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Raymond Théberge est le choix d'Ottawa pour le poste de commissaire aux langues officielles

Raymond Théberge dans son bureau
Le recteur de l'Université de Moncton, Raymond Théberge Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

L'actuel recteur de l'Université de Moncton, Raymond Théberge, est le choix d'Ottawa comme candidat au poste de commissaire aux langues officielles. Selon nos informations, le gouvernement devrait en faire l'annonce sous peu.

Franco-Manitobain, Raymond Théberge est recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton depuis 2012.

Avant d’arriver dans les Maritimes, l’homme originaire de Saint-Boniface été sous-ministre adjoint à la Division de l'éducation en langue française, de l'éducation des Autochtones et de la recherche du ministère de l'Éducation et du ministère de la Formation, des Collèges et Universités de l’Ontario. M. Théberge a occupé ce poste dans le gouvernement de l’ancien premier ministre libéral ontarien, Dalton McGuinty.

Selon nos informations, M. Théberge n’a jamais été membre du Parti libéral du Canada et n’a pas fait de don au parti.

Le choix de Raymond Théberge ne semble pas faire l'unanimité.

L'ex-député néo-démocrate et ancien porte-parole du NPD en matière de langues officielles, Yvon Godin, n'a pas manqué de dénoncer la proximité de Raymond Théberge avec les libéraux.

« On dirait que les libéraux ont une maladie, a-t-il dit. Ils ne peuvent pas se passer de nommer des personnes près d'eux, des amis. Je trouve que c'est inquiétant ».

On parle d'un agent du Parlement, d'une personne qui se rapporte au Parlement et d'un chien de garde des langues officielles qui est l'ami des libéraux.

Yvon Godin, ex-député néo-démocrate

Avant d’être officiellement nommé, un candidat doit comparaître devant un comité de la Chambre des communes. Selon nos informations, cet exercice pourrait avoir lieu dans quelques semaines.

Le gouvernement Trudeau avait tout d’abord opté pour l’ancienne ministre libérale ontarienne Madeleine Meilleur comme commissaire.

Des groupes francophones et les partis d'opposition avaient alors vertement critiqué le choix de Mme Meilleur à un poste d’agent du Parlement, qui doit être indépendant de toute influence politique. Des plaintes ont été déposées.

Outre sa candidature controversée, le processus entourant ce choix avait suscité beaucoup de critiques.

Le Nouveau Parti démocratique avait notamment dit que le gouvernement Trudeau avait violé la Loi sur les langues officielles en ne consultant pas les partis d’opposition. Madeleine Meilleur avait finalement décidé de se retirer.

L’histoire se répète, selon le NPD

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de langues officielles, François Choquette, déplore d'ailleurs que les libéraux n'aient pas modifié leur approche depuis.

« Si on avait été consulté comme il faut avec Madeleine Meilleur, on aurait dit : "Je pense que ce serait mieux qu’une autre personne soit nommée commissaire aux langues officielles" », a-t-il souligné.

Selon Yvon Godin, « il n'y a pas de différence » entre nommer Madeleine Meilleur et Raymond Théberge.

« Quand tu es nommé sous-ministre, ça veut dire que tu es proche des ministres, tu es proche du parti, dit-il. Comment il va y aller quand le gouvernement Trudeau […] aura des violations de la Loi sur les langues officielles? [Quelle sera] sa vision? »

M. Godin croit que les francophones devraient contester la candidature de Raymond Théberge.

De passage à l'Île-du-Prince-Édouard, Justin Trudeau a répondu aux critiques.

On s'est engagé à trouver la bonne personne. On est en train de consulter avec les partis d'opposition; c'est pourquoi les médias ont entendu certaines nouvelles. Mais on n'a pas d'annonce à faire encore.

Le premier ministre Justin Trudeau

La Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick rappelle quant à elle dans un communiqué que « le respect d’un processus de sélection transparent est d’autant plus important compte tenu de la nomination bâclée de Madame Meilleur au printemps dernier ».

Mélanie Joly dit avoir fait des consultations

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly – qui n’a toujours pas annoncé officiellement le choix de Raymond Théberge –, a indiqué à son entrée en Chambre, jeudi, qu’elle avait eu « l’occasion de consulter les oppositions ».

Que ce soit cet été, quand le processus a été suivi, ou encore récemment, j'ai eu l'occasion de parler avec mes deux critiques.

Mélanie Joly

«  Le processus de nomination du commissaire aux langues officielles est très important, a-t-elle ajouté. Nous, on veut respecter l'intégrité du processus. »

De son côté, la Société Nationale de l’Acadie (SNA) accueille favorablement la candidature de Raymond Théberge au poste de commissaire aux langues officielles.

« Le parcours de M. Théberge au Manitoba, en Ontario et plus récemment en Acadie porte à croire qu’il a une bonne connaissance des communautés francophones du Canada », indique la présidente de la SNA, Louise Imbeault, dans un communiqué.

Un ancien collègue de M. Théberge au Bureau de l'éducation française (BEF) au Manitoba, François Lentz, se réjouit aussi de cette nouvelle.

Je suis aussi extrêmement heureux que ce soit quelqu’un, non pas seulement de chez nous, d’ici au Manitoba […], mais aussi que ce soit quelqu’un qui a une sensibilité, et je crois que dans son cas elle est très forte; une sensibilité pour le vécu linguistique des minorités.

François Lentz

Le poste de commissaire aux langues officielles est vacant depuis le départ de Graham Fraser, il y a près d'un an.

Politique