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Couillard c. Legault : le combat est lancé

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et le chef de la deuxième opposition, François Legault, ont eu un échange musclé lors de la période de questions, le mercredi 22 novembre 2017.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et le chef de la deuxième opposition, François Legault, ont eu un échange musclé lors de la période de questions, le mercredi 22 novembre 2017.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La cloche a sonné, le ton a monté. À un peu plus de 10 mois des prochaines élections au Québec, le duel entre Philippe Couillard et François Legault prend forme. Les hostilités sont bel et bien lancées.

Au lendemain de la mise à jour économique présentée par le ministre des Finances, Carlos Leitao, le chef de la Coalition avenir Québec a évité de critiquer les mesures d'allégement fiscal.

François Legault a plutôt souligné que la croissance économique du Québec accuse toujours du retard par rapport à la moyenne canadienne et que le montant de la péréquation que touche la province a pratiquement triplé au cours des 15 dernières années.

Et c’est sur ce dossier que le premier ministre et le chef de la CAQ se sont défiés, mercredi. La période des questions a été le théâtre d’un échange musclé sur la péréquation.

« Un gouvernement de la CAQ va viser péréquation zéro », a lancé François Legault en Chambre.

Un gouvernement de la CAQ va éliminer l’écart de richesse avec le reste du Canada. Un gouvernement de la CAQ va avoir de l’ambition. On va voir grand pour le Québec.

Une citation de : François Legault, lors de la période des questions mercredi

Le premier ministre Couillard s’est ensuite levé et a répondu : « On verra tout ça. Mais il va falloir qu’il soit plus précis, là. En combien d’années il pense que le Québec peut avoir zéro péréquation sur la base de la formule actuelle? Qu’est-ce qu’il propose exactement? »

M. Couillard a aussi reproché à François Legault de changer régulièrement son fusil d’épaule.

Il va falloir [que François Legault] explique un peu plus en détails, parce que jusqu’à maintenant, il l’a eu facile, le chef de la deuxième opposition. On dit n’importe quoi, on change d’idées trois fois dans la même journée, et puis on passe à la prochaine journée.

Une citation de : Philippe Couillard, lors de la période des questions mercredi

« À partir de maintenant, on va répondre à tout ce qu’il va dire, à chaque mot, il va y avoir une contradiction », prévient le premier ministre.

À l’abri de l’œil des caméras, François Legault a rétorqué à ces propos : « Houuu, j’ai peur. »

« Oui, monsieur le Président, il devrait être inquiet, a enchaîné Philippe Couillard, parce qu’on va percer le rideau. On va montrer qui est le deuxième chef de l’opposition. »

« M. Couillard a le couteau bien aiguisé, il est prêt à faire la bataille, il a clairement identifié son adversaire. Il était sur les nerfs », a observé l’analyste politique à l’Assemblée nationale, Martine Biron, à ICI RDI.

Le PLQ et la CAQ au coude-à-coude

Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, les deux chefs se lancent de plus en plus de flèches.

Il faut dire que les deux partis sont au coude-à-coude, selon les derniers sondages.

Le 28 octobre dernier, dans un sondage Léger – Le Devoir sur les intentions de vote, le parti de François Legault récoltait 34 % des intentions, alors que le PLQ en obtenait 29 %.

Avec la loi québécoise qui prévoit des élections à date fixe, tous les quatre ans, les Québécois se rendront aux urnes en octobre 2018.

« C’est clair et net que M. Couillard chasse sur les terres de la Coalition avenir Québec », soutient le chef du bureau parlementaire de Radio-Canada à Québec, Sébastien Bovet.

« Sa mise à jour économique [mardi] en est une illustration patente, poursuit-il. Quand on fait des baisses d’impôts, quand on remet de l’argent aux familles, l’enjeu des familles se dessine, et c’est ça, l’enjeu que la CAQ défend depuis un certain temps. »

« Ça va pousser M. Legault aussi à faire plus de sorties publiques, à être plus sous les feux de la rampe, soutient Sébastien Bovet. Il y a des gens qui sont convaincus au Parti libéral que plus on va voir M. Legault, dit-il, plus les risques de dérapage de la Coalition avenir Québec sont élevés. »

Bataille de tweets entre Couillard, Legault et Lisée

Piqué par les accusations de François Legault sur l'augmentation importante de la péréquation au Québec depuis que les libéraux sont au pouvoir, le premier ministre Couillard a utilisé les réseaux sociaux pour s’exprimer.

Je donne 24 heures à François Legault pour expliquer aux Québécois et aux Québécoises comment il va éliminer la péréquation au Québec en 4 ans, chiffres à l’appui!

Une citation de : Philippe Couillard, premier ministre du Québec, sur Twitter

Ce à quoi a répondu François Legault qu'il faut d'abord se fixer un objectif et avoir la volonté de l'atteindre.

Il faut premièrement un objectif et une volonté pour y arriver. Votre parti a baissé les bras depuis 15 ans. Il me fera plaisir de débattre avec vous de cette question. Les Québécois trancheront ensuite le 1er octobre 2018.

Une citation de : François Legault, chef de la CAQ, sur Twitter

S'invitant dans l'échange de tweets, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, ne voit pour sa part que trois façons d'éliminer les transferts de péréquation au Québec.

Il y a trois façons d’éliminer la péréquation : 1. Couper de 11 milliards l’éducation et la santé 2. Augmenter de 45 milliards le PIB du Québec 3. Faire l’indépendance et enfin abolir le grave déficit d’investissement productif fédéral au Québec.

Une citation de : Jean-François Lisée, chef du Parti québécois, sur Twitter

Les attaques se sont poursuivies dans les corridors de l’Assemblée nationale.

Le premier ministre, qui s’arrête rarement devant les caméras pour répondre aux questions des journalistes à l’entrée du Conseil des ministres, a fait exception mercredi.

« Je vais juste vous dire une chose, a-t-il dit aux journalistes. Je donne 24 heures à M. Legault pour expliquer comment, dans un mandat de la CAQ, il va se débarrasser de 12 milliards de péréquation. On compte le temps. »

« M. Couillard voudrait nos recettes », a répliqué François Legault en point de presse. « Je l’invite d’abord à lire mon livre sur le Projet Saint-Laurent. Il y a déjà beaucoup de recettes pour éliminer une bonne part de l’écart avec le reste du Canada et éliminer la péréquation. »

La place de Jean-François Lisée

Les échanges qui ont eu lieu mercredi à l’Assemblée nationale donnent le ton, selon Martine Biron, à une année « où il y aura des débats entre les principaux adversaires ». « Et la deuxième chose que je dirais, c’est que le Parti québécois n’est pas tellement dans la course présentement. »

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a notamment accusé mercredi le gouvernement Couillard d’offrir des « cadeaux » électoraux avec l'argent qu'il a enlevé en santé et en éducation, et a qualifié le surplus des libéraux de « mesquinerie organisée ».

Avec les informations de Véronique Prince

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