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Cannabis : des normes « trop sévères » pour les producteurs québécois

Une feuille de cannabis dans une serre.

Les Producteurs en serre du Québec espèrent que les règlements entourant la production de cannabis récréatif seront moins stricts que ceux pour la production de cannabis médicinal.

Photo : Associated Press / Eric Engman

Radio-Canada

Les normes « trop rigoureuses » de production du cannabis doivent absolument être assouplies, selon les Producteurs en serre du Québec. Peu d'entrepreneurs veulent présentement se lancer dans l'aventure, même si Québec souhaite que le cannabis récréatif pousse dans des serres.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Selon un document présenté mardi, Ottawa prévoit encadrer étroitement la production de cannabis à des fins commerciales.

Sécurité élevée sur le site de production, qualité du produit et fiabilité de la distribution, Santé Canada propose une série de mesures de protection en vue de la légalisation de la marijuana en juillet 2018.

Les Producteurs en serre du Québec espèrent que les règlements entourant la production de cannabis récréatif seront moins stricts que ceux pour la production de cannabis médicinal.

« On veut que les règles soient en lien avec les produits de consommation courante et non pas des règlements en lien avec des médicaments », soutient le président du regroupement, André Mousseau.

Des dizaines de plants de cannabis en pot sur des tables dans un vaste entrepôt.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'usine de production de cannabis de la compagnie Zenabis à Delta en Colombie-Britannique

Photo : Radio-Canada / Eva Uguen-Csenge

Les règlements de Santé Canada coûtent beaucoup trop cher par rapport aux enjeux qui sont en lien avec la production de cannabis récréatif.

André Mousseau, président des Producteurs en serre du Québec.

Pour le moment, il y a 74 producteurs de cannabis médicinal autorisés au Canada. La plus forte concentration de producteurs se trouve en Ontario, avec 41 producteurs ayant reçu une autorisation.

Au Québec, deux producteurs ont obtenu leur autorisation, soit Hydropothicaire, à Gatineau, et la compagnie albertaine Aurora Cannabis, qui a ouvert un centre de production à Pointe-Claire en octobre dernier.

« Il y a eu quand même 360 demandes au Québec, c’est peut-être que les critères sont trop rigoureux », avance M. Mousseau.

« Pas pour les petits producteurs »

L’entreprise des Serres Amara, à Sainte-Hénédine, en Beauce, a déjà tenté d’obtenir une autorisation de Santé Canada.

Les normes étaient toutefois « trop sévères » et représentaient des investissements trop importants pour la petite entreprise qui produit des tomates pour des restaurants de Québec, comme le Laurie Raphaël et la Légende.

« Pour la sécurité, c’est une surveillance de 24 heures par jour, 365 jours par année et des clôtures de pénitencier », illustre Joseph-Alfred Boutin, associé aux Serres Amara.

Joseph-Alfred Boutin, associé aux Serres Amara, à Sainte-Hénédine, en Beauce, devant une serre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Joseph-Alfred Boutin, associé aux Serres Amara à Sainte-Hénédine en Beauce a déjà tenté d’obtenir une autorisation de Santé Canada pour produire du cannabis.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

M. Boutin croit que les normes de productions de Santé Canada permettent à une minorité d'entreprises de se lancer dans la production de marijuana.

« Ils sont sévères. Ça demande beaucoup d’installations. Je ne crois pas vraiment que les petits producteurs ont un avenir là-dedans », affirme-t-il.

Contrer le marché noir

Le président des Producteurs en serre du Québec juge que le gouvernement se trompe de stratégie s’il veut s’attaquer au commerce illégal de marijuana.

Le fait de continuer à garder ces règles va monter le prix et on ne sera pas capable d’être compétitifs avec ce qui se fait sur le marché noir.

André Mousseau, président des Producteurs en serre du Québec.
Des dizaines de plants de cannabis enlignés sur des tables avec un système d'irrigation dans un immense entrepôt.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un entrepôt de culture de cannabis de la compagnie Zenabis à Delta en Colombie-Britannique

Photo : Radio-Canada / Eva Uguen-Csenge

Contrairement au Nouveau-Brunswick qui a confié la production de cannabis à un seul fournisseur, le Québec gagnerait à diversifier son approvisionnement pour créer un modèle basé sur celui des microbrasseries, croit M. Mousseau.

« Si le produit devient plus de consommation courante, ça va être beaucoup moins risqué d’en produire », estime-t-il.

Les Producteurs en serre du Québec ont demandé une rencontre avec le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, afin de connaître les orientations du gouvernement québécois.

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