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L'après-Mugabe suscite espoir et inquiétude au Zimbabwe

Un partisan d’Emmerson Mnangagwa brandit une peluche représentant un crocodile, (« le crocodile » étant le surnom de Mnangagwa) dans les locaux du parti Zanu-PF à Harare le 22 novembre 2017
Un partisan d’Emmerson Mnangagwa brandit une peluche représentant un crocodile (« le crocodile » étant le surnom de Mnangagwa) dans les locaux du parti Zanu-PF à Harare, le 22 novembre 2017. Photo: The Associated Press / Ben Curtis
Radio-Canada

Le Zimbabwe assistera vendredi à un changement à la présidence après 37 années passées sous le règne de Robert Mugabe. L'avènement de son successeur, Emmerson Mnangagwa, donne lieu à de multiples attentes, à l'interne comme à l'étranger.

À 24 heures de son investiture comme président, Emmerson Mnangagwa s'est fait servir jeudi un avertissement du Fonds monétaire international (FMI) qui réclame d'importantes réformes pour redresser l'économie du pays. Faute de quoi, prévient le FMI, le Zimbabwe ne recevra pas l'aide internationale dont il a cruellement besoin.

Le FMI a prévenu jeudi le gouvernement zimbabwéen que ses dépenses et sa dette extérieure étaient trop élevées. « La situation économique au Zimbabwe demeure très difficile », a exprimé à Reuters Gene Leon, chef de mission du FMI dans ce pays. Des réformes majeures sont nécessaires pour permettre à Harare de renouer avec ses partenaires internationaux et recevoir d'eux une aide financière cruellement nécessaire, à l'heure où le taux de chômage s'élève à 90 % au Zimbabwe.

Dans le discours qu'il a adressé à quelques centaines de partisans, mercredi, Emmerson Mnangagwa a promis de « relancer l'économie » et de créer des emplois. « Aujourd'hui, nous sommes les témoins d'une nouvelle démocratie », a lancé le futur président âgé de 75 ans.

Le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) souhaite que Mnangagwa « ne reproduise pas le régime néfaste, corrompu décadent et incompétent de Mugabe ».

Le plus vieux des chefs d'État ne voulait pas partir...

À 93 ans, Robert Mugabe était le plus âgé des chefs d'État encore en exercice dans le monde. Il n'a accepté de démissionner, mardi dernier, que lorsqu'on lui a garanti l'immunité. Se refusant à l'exil, Mugabe tient à finir ses jours au Zimbabwe, d'après une source gouvernementale.

En évinçant du pouvoir Emmerson Mnangagwa - son vice-président - à la mi-novembre, Robert Mugabe a soulevé l'ire de la population, de l'armée et de son propre parti. L'armée du pays a provoqué un coup de force pour empêcher que l'épouse de Mugabe, Grace, ne succède à ce dernier. Craignant pour sa sécurité, Mnangagwa s'est enfui en Afrique du Sud d'où il est revenu, mercredi.

C'est sur lui désormais que reposent les espoirs des Zimbabwéens, qui seront appelés aux urnes dès l'an prochain.

Des militaires du Zimbabwe répètent en prévision de la cérémonie d’investiture d’Emmerson Mnangagwa à titre de président dans le Stade national des sports à Harare, le 23 novembre 2017Des militaires du Zimbabwe répètent en prévision de la cérémonie d’investiture d’Emmerson Mnangagwa à titre de président dans le stade national des sports à Harare, le 23 novembre 2017. Photo : The Associated Press / Ben Curtis

Mnangagwa, ex-collaborateur de Mugabe

Pour l'investiture de Mnangagwa, vendredi, une grandiose cérémonie est prévue dans le stade national des sports à Harare, d'une capacité de 60 000 places.

Mais l'arrivée au pouvoir de Mnangagwa n'apaise pas toutes les craintes dans cet État d'Afrique australe de 16 millions d'habitants. Car, avant d'être écarté par Mugabe, cet avocat en avait été son proche collaborateur. Comme l'a rappelé Amnistie internationale, « des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, ont disparu ou ont été tuées » sous l'ère Mugabe.

Le nouvel homme fort du Zimbabwe avait appartenu, durant ses études, à un groupe d'agitateurs qui avait incendié la maison d'un professeur « blanc et raciste », comme l'affirmait lui-même Mnangagwa.

Après un séjour à l'Académie militaire d'Héliopolis, dans l'Égypte de Nasser, il rejoint d'autres rebelles au sein de l'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU), dirigée par Mugabe, début d'une étroite collaboration entre les deux hommes. En Tanzanie, pour le compte de la ZANU, Mnangagwa dirige un petit groupe de rebelles baptisé « les Crocodiles ».

Ce sera dès lors son surnom : le crocodile.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, BBC, et Jeune Afrique

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