•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des milliards d'Ottawa pour le logement abordable, mais Québec n'adhérera pas

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Camp de fortune à Vancouver

À Vancouver, ce camp de fortune sert de logis à de nombreux individus.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Justin Trudeau et son gouvernement ont dévoilé mercredi leur très attendue stratégie nationale sur le logement. Après 25 ans de détérioration et d'abandon graduel des investissements, Ottawa cherche à renverser la vapeur dans le dossier de l'habitation, mais le Québec ne souscrira pas à cette nouvelle stratégie nationale.

Le plan fédéral prévoit 40 milliards de dollars sur 10 ans, mais comprend les sommes du gouvernement fédéral ainsi que le financement anticipé que les provinces et les territoires pourraient y accorder.

« On ne se laissera pas imposer de conditions par le gouvernement fédéral, a lancé la ministre responsable de l'Habitation, Lise Thériault. Les priorités appartiennent au Québec. On est capable de définir où on met nos priorités et présentement la priorité va à la rénovation du parc immobilier vieillissant. »

« La stratégie nationale sur le logement est un plan robuste et exhaustif qui transformera les vies des Canadiens en aidant les gens à trouver un foyer et à y rester », a déclaré pour sa part le premier ministre Trudeau devant les médias, mercredi, à Toronto.

Justin TrudeauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Justin Trudeau a annoncé la Stratégie nationale sur le logement de son gouvernement mercredi à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

La politique annoncée créera notamment une Allocation canadienne d’aide au logement, qui doit être lancée en 2020 et qui sera financée à hauteur de 4 milliards de dollars. À terme, Ottawa estime que 300 000 familles auront droit à un montant annuel de 2500 $.

La stratégie comporte de nombreux autres volets, allant de la construction de logements communautaires à des solutions visant à réduire l'itinérance de moitié.

Des 40 milliards d'investissement, un peu moins de la moitié, soit 15,9 milliards, serviront à réparer 240 000 logements communautaires et à en construire 60 000 nouveaux. Neuf autres milliards seront notamment injectés en partenariat avec les provinces et les territoires pour le maintien des 385 000 logements communautaires déjà existants. Ottawa s'attend à ce que les provinces et les territoires contribuent pour la moitié du montant, soit 4,3 milliards.

Dans le cas présent, on n'a pas attaché toutes les ficelles, mais on fait une annonce avec un gros "show de boucane".

Gérard Deltell, député conservateur, à propos des ententes à venir avec les provinces

Une loi pour assurer la suite

« Aujourd’hui, nous avons annoncé des mesures qui aideront nos citoyens les plus vulnérables à vivre dans des endroits sûrs, sécuritaires et dignes », a promis M. Trudeau mercredi.

Le premier ministre a aussi reconnu lors de son point de presse que le droit au logement est un droit de la personne. « C’est pourquoi une partie importante de notre stratégie est de déposer un projet de loi qui obligera les prochains gouvernements à poursuivre le chemin vers un accès universel et équitable à un logement abordable », a expliqué Justin Trudeau.

C'est donc dire qu'Ottawa souhaite astreindre les gouvernements futurs à poursuivre sa stratégie qui s'étalera, au minimum, sur une décennie.

Les objectifs de la Stratégie nationale du logement

  • Réduction de l'itinérance chronique de 50 %
  • Création de quatre fois plus de logements neufs que ce que les programmes fédéraux ont permis de construire de 2005 à 2015
  • Réparation de trois fois plus de logements existants que ce qu'il avait été possible de faire avec les programmes fédéraux de 2005 à 2015
  • Répondre à la demande de 530 000 ménages ayant besoin d’un logement
  • Protection de 385 000 ménages de plus contre la perte de leur logement abordable

Rattrapage

Des données récentes du recensement indiquent que 1,7 million de ménages avaient des « besoins impérieux en matière de logement » en 2016, signifiant que ceux-ci ont dépensé plus du tiers de leurs revenus avant impôt pour un logement qui serait en deçà des normes ou ne répondrait pas à leurs besoins.

À l'extérieur de Vancouver, les villes comptant les taux les plus élevés de besoins impérieux en matière de logement sont en Ontario. À Toronto, près d'un ménage sur cinq est sur la corde raide financière, la proportion la plus élevée des villes canadiennes.

Gaétan Héroux, de la Coalition ontarienne contre la pauvreté, croit que l'argent échelonné sur dix ans devrait plutôt être investi dans les deux prochaines années pour réparer les appartements présentement inhabitables... notamment à Toronto.

« On sait qu'il y a 2000 appartements qui sont vides et qu'ils vont en fermer à peu près 1000 s'ils n'ont pas l'argent l'année prochaine. On veut qu'il y ait de l'argent pour adresser ce problème », a-t-il commenté.

Au Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), on se félicite que « la Stratégie reconnaisse enfin les responsabilités d'Ottawa envers les ménages pauvres qui habitent déjà dans des centaines de milliers de logements sociaux qu'il a financés par le passé ».

Par contre, selon l'organisme, l'essentiel des investissements d'Ottawa devrait aller au logement social « parce que c'est la seule façon pour [les plus démunis] d'accéder à un logement en bon état, véritablement abordable, et de ne plus être à la merci de la spéculation immobilière », précise sa porte-parole, Véronique Laflamme.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !