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Russie, Iran et Turquie tentent de redémarrer le processus de paix en Syrie

Un garçon syrien court près d'un immeuble endommagé.

Un garçon syrien court près d'un immeuble endommagé dans les rue de Ghouta, une banlieue de Damas.

Photo : Reuters / Bassam Khabieh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Réunis à la station balnéaire russe de Sotchi, les dirigeants de la Russie, de l'Iran et de la Turquie ont convenu mercredi d'organiser prochainement, au même endroit, une réunion visant à relancer le processus de paix en Syrie, afin de mettre un terme à six ans de guerre civile.

Aucune date n'a été fixée, non plus que les noms des organisations et groupes qui seraient invités à y participer. Mais l’idée est de réunir autour d'une même table les représentants des différents groupes religieux, factions combattantes et communautés de Syrie.

« Le congrès examinera les principales questions du plan national syrien. Il s'agit en premier lieu d'établir un cadre pour la future structure de l'État, d'adopter une nouvelle Constitution et, sur cette base, d'organiser des élections sous le contrôle des Nations unies », a précisé le président russe Vladimir Poutine.

Les trois chefs d’État et de gouvernement ont appelé les autorités syriennes ainsi que l'opposition modérée « à y participer de manière constructive ».

« Il revient au peuple syrien de déterminer lui-même son avenir [...] Il est évident que le processus [...] ne sera pas simple et exigera des compromis et des concessions de tous les participants, y compris du gouvernement syrien », a souligné le président russe.

Selon le chef du Kremlin, le président Bachar Al-Assad est prêt à une réforme constitutionnelle et à des élections sous contrôle de l'ONU.

Lors de leur rencontre, la Russie et l'Iran, alliés du régime de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles syriens, ont aussi réaffirmé leur volonté commune d'éradiquer le groupe armé État islamique (EI) et se sont engagés au respect de l'unité et de l'intégrité territoriale de la Syrie.

La relance du processus de paix à Sotchi est une initiative russe qui avait démarré dès la fin d'octobre. Mais elle était restée lettre morte depuis, car rejetée par l'opposition et critiquée par les Occidentaux. Selon ces derniers, toute discussion politique sur la Syrie doit se tenir dans le cadre du processus de Genève, organisé par l'ONU depuis 2014 et devant reprendre le 28 novembre.

Le président russe considère de son côté qu’une réunion avec des représentants de toutes les forces politiques en présence pourra servir de « stimulant » au processus de Genève.

Déjà des obstacles en vue

Bien qu’elle se dise d’accord pour qu’une telle réunion ait lieu, la Turquie est opposée à toute présence kurde à celle-ci. Qualifiant les Kurdes de « groupe terroriste », le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a indiqué qu’ils ne pouvaient pas être conviés et a aussi insisté sur l'importance de régler les « aspects négatifs » de la gouvernance de la région d'Afrin, administrée par les Kurdes, dans le nord de la Syrie.

« Nous ne pouvons pas considérer un gang terroriste aux mains pleines de sang comme un acteur légitime », a insisté le président turc.

De son côté, l'opposition est sous pression pour faire des concessions. Ses principales factions, en excluant l'ex-Front al-Nosra, ont entamé des négociations mercredi à Riyad, en Arabie saoudite, en présence de l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a annoncé son intention de se rendre à Moscou jeudi.

Quant au président iranien, Hassan Rohani, il a plaidé pour le départ de la Syrie de la coalition menée par les États-Unis qui mène des frappes aériennes contre l'EI sans l'accord du régime syrien, contrairement aux armées russe et iranienne.

« Nous voyons une perspective nouvelle de fin de crise en Syrie. Il n'y a plus de prétexte au maintien d'une présence militaire étrangère sur le territoire de la Syrie sans l'accord du gouvernement légitime de ce pays », a-t-il estimé.

Le lancement de la campagne de frappes aériennes russes en septembre 2015 a constitué un tournant dans la guerre en Syrie, permettant à l'armée syrienne de reprendre à l’EI la cité antique de Palmyre, une victoire symbolique, puis de chasser les rebelles syriens de leur bastion d'Alep, dans le nord. Dimanche soir, les forces du régime ont aussi repris Boukamal à l’EI, leur dernier fief urbain en Syrie.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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