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L’art inuit redessiné par Annie Pootoogook

Une femme autochtone sourit légèrement en regardant la caméra. Infographie avec l'inscription « Succèsgraphie » avec un trophée et le nom d'Annie Pootoogook.

L'artiste inuite Annie Pootoogook

Photo : Radio-Canada / Simon Blais / Alexei Kintero

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les crayons de couleur d'Annie Pootoogook ont permis d'illustrer la vie dans le Nord canadien avec sensibilité, en plus de brosser un portrait du quotidien empreint d'une vérité déconcertante. Rétrospective de l'oeuvre importante de cette artiste inuite, décédée de façon tragique l'an dernier à Ottawa.

Un texte de Stéphanie Rhéaume pour l’émission Les malins

En septembre 2016, le fait divers faisait la manchette : le corps d’une femme avait été retrouvé dans la rivière Rideau. Il s’agissait de l’artiste Annie Pootoogook.

Annie Pootoogook est en train de dessiner avec un crayon noir sur une feuille blanche.
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Annie Pootoogook illustrait notamment des traditions inuites.

Photo : Radio-Canada

Originaire de Cape Dorset au Nunavut, elle était d’abord venue à Ottawa à titre d’interprète pour accompagner une personne malade. Annie Pootoogook a vécu les huit dernières années de sa vie dans la capitale.

L’agente d’éducation au Musée des beaux-arts du Canada, Béatrice Djahanbin se désole de la disparition hâtive de cette artiste prometteuse à l’âge de 47 ans.

Infographie avec le visage de Béatrice Djahanbin sur un fond bleu. Une citation est imbriquée : « Elle a laissé un legs important et elle a inspiré de nombreux autres artistes. Pour ça, on peut la remercier infiniment. »
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L'agente d'éducation au Musée des beaux-arts du Canada, Béatrice Djahanbin

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume / Simon Blais

Une famille reconnue dans l'art inuit

Annie Pootoogook grandit sur l’île de Baffin au sein d’une famille d’artistes de renom. Son père pratique la sculpture. Sa mère et sa grand-mère, elles, sont deux figures emblématiques de l’art graphique inuit.

Une femme inuite, vêtue d'un manteau, semble prendre une pause de son dessin le temps que le photographe prenne la photo. Elle porte des lunettes à forte monture et tient un crayon en main.
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La grand-mère d'Annie Pootoogook, Pitseolak Ashoona

Photo : Archives

À 28 ans, Annie Pootoogook choisit de marcher dans les traces de son aïeule. Elle fréquente d’abord la coopérative d’artistes de Cape Dorset. Au départ, ses dessins respectent un style plus traditionnel, très prisé au Sud.

L'artiste avant-gardiste se dissocie ensuite de cette mouvance. Elle utilise plutôt ses crayons pour représenter la vie telle qu’elle la connaît. Dans ses dessins se côtoient les réalités autochtones du Nord, alors que les traditions culturelles inuites évoluent aux côtés d’éléments plus modernes.

« Annie Pootoogook est vraiment l’artiste inuite qui a commencé à représenter non pas les thèmes traditionnels auxquels on s’attendait, mais la vie contemporaine [...], explique Béatrice Djahanbin. Souvent, il y a des aspects personnels. Ça peut être aussi joyeux et d’autres fois plus sombre. »

En 2006, Annie Pootoogook remporte le prix Sobey pour les arts, une prestigieuse récompense dans le domaine des arts visuels au Canada, assortie d’une bourse de 50 000 $.

L'héritage de Pootoogook à Ottawa

Le public d’Ottawa peut se mesurer à l’une de ses oeuvres imposantes au Musée des beaux-arts du Canada. D’une dimension d’un mètre par deux mètres, Congélateur de Cape Dorset trône dans la salle d’art canadien et autochtone.

Grand dessin où l'on voit des familles inuites dans un grand magasin de Cape Dorset. Ils sont devant un congélateur. On aperçoit les denrées comme du poulet frit congelé. Sur une étagère se retrouve des craquelins de marque Ritz.
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« Congélateur de Cape Dorset », 2005 crayon de couleur, stylo à bille métallique noire et mine de plomb sur papier vélin, 111.5 x 233.1 cm Acheté en 2007 Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

Photo : Musée des beaux-arts du Canada / © Dorset Fine Arts

Pour Béatrice Djahanbin, ce dessin révèle la part d’humour ironique dans l’oeuvre de Pootoogook.

«  »

— Une citation de  Béatrice Djahanbin, agente d’éducation au Musée des beaux-arts du Canada

Le dessin montre bien la pauvreté de l’offre alimentaire dans le Nord, en plus de dépeindre les contrastes vestimentaires entre tradition et modernité. Une femme porte un bébé sur son dos; un homme est coiffé d’une casquette de baseball.

Congélateur de Cape Dorset est exposé au Musée des beaux-arts du Canada jusqu’au 4 décembre.

Dans la région de Toronto, la Collection d’art canadien McMichael présente jusqu’en février une première rétrospective consacrée aux oeuvres de Pootoogook depuis sa mort.

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