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Une mise à jour politique au parfum caquiste

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, présente un graphique sur l'évolution des dépenses en Santé et Services sociaux lors de sa mise à jour économique du 21 novembre 2017.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« C'est Noël avant le temps au Québec », je suis sûr que vous entendrez le commentaire à la machine à café du bureau. Qui est le père Noël? C'est Carlos Leitao. Dans sa mise à jour économique, le ministre des Finances a déballé ses cadeaux : baisses d'impôt rétroactives, chèque aux parents d'élèves, financement de la lutte contre la pauvreté et réinvestissement en éducation et en santé. Vous appellerez peut-être cela des cadeaux. Le gouvernement appelle cela une mise à jour économique. Mais c'est tout autant une mise à jour politique.

Une analyse de Sébastien Bovet, correspondant parlementaire à Québec

La recette est inscrite dans le livre du parfait gouvernement : « Dans les premières années du mandat, annonce les mauvaises nouvelles. Dans la dernière année, annonce les bonnes ». Et c’est là que la mise à jour économique devient politique. Les élections auront lieu dans un an et vous irez voter avec plus d’argent dans vos poches.

D’accord, le Parti libéral avait promis des baisses d’impôt et on ne peut quand même pas lui reprocher de tenir ses promesses. Le problème, c’est que pendant trois ans, il nous a demandé de nous serrer la ceinture. Et comme par hasard, dans la quatrième année, tiens donc, une année électorale, il se noie dans les surplus et il se permet des baisses d’impôt.

Peut-être a-t-il été responsable pendant ces trois années. Peut-être que les baisses d’impôt n’auraient pas été possibles sans la rigueur ou l’austérité. Mais nier qu’on veut se donner une bonne image auprès des électeurs, c’est comme nier que la terre est ronde. Remarquez, tous les gouvernements le font.

Là où la mise à jour économique devient encore plus politique, c’est quand les libéraux jouent sur le terrain de la Coalition avenir Québec. Baisser les impôts, c’est la recette CAQ. Non seulement c’est la recette CAQ, mais quand on épice les baisses d’impôt et le chèque à la sauce « famille », en disant qu’on fait cela pour les familles, c’est presque le livre de recettes qui y passe.

En passant, pendant trois ans, la CAQ a eu beau jeu de proposer des baisses d’impôt. Elle ne gérait rien et n’était pas sous le microscope des agences de notation.

Tout cela pour dire que la bataille électorale s’annonce féroce, en particulier avec la CAQ, soudainement en avance dans les sondages. L’ennemi est identifié, il faut le combattre sur son terrain.

Dans cette bataille qui commence, chacun a ses forces et ses faiblesses. Le PLQ est expérimenté, mais usé aux yeux de plusieurs. La CAQ représente le changement pour beaucoup, mais son équipe n'a pas l'expérience du pouvoir.

Les deux partis ont un point en commun : ils voudront séduire les familles. Cet enjeu s’impose, à 10 mois des élections.

Sébastien Bovet

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