continue de planer sur le PLQ

Jean Charest, qui prononçait un discours à Sherbrooke lors de la campagne électorale de 2012.

Jean Charest, qui prononçait un discours à Sherbrooke lors de la campagne électorale de 2012.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Depuis qu'il a quitté la politique, il y a cinq ans, l'ombre de Jean Charest plane sur le Parti libéral du Québec. Une ombre qui ressemble à un nuage de pluie menaçant. « L'époque Charest », aux yeux de plusieurs, ce sont des années d'allégations de financement politique discutable, de copinage et de trafic d'influence. Mais à l'approche du congrès des membres du PLQ, le nuage laisse passer un peu de lumière, le temps d'une soirée, le temps de mobiliser la base militante.

Une analyse de Sébastien Bovet, chef de bureau à l'Assemblée nationale

Jean Charest sera au congrès du Parti libéral. Il semble que Philippe Couillard n’a pas hésité à l’inviter, qu’il a même insisté pour que l’ancien chef fasse des pirouettes dans son horaire pour y être. Jean Charest les a faites les pirouettes. Il veut y être.

Résultat : il prononcera un discours devant les militants samedi soir. Quand il entrera au Centre des congrès de Québec, vous ne le verrez pas, mais il portera un boulet. Le boulet de ces cinq années d’allégations et d’insinuations. Rien n’a (encore) été démontré, mais les soupçons pèsent, une enquête policière est en cours.

Les journalistes l’accosteront en lui posant des questions sur l’enquête Mâchurer, sur le financement du PLQ, sur l’influence de l’homme d’affaires Marc Bibeau, sur les réceptions somptueuses de celui-ci avec des ministres et des dirigeants d’entreprises, etc. Ses réponses seront probablement laconiques, du genre « tout ça fait l'objet d'une enquête ».

Puis, il entrera dans la salle où des centaines de militants l’attendront. Quand il franchira le seuil de la porte, vous ne le verrez pas, mais le boulet tombera. Jean Charest, rock star. La clameur des militants libéraux transportera l’ancien chef. Il serrera des mains, peut-être qu'il montera sur une chaise pour saluer tout le monde. Il prononcera un discours, il les fera rire. Comme dans le bon vieux temps.

Les libéraux aiment Jean Charest. Et Jean Charest aime les militants. Philippe Couillard le sait. D’ailleurs, le premier ministre a fait l’éloge de ses réalisations, jeudi, à l’Assemblée nationale. C’est « le premier ministre qui a littéralement géré une crise financière d'ampleur internationale de façon remarquable, qui a lancé le Plan Nord, le libre-échange avec l'Europe, l'équité salariale, la représentation paritaire des hommes et des femmes dans les conseils d'administration et au Conseil des ministres ».

Ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas entendu parler de son prédécesseur comme ça. Une éclaircie dans le ciel libéral, je vous dis.

Quand la soirée sera finie, les militants seront gonflés à bloc, ils oublieront la glissade dans les sondages. Jean Charest reprendra son boulet, le nuage s’épaissira à nouveau et l’éclaircie disparaîtra.

Après tout, celui qui mène l’enquête Mâchurer, le commissaire de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière, a dit aux parlementaires qu’il avait « bien l'impression qu'on va mettre des bracelets à ces gens-là ». Vous aurez compris que les bracelets ne viendront pas de chez Birks.

Le nuage et le boulet resteront, tant que l’enquête Mâchurer n’aboutira pas.

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