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Plus de 35 000 enfants souffrent de pauvreté en Nouvelle-Écosse

La couverture du rapport «Divided City: Life in Canada’s Child Poverty Capital»
Plus d’un enfant sur cinq souffre de pauvreté en Nouvelle-Écosse. Photo: Social Planning Toronto
Radio-Canada

Un rapport du Centre canadien des politiques alternatives révèle que plus d'un enfant sur cinq, en Nouvelle-Écosse, souffre de pauvreté.

Un texte de Camille Martel

Les données compilées par le groupe de recherche, recueillies en 2015 sous le gouvernement de Stephen Harper, montrent que 35 870 enfants néo-écossais vivaient dans une situation de pauvreté.

Le taux se situe à 21,6 % en Nouvelle-Écosse. La province a le troisième taux de pauvreté infantile le plus élevé parmi les provinces canadiennes. En Atlantique, elle occupe toutefois le premier rang.

À titre de comparaison, le taux de pauvreté infantile était de 21 % en 2014 au Nouveau-Brunswick, de 17,7 % à l’Île-du-Prince-Édouard et de 18,6 % à Terre-Neuve-et-Labrador, selon l’organisme Campaign 2000.

Le taux de pauvreté infantile au Canada est calculé à partir du revenu parental. En règle générale, le revenu d'une famille pauvre est de 50 % inférieur à la moyenne nationale. Par exemple, en 2014, un parent avec un enfant à charge devait gagner 24 954 $ pour être considéré comme étant pauvre.

La pauvreté chez les immigrants

« On devrait se réjouir du fait que 1600 enfants ont été sortis de la pauvreté de 2014 à 2015 », déclare Lesley Frank, professeure à l’Université Acadia et auteure principale du rapport. Toutefois, le taux de pauvreté infantile en Nouvelle-Écosse a seulement diminué d’un point de pourcentage depuis 2014.

La constance de ce taux est probablement due à l'arrivée massive de réfugiés syriens en 2015, explique la coauteure de l’étude et directrice du Centre canadien des politiques alternatives de la Nouvelle-Écosse, Christine Saulnier.

Les nouveaux arrivants ont toujours des taux de pauvreté très élevés, explique-t-elle.

Les taux de pauvreté demeurent très élevés chez les immigrants, même après une ou deux générations. Le problème c'est la discrimination.

Christine Saulnier, directrice du Centre canadien des politiques alternatives de la Nouvelle-Écosse

À son avis, des solutions pour les causes profondes de la pauvreté sont nécessaires afin de corriger le problème : « Le gouvernement doit tenir compte des différents défis auxquels ces communautés doivent faire face. »

Vent d'optimisme

Le rapport est toutefois optimiste depuis les mesures adoptées par le gouvernement Trudeau.

« Il ne fait aucun doute que l’Allocation canadienne pour enfants aide les familles, mais cela ne mettra pas fin à la pauvreté infantile », affirme Stella Lord, coordonnatrice de l’organisme Community Society to End Poverty de la Nouvelle-Écosse.

Mme Lord estime que tous les gouvernements, qu'ils soient provinciaux, municipaux ou fédéral, doivent continuer à investir pour éradiquer ce problème.

Le taux de pauvreté infantile en Nouvelle-Écosse varie selon les régions. L’endroit où le taux est le plus bas est Fall River, en banlieue d’Halifax, et celui où le taux est le plus élevé est Eskasoni, une réserve autochtone du Cap-Breton.

Or, 18 communautés de la province ont un taux de pauvreté infantile qui dépasse les 30 %. De celles-ci, 10 sont situés au Cap-Breton.

Le rapport note aussi que la pauvreté infantile touche davantage les enfants issus des communautés culturelles.

Les enfants arabes sont les plus touchés, suivis par les enfants d'origine coréenne et les enfants noirs.

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