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Programme extra-mural au N.-B. : « Pourquoi toucher à un joyau? »

Environ 65 personnes ont assisté, mardi soir, à Tracadie, à une rencontre publique organisée par des organismes acadiens contre la privatisation de la gestion des programmes de l'extra-mural et de Télé-Soins.

Environ 65 personnes ont assisté, mardi soir, à Tracadie, à une rencontre publique organisée par des organismes acadiens contre la privatisation de la gestion des programmes de l'extra-mural et de Télé-Soins.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Bargain

Radio-Canada

Environ 65 personnes se sont présentées à la rencontre organisée par une coalition de groupes francophones opposés à la privatisation de l'extra-mural, mardi soir, à Tracadie. Ils ont entendu l'une des pionnières du programme, Norma McGraw, le défendre bec et ongles.

Mme McGraw a été la première directrice du Programme extra-mural dans la Péninsule acadienne en 1986.

Devant son auditoire, mardi, elle a décrit les débuts du programme. Le gouvernement provincial de l’époque, a-t-elle dit, a fait preuve de vision en l’adoptant puisqu’il n’existait nulle part ailleurs au Canada et qu’il n’était pas jugé comme une composante essentielle du système de santé, selon la Loi canadienne sur la santé.

Elle dit avoir appris avec beaucoup d’inquiétude, l’an dernier, que le gouvernement Gallant voulait le confier à la compagnie Medavie, qui administre déjà Ambulance NB. Lorsqu’elle s’est renseignée sur les raisons de ce changement, on lui a répondu qu’il était nécessaire, pour des raisons d’ « efficacité et de coordination ».

Norma McGraw s'adresse à l'assistance, mardi soir, à Tracadie.

Norma McGraw s'adresse à l'assistance, mardi soir, à Tracadie.

Photo : Radio-Canada

On lui a expliqué que les différents services de santé offerts à l’extérieur des hôpitaux – l’extra-mural, Télé-Soins et les services ambulanciers – « travaillaient en silo ».

Une structure déficiente, selon Norma McGraw

Selon le modèle proposé, avance Mme McGraw, le premier point de contact des patients de l’extra-mural sera Télé-Soins, lorsque le programme relèvera de Medavie, et l’infirmière qui répondra à leur appel décidera s’il faut leur envoyer une infirmière de l’extra-mural ou une ambulance.

« J’ai beaucoup de difficulté avec ça », a-t-elle déclaré. L’infirmière de Télé-Soins n’est pas la personne la mieux placée pour décider des soins à donner à un patient à domicile, selon elle, puisqu’elle ne connaît ni le patient, ni l’environnement dans lequel il se trouve, ni la dynamique familiale dans laquelle il s’inscrit.

« Pourquoi toucher à un programme qui est un joyau de notre système de santé », a-t-elle lancé, sous les applaudissements.

Je crois fortement que les mesures prises pour transférer la gestion du programme de l’extra-mural à la compagnie privée Medavie ne sont qu’un début de privatisation à la douce des soins de santé au détriment des intérêts de la population.

Norma McGraw

Elle a affirmé qu’une collaboration avec Télé-Soins et Ambulance NB existe déjà et pourrait tout simplement se poursuivre.

Le ministre Bourque se fait rassurant

En entrevue à l’émission Le Réveil Nouveau-Brunswick d'ICI Acadie, mercredi matin, le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick a cherché à se faire rassurant.

Nous ici, on essaie de clarifier ce message [...], le service va demeurer, la qualité du service va demeurer la même.

Benoît Bourque, ministre de la Santé du N.-B.
Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Benoît Bourque

Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Benoît Bourque

Photo : Radio-Canada

Il a aussi réagi aux préoccupations exprimées mardi par une infirmière du Réseau de santé Vitalité, Lise Ethier, selon qui la réforme, même si elle n’entre en vigueur que le 1er janvier, fait déjà peur aux infirmières de l’extra-mural, qui cherchent à quitter le programme.

« Medavie va s’asseoir avec l’ensemble des employés dans les prochaines semaines pour préciser ce qui s’en vient, ce qui n’a pas été fait », a déclaré le ministre Bourque.

En ce qui concerne les raisons qui sous-tendent la réforme, M. Bourque fait remarquer qu'avec le vieillissement de la population, le nombre de Néo-Brunswickois qui reçoivent des soins à domicile va augmenter de 100 000 d'ici 15 ans. Le Programme extra-mural tel qu'il existe actuellement serait rapidement submergé si rien n'était fait selon lui. « Il ne faut pas attendre que ça va mal pour régler la chose. »

Nouveau-Brunswick

Santé