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Le Parti progressiste-conservateur a-t-il vraiment le vent dans les voiles?

Le chef progressiste-conservateur Patrick Brown en chambre à Queen's Park

Le chef progressiste-conservateur Patrick Brown en chambre à Queen's Park

Photo : La Presse canadienne / Peter Power

Radio-Canada

Plus de mille membres du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario doivent assister samedi au congrès politique préélectoral de la formation à Toronto. Du jamais vu selon plusieurs. Mais quelles sont les chances réelles des troupes de Patrick Brown de l'emporter en juin prochain?

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Gonflés à bloc

Les progressistes-conservateurs sont en tous cas gonflés à bloc à un peu plus de six mois des prochaines élections générales.

En avance dans les sondages, le parti compte maintenant près de 160 000 membres (contre 12 000 lors des dernières élections). Il n'a pas de difficulté à recruter des bénévoles, à mobiliser les foules et à attirer les candidats.

Caroline Mulroney, la fille aînée de l'ex-premier ministre canadienAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Caroline Mulroney, la fille aînée de l'ex-premier ministre canadien

Photo : Radio-Canada

Deux candidats vedettes viennent justement de rejoindre les rangs du parti : la fille de l'ancien premier ministre fédéral Brian Mulroney, Caroline Mulroney et l'ancien président du conseil de Postmedia et ancien président directeur général de la Société des loteries et des jeux de l'Ontario, Rod Philips.

Ce congrès politique sera une occasion de célébrer l'enthousiasme du parti, nous permettre de dire aux gens ce que nous voulons faire en Ontario, leur montrer comment nous allons remettre l'Ontario sur les rails.

Patrick Brown, chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Le but de la rencontre est de discuter des politiques clés qui se retrouveront dans la plateforme électorale du parti lors du déclenchement de la campagne au printemps.

Une discussion sur les 139 résolutions approuvées récemment par les membres doit avoir lieu.

Photo de Patrick Brown au pupitre Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Patrick Brown, chef du Parti conservateur de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Michel Bolduc

Le chef Patrick Brown doit aussi prononcer un discours et fait assez rare, il n'a pas l'intention de répondre aux questions des journalistes le jour même.

Habituellement dans ce genre de rencontres, un chef s'entretient avec les médias au moins quelques minutes. Son équipe assure toutefois qu'il sera disponible dans les jours suivants.

Une véritable lancée?

Les conservateurs dominent dans les sondages depuis plusieurs mois lorsqu'il est question des intentions de vote des Ontariens.

Mais la politologue Geneviève Tellier juge que le parti ne se porte pas aussi bien qu'il le devrait dans les circonstances. « Il pourrait se porter mieux étant donné que le gouvernement est impopulaire ».

Le président directeur général de la firme Campaign Research n'est pas convaincu que les conservateurs aient le vent dans les voiles et que la tendance les favorise. Au contraire.

Eli Yufest note que 38 % des personnes sondées en juin avaient l'intention de voter pour les progressistes-conservateurs, un pourcentage qui est descendu à 35 % en novembre.

Il donne aussi l'exemple du taux d'approbation de Patrick Brown. Il était de 25 % en octobre et est descendu à 21 % en novembre.

Plus de détails sur les sondages (Nouvelle fenêtre)

Photo de la tête de Patrick Brown sur une girouette au sommet de l'édifice de l'Assemblée législative.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La publicité dépeint Patrick Brown comme une girouette.

Photo : Coalition Working Families

Selon Eli Yufest, le PDG de Campaign Research, ce sont les publicités partisanes des dernières semaines qui ont fait mal à Patrick Brown et qui sont parvenues à le décrire comme une girouette, une personne qui change d'avis et qui n'est pas capable de prendre position.

Il semble y avoir une cristallisation chez certains électeurs - les femmes - qui commencent à avoir une opinion sur Patrick Brown et ce n'est pas une opinion positive.

Eli Yufest, PDG de Campaign Research

Eli Yufest estime donc que les progressistes-conservateurs doivent au plus vite annoncer des mesures audacieuses pour attirer l'attention et reprendre de l'avance.

Il se demande pourquoi les conservateurs ont attendu si longtemps avant de le faire et pourquoi ils sont si « inquiets » de faire des annonces sur les mesures qu'ils veulent mettre en place.

Patrick Brown essaie beaucoup d'être différent. D'être moins controversé. D'être plus à l'écoute... mais nous sommes encore dans l'attente de voir comment ça va se matérialiser.

Geneviève Tellier, politologue, Université d'Ottawa

Les progressistes-conservateurs promettent au contraire des mesures qui feront grand bruit.

Des annonces importantes seraient à prévoir en fin de semaine selon diverses personnes au sein du parti.

Je pense que vous allez voir des idées conservatrices très audacieuses.

Jim Wilson, leader parlementaire du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Divisions à réconcilier

Les progressistes-conservateurs essaient de se définir comme un parti uni alors que des bisbilles internes subsistent.

Des membres se mobilisent depuis des mois pour dénoncer les façons de nommer certains candidats accusant le parti de truquer d'avance les résultats.

Des membres aux valeurs sociales plus conservatrices - contre l'avortement, contre le programme d'éducation sexuelle dans les écoles par exemple - en veulent à Patrick Brown d'avoir pris ses distances de ces enjeux.

C'est un défi de taille de réconcilier tous ces groupes dans le parti, reconnaît la politologue Geneviève Tellier.

Jim WilsonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le leader parlementaire du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Jim Wilson.

Photo : Radio-Canada/Yvon Thériault

Le leader parlementaire du Parti progressiste-conservateur, Jim Wilson, pense au contraire que c'est le défi de tout chef, quel parti que ce soit.

Jim Wilson est député depuis 1990. Il a été dirigé par six chefs. Il a lui-même été chef intérimaire tout juste avant l'arrivée de Patrick Brown.

Selon lui, Patrick Brown a uni le parti d'une façon qu'il n'avait jamais vue auparavant et c'est cette ouverture, cette inclusion qui aidera les conservateurs en juin prochain.

La riposte politique est déjà prête

Un congrès politique est évidemment un exercice très partisan. Libéraux et néo-démocrates se préparent aussi en vue de cet événement.

Le néo-démocrate Gilles Bisson trouve particulier que le congrès pour déterminer le contenu de la plateforme politique ne dure qu'une journée.

Steven Del Duca est le ministre des Transports de l'Ontario Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre des Transports de l'Ontario Steven Del Duca

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/Sophie Hautcoeur

Le libéral Steven Del Duca rappelle que les libéraux traînaient de l'arrière avant le début de la campagne électorale en 2007, 2011 et 2014 et que chaque fois, les libéraux ont réussi à l'emporter.

Quand un parti est au pouvoir durant plusieurs années, c'est normal que les gens aient des préoccupations et des critiques. C'est correct. Ce n'est pas tout le monde qui appuie chaque mesure que nous avons mise de l'avant, mais tout le monde sait en quoi Kathleen Wynne croit. On ne peut pas dire la même chose de Patrick Brown. Je ne pense pas que ce sera plus clair après samedi.

Steven Del Duca, député libéral de Vaughan

Le Parti progressiste-conservateur a perdu les quatre dernières élections générales. Sa dernière victoire remonte à 1999 sous Mike Harris.

Le congrès du Parti progressiste-conservateur se déroule au centre des congrès de Toronto.

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Toronto

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