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Le surpoids et la santé mentale des tout-petits sont préoccupants au Québec

La santé des bébés s'améliore au Québec, selon l'Observatoire des tout-petits.
La santé des bébés s'améliore au Québec, selon l'Observatoire des tout-petits. Photo: iStock

Le développement et la santé des enfants de 0 à 5 ans se portent de mieux en mieux au Québec, selon un rapport de l'Observatoire des tout-petits, mais l'augmentation de l'embonpoint et des diagnostics de troubles mentaux soulèvent de nouvelles préoccupations.

Dans le deuxième portrait de l’Observatoire des tout-petits, basé sur des données de santé publique, l’organisme constate que les 534 939 enfants québécois d’âge préscolaire suivis dans cette étude viennent au monde dans de meilleures conditions qu’il y a 30 ans.

En 2016, la santé physique des enfants de 0 à 5 ans s’est améliorée, révèle le rapport, qui note une baisse des hospitalisations pour des problèmes de santé comme l’asthme, les maladies infectieuses et les blessures non intentionnelles.

Des bébés en meilleure santé

Les bébés qui viennent au monde avec un poids trop faible et les décès à la naissance sont aussi en baisse depuis les dernières décennies, constate l’Observatoire. Le nombre de femmes qui allaitent leur bébé a aussi continué d’augmenter ces dernières années.

Selon l’étude, « 89 % des mères ont allaité ou tenté d’allaiter leur dernier bébé selon des données 2013-2014, alors que cette proportion était de 72,6 % en 2000-2001 ». Cependant, seulement 77 % d’entre elles allaitaient toujours un mois après la naissance.

Surpoids, troubles mentaux et accès à un médecin

En dépit de cette amélioration des conditions de santé générales des tout-petits, certains aspects sont préoccupants.

Tout d’abord, beaucoup d’enfants au Québec n'avaient pas accès à un médecin de famille ou à un pédiatre ces dernières années. Une famille sur dix affirmait ne pas avoir accès à un médecin de famille en 2015, souligne l’Observatoire des tout-petits.

Les taux de césariennes élevés, les éclosions de rougeole, l’augmentation de l’embonpoint, de l’obésité et des diagnostics de troubles mentaux chez les 0 à 5 ans figurent également parmi les préoccupations concernant les tout-petits.

Le tiers des 0-5 ans à risque d'embonpoint ou d'obésité

Les problèmes d’embonpoint chez les enfants d'âge préscolaire sont particulièrement alarmants selon Fanny Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits.

Il y a 10 fois plus d'enfants et d'adolescents obèses sur la planète aujourd'hui qu'il y a 40 ans.La planète fait face à un problème de taille : l’obésité des enfants et des adolescents. En 2016, ils étaient 10 fois plus nombreux à être considérés comme obèses qu'il y a 40 ans, selon une étude publiée dans le journal « The Lancet ». Photo : Getty Images / Image Source

« C’est le tiers des tout-petits de 36 à 60 mois qui sont à risque d’embonpoint ou d’obésité, et malheureusement, on n’a pas de données sur l’alimentation des tout-petits. Mais on a été chercher des données et on voit que le tiers ne rencontrent pas les recommandations en matière d’activité physique », constate Fanny Dagenais.

Entre 3 et 5 ans, les enfants passent déjà trop de temps devant des écrans, montrent par ailleurs de récentes données de la Société canadienne de pédiatrie.

Parents et gouvernement ont un rôle à jouer, selon le ministre Fortin

Questionné à l’entrée du caucus libéral sur les problèmes d’embonpoint qui menacent les tout-petits, le ministre de la Famille, Luc Fortin, s’est dit lui-même interpellé par ce problème à titre de parent de jeunes enfants.

« Oui les tout-petits sont visés par les problèmes d’obésité, comme l’ensemble de la population. Je pense que comme parent on a aussi un rôle à jouer, a expliqué le ministre. Comme gouvernement on a un rôle également à jouer, on doit sensibiliser davantage les parents à faire bouger leurs tout-petits », a reconnu Luc Fortin.

Augmentation des troubles d'attention, des retards de développement et de l'autisme

En ce qui a trait à la santé mentale des bambins, l’augmentation des diagnostics de troubles mentaux ou de retards de développement ces dernières années a de quoi retenir l‘attention.

De 2015 à 2016, 4,8 % des enfants de 1 à 5 ans avaient reçu un diagnostic de trouble mental contre environ 3,5 % en 2000-2001. La proportion d'enfants qui ont reçu un diagnostic de trouble du spectre de l'autisme est quant à elle passée de 0,16 % à 0,82 % au cours de la même période.

On voit seulement les mains et les jambes de l'enfant derrière le jouet. Un enfant autiste joue avec des blocs . Photo : Radio-Canada / Bernard Lebel

« De façon générale, il y a beaucoup de troubles de comportement et des retards spécifiques du développement; ça inclut aussi l’autisme et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité », souligne Fanny Dagenais, de l’Observatoire des tout-petits.

C’est effectivement à surveiller de près. Ça nous a surpris en fait, 22 000 tout-petits qui, en 2016, avaient un diagnostic de trouble mental. C’est une bonne proportion et c’est peu documenté, en fait.

Fanny Dagenais, directrice de l'Observatoire des tout-petits

Trop de césariennes

Quant au nombre de césariennes, qui est passé de 20,9 % à 24,9 % entre 2002 et 2015, l’Observatoire des tout-petits souligne que bien que nécessaire dans plusieurs cas, cette technique chirurgicale représente des risques et ne devrait être utilisée que dans 10 à 15 % des naissances, selon les « recommandations de la communauté internationale ».

Les conditions socio-économiques des tout-petits s'améliorent

Outre ces questions de santé, la condition socio-économique des bambins s’est aussi passablement améliorée en 2016, selon l’Observatoire des tout-petits.

La proportion d’enfants qui vivent dans des ménages à faible revenu est passée de 18,5 % en 2004 à 12,3 % en 2015.

« Oui, il y a une amélioration des conditions économiques dans lesquelles les tout-petits grandissent. », constate Fanny Dagenais, pour qui il s’agit d’une excellente nouvelle.

« C’est un facteur de risque pour beaucoup d’enjeux, souligne-t-elle. Agir sur les environnements socio-économiques, ça diminue la pression sur les familles. Quand on pense au trouble mental. Le tout-petit qui vit dans une famille où les parents sont très stressés, ça peut influencer l’anxiété et la dépression; donc c’est de bonnes nouvelles. »

Pour Mme Dagenais, l’intention du gouvernement du Québec d’injecter des sommes importantes dans la lutte contre la pauvreté aura certainement un impact positif sur les bambins qui vivent dans les milieux moins favorisés.

C’est toute l’importance d’agir tôt, autant pour l’adoption de saines habitudes de vie que sur toutes les sphères du développement de l’enfant. Le 0-5 ans, c’est une fenêtre d’opportunités incroyables sur le plan du développement et comme société, on devrait tout mettre en place pour favoriser le sain développement des tout-petits.

Fanny Dagenais, directrice de l'Observatoire des tout-petits

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