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Changements climatiques : agir à court ou à long terme en Gaspésie?

la ville de Percé sous la tempête du 25 janvier 2017
La ville de Percé sous la tempête du 25 janvier 2017 Photo: Radio-Canada / William Bastille-Denis
Radio-Canada

Les changements climatiques se manifestent avec intensité partout sur Terre, particulièrement en Gaspésie. La destruction de secteurs plus vulnérables du littoral et les coûts engendrés forcent les municipalités à agir à court terme, faute de moyens financiers. Mais selon le directeur général d'Ouranos, Alain Bourque, la facture n'en serait que plus importante à long terme.

Un texte de Brigitte Dubé, d'après une entrevue réalisée à Bon pied, bonne heure

Ce sont, en gros, les conclusions du 7e Symposium annuel du consortium de recherches sur les changements climatiques Ouranos, tenu récemment. Il portait sur les impacts actuels et à venir des catastrophes naturelles et des désastres liés à la météo pour le Québec et les adaptations à entreprendre pour s’y préparer.

Écoutez l'entrevue réalisée par Isabelle Lévesque.

Le symposium réunissait 400 scientifiques, des experts des changements climatiques, des universitaires et différents décideurs des secteurs public et privé.

Chaque hiver est difficile en Gaspésie. L’absence de glace rend le littoral très vulnérable aux tempêtes.

La ville de Percé sous la tempête du 25 janvier 2017.La ville de Percé sous la tempête du 25 janvier 2017 Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

« C’est un grand débat qu’il y a eu dans le symposium, mentionne M. Bourque. Ce n’est pas clair si on prend des décisions sur le long terme. Est-ce qu’on réussit à apprendre de certaines tempêtes pour refaire les choses mieux de façon à résister à long terme? »

M. Bourque déplore que les facteurs économiques favorisent les actions à court terme plutôt qu'à long terme.

On est de plus en plus efficaces pour répondre sur le coup, mais est-ce qu'on devrait changer les façons de faire? Est-ce qu’on va s’installer dans des régions moins à risque?

Alain Bourque, directeur général d’Ouranos

« Ça dépend des cas, dit M. Bourque. Il y a des exemples de succès, mais d’autres où on fait toujours les mêmes choses. »

Que faut-il comprendre et en retirer pour mieux s’adapter?

Alain Bourque, directeur général d’Ouranos

Selon le directeur d’Ouranos, de plus en plus de gens sur le terrain, des producteurs agricoles jusqu’aux maires, voient les changements, mais ont beaucoup de difficultés à prendre des décisions dans une perspective à long terme.

« Souvent, on se retrouve dans une situation où le toit est en train de couler, constate-t-il. On met beaucoup d’efforts pour patcher les trous l’un après l’autre. »

Prendre des planches et placarder, ça coûte moins cher, mais à un moment donné, faudra refaire le toit au complet et ça va coûter pas mal plus cher. Par contre, ça offre une solution qui sera valide pour 30 ou 40 ans.

Alain Bourque, directeur général d’Ouranos
Un camion déverse son chargementRecharge de la plage à Percé Photo : Radio-Canada

M. Bourque cite l'exemple de Percé, où on faisait la promotion d’un retour à l’état naturel des berges. « On a tassé des bâtiments pour laisser la nature gérer l’érosion côtière et ça semble être un succès », estime-t-il.

Il cite des exemples ailleurs en Europe, par exemple, où on a pris des décisions difficiles. Des populations ont été déplacées. « C’est malheureux pour ces communautés à court terme, admet M. Bourque, mais à long terme, ça les met moins à risque. »

Le symposium d’Ouranos a aussi été l'occasion d'aborder les impacts sur le tourisme. Avec de bonnes mesures d’adaptation, ils pourraient être positifs pour la Gaspésie. Par exemple, les skieurs du nord-est des États-Unis pourraient être attirés par la neige naturelle de la Gaspésie.

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