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Frais ambulanciers intermunicipaux : les Comtés unis de Prescott et Russell empruntent la voie juridique

Des véhicules ambulanciers des Comtés unis de Prescott et Russell
En 2016, les ambulanciers des CUPR ont répondu à 1687 appels dits «extérieurs». Photo: Radio-Canada / S. B.

Le directeur des services d'urgence des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) ne veut pas lâcher le morceau.

Un texte de Denis Babin

Michel Chrétien se dit déterminé « à faire bouger les choses » pour régler la dispute opposant les CUPR à la Ville d'Ottawa concernant les frais ambulanciers intermunicipaux.

Pour arriver à leurs fins, les CUPR ont décidé de suivre la voie juridique en retenant les services de l'avocat torontois John W. Saunders.

« On va probablement soumettre une lettre au ministère [de la Santé]. La prochaine étape, c'est de mettre au défi certaines composantes de la Loi [sur les ambulances] », a indiqué Michel Chrétien lors d'une réunion du comité des services d'urgence des CUPR qui a eu lieu mercredi.

Il y a deux éléments importants au cœur de cette dispute.

En premier lieu, il y a le refus de la Ville d'Ottawa de payer quoi que ce soit pour les appels d'urgence répondus par les municipalités voisines sur son territoire.

Cette situation prévaut depuis la fin, en décembre 2015, d'une entente intermunicipale prévoyant le remboursement partiel des frais reliés aux appels ambulanciers intermunicipaux.

À titre d'exemple, si l'administration Watson avait payé le plein prix pour les services rendus par les CUPR en 2016, la facture se serait chiffrée à environ 552 000 $.

Sans entente, ce sont les contribuables des CUPR qui absorbent ces coûts.

Il y a aussi la réalité sur le terrain qui pose problème.

Toujours en 2016, les ambulanciers des CUPR ont répondu à 1687 appels dits « extérieurs ».

Un peu plus de 60 % de ces appels ont été réalisés sur le territoire de la Ville d'Ottawa.

« Le volume [d'appels répondus par les paramédics des CUPR] à Ottawa a monté de 129 % [en 2016] », signale Michel Chrétien.

Temps de réponse élevés

Par ailleurs, les temps de réponse des services d'urgence des CUPR sur leur propre territoire ont continué d'être élevés en 2016.

Il faut dire que le volume d'appels a augmenté de 14 % durant la même période.

« C'est évident que nous avons de la difficulté à maintenir des temps de réponse pour lesquels nous nous sommes engagés », ajoute Michel Chrétien.

Ce sont surtout les cas où la vie des patients est en danger [niveau de priorité 1], où les services d'urgence des CUPR ont de la difficulté à atteindre la fameuse cible des « huit minutes ».

La situation peut tout particulièrement être problématique dans des municipalités rurales comme Hawkesbury-Est, collée sur le Québec, et La Nation, la plus grande en superficie dans les CUPR.

« C'est le ministère [de la Santé] qui établit le temps de réponse à huit minutes [pour les patients de niveau 1]. C'est injuste, parce que huit minutes, c'est un temps de réponse en milieu urbain. Dans le milieu rural [comme dans les CUPR], ça devrait être [...] presque 16 minutes », explique Michel Chrétien.

La Ville d'Ottawa encore montrée du doigt

Le maire de Russell, Pierre Leroux, se demande si ces temps de réponse plus longs ne sont pas attribuables à la situation qui prévaut sur le territoire de la Ville d'Ottawa.

« Peut-être que nos temps de réponse seraient meilleurs si nos ambulanciers n'avaient pas à se rendre continuellement à Ottawa », a-t-il fait remarquer.

La réponse de Michel Chrétien a été sans équivoque : « Si demain matin je cesse de faire des appels à Ottawa, c'est évident que mes temps de réponse [...] vont être meilleurs. »

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario n'impose aucune norme en matière de temps de réponse des services d'urgence.

Ce sont les municipalités qui fixent leurs propres objectifs.

Justement, pour tenter de rectifier le tir, les services d'urgence des CUPR prévoient ajouter deux véhicules de plus sur la route dès l'été prochain.

Ottawa-Gatineau

Politique municipale