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Recrutement à l'étranger : des centaines d'emplois proposés à Paris

Le reportage de Guylaine Bussière
Radio-Canada

Des recruteurs de 21 entreprises de la région de Québec s'envolent pour Paris dans les prochains jours afin de participer aux Journées Québec. Leur but : tenter de pourvoir quelque 357 postes pour lesquels ils n'arrivent pas à trouver preneurs.

Un texte de Guylaine Bussière

Ces missions de recrutement réalisées en collaboration avec le gouvernement du Québec et Québec international existent depuis 2008.

Avec les taux de chômage historiquement bas que connaissent les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches cet automne, les places disponibles pour la mission à venir à Paris se sont rapidement envolées.

L'entreprise JL Leclerc de Saint-Antoine-de-Tilly, spécialisée dans la conception et la fabrication de pièces mécano-soudées, sera de l'aventure pour la première fois.

La directrice des ressources humaines de la PME, Caroline Bouchard explique que la dernière année a été particulièrement difficile pour embaucher de la main-d'oeuvre.

« On ne reçoit pratiquement pas de candidatures, c'est vraiment la rareté. On travaille beaucoup avec des firmes de recrutement et même les firmes ont de la difficulté à nous fournir des candidats intéressants pour combler nos postes. »

Caroline Bouchard, directrice des ressources humaines JL LeclercCaroline Bouchard, directrice des ressources humaines JL Leclerc Photo : Radio-Canada

Pour assurer sa croissance et continuer à remplir ses contrats, JL Leclerc, qui emploie actuellement 120 personnes, a besoin d'embaucher près d'une dizaine de travailleurs d'ici le printemps.

L'entreprise qui fournit des pièces à des entreprises comme Hydro-Québec, Volvo et Prévost Car a un urgent besoin de soudeurs, de machinistes et de journaliers.

JL Leclerc vise une croissance de 15 % l'an prochain. Sans nouveaux employés, cet objectif sera difficile à atteindre. Déjà, l'entreprise à dû refuser des contrats et reporter la livraison de certaines de ses commandes.

À Paris, Caroline Bouchard rencontrera 24 candidats potentiels qu'elle a sélectionnés parmi les 71 candidatures reçues depuis que son entreprise est inscrite aux Journées Québec.

Mission 2016 à Paris

16 entreprises participantes, 261 postes disponibles

Mission 2017 à Paris

21 entreprises participantes, 357 postes disponibles

Après Paris, la Tunisie

Pour se donner toutes les chances de trouver des employés compétents, Caroline Bouchard mènera, après Paris, une seconde mission de recrutement, cette fois à Tunis. Québec international y accompagne des entreprises pour la deuxième fois.

La première mission tunisienne avait eu lieu en 2010, mais vu l'instabilité politique qui a frappé cette région du globe, l'agence a attendu à cette année avant d'y retourner. Cette fois, 5 des 21 entreprises de la mission parisienne ont choisi d'y poursuivre leurs démarches.

Le taux de chômage en Tunisie tourne autour de 15 %, ce qui fait que de nombreux travailleurs sans emploi sont prêts à venir s'établir ici, mentionne Caroline Bouchard, qui a d'ailleurs reçu 950 curriculums vitae en lien avec cette mission.

L'immigration, la solution pour la Beauce

Malgré les nombreux efforts du milieu beauceron pour attirer des travailleurs d'ailleurs au Québec, des entreprises de cette région se tournent elles aussi vers l'immigration et participent à la mission de recrutement à Paris pour la première fois. C'est le cas de l'entreprise EBI Electric de Saint-Georges en Beauce.

Serge Martel, le propriétaire de cette entreprise familiale qui se spécialise dans l'électrotechnique industrielle, est clair. Il a besoin de nouveaux travailleurs.

« Ce qui va limiter notre progression et notre développement dans les prochaines années, c'est la main-d'oeuvre. »

L'entreprise qui emploie 115 personnes fabrique entre autres des panneaux de contrôle électrique et des moteurs de sécheurs à bois pour les scieries.

Serge Martel, propriétaire, EBI ElectricSerge Martel, propriétaire, EBI Electric Photo : Radio-Canada

Sa directrice des ressources humaines, Marie-France Geoffrion, part donc à Paris dans l'espoir de recruter sept employés, des programmeurs en automatisation et en informatique.

Pour convaincre les candidats qu'elle rencontrera de choisir son entreprise, elle entend miser entre autres sur la qualité de vie qu'offre la région beauceronne.

« Le coût de la vie qui est moindre, la circulation qui est fluide, donc on va miser fort là-dessus pour justement se distinguer des autres employeurs. »

Miser sur la qualité de vie

La qualité du milieu de travail et du milieu de vie sont des arguments qui reviennent souvent dans la bouche de ceux qui recrutent.

Pour Serge Martel, la question doit aussi préoccuper les villes. « Il faut un environnement social, une bibliothèque, des gymnases, des activités, afin qu'on soit capable de garder ces gens-là heureux chez nous. »

Pour l'homme d'affaires beauceron, le problème de la pénurie d'employés et ses solutions concernent tout le milieu dans lequel elles sont établies.

Québec international songe à mettre en place davantage de missions à l'étranger dès l'an prochain pour aider les entreprises à pallier le manque de main-d'oeuvre.

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