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Le Collège Servite d'Ayer's Cliff visé par des allégations d'agressions sexuelles

Un juge tient un document derrière son maillet

L'action collective a été signifiée à la Cour supérieure du district de Saint-François vendredi.

Photo : iStock

Radio-Canada

Un homme de 57 ans accuse le Collège Servite d'Ayer's Cliff et la communauté religieuse des Servites de Marie d'avoir fermé les yeux sur des agressions sexuelles qu'il aurait subies dans les années 1970.

Un texte de Marie Eve Lacas

Une action collective, dont Radio-Canada Estrie a obtenu copie, a été déposée vendredi au palais de justice de Sherbrooke. L’homme, qui avait 12 ans au moment des gestes allégués, réclame près de 2 millions de dollars pour les impacts sur sa vie. Il croit qu’il y a d’autres victimes.

La présumée victime était pensionnaire

Les agressions auraient été commises entre 1973 et 1975. Le père Jacques Desgrandchamps enseignait l'histoire au Collège Notre-Dame des Servites à Ayer's Cliff. Il aurait gagné la confiance de son élève en lui offrant de l'aider dans certaines tâches, comme la correction d'examens ou la dactylographie d'un essai.

L'adolescent, peut-on lire dans le document, se serait rendu dans la chambre du père à de nombreuses reprises dans une aile pourtant interdite aux élèves. Il lui aurait servi de l'alcool. Des agressions sexuelles répétées auraient eu lieu dans cette chambre et même à l'extérieur du collège.

Le requérant allègue que d'autres pères le voyaient entrer et sortir de la chambre. Personne ne l'aurait aidé. L’avocat Robert Kugler précise que la vie du pensionnaire a ensuite été marquée par la solitude, l’alcoolisme, la toxicomanie et l’absence de relation amoureuse.

Il est prêt maintenant. Ça pris beaucoup de temps, il a travaillé très fort. Son courage est incroyable parce qu’il aurait pu intenter une action individuelle qui lui bénéficierait seul, mais il veut en aider d’autres.

Me Robert Kugler, avocat du requérant

Jacques Desgrandchamps replonge dans son passé

Jacques Desgrandchamps, l'homme désigné comme présumé agresseur dans l'action collective, est maintenant âgé de 85 ans. Il oeuvre à la paroisse Saint-Antoine de Padoue à Ottawa. Il ignorait la démarche judiciaire entamée contre sa communauté pour des agressions sexuelles.

Tout au long d'un entretien téléphonique avec Radio-Canada, il s'est dit bouleversé, démoli et paniqué. Il a confirmé avoir enseigné à Ayer's Cliff dans les années 1970. Il ignore qui a déposé la requête.

Questionné sur son passé, il a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec certains élèves pendant sa carrière.

Je ne pense pas avoir forcé quelqu’un. Il n’y a pas de violence, c’est chercher de la consolation. C’est peut-être éventuellement d’être allumé par des enfants. [...] Si vous êtes la représentation pour eux d’une certaine autorité, d’une certaine façon de vivre, ils vont essayer de vous démolir.

Jacques Desgrandchamps, ex-enseignant au Collège Notre-Dame des Servites

Jacques Desgrandchamps devait parler à ses supérieurs après cet entretien téléphonique.

Joints à Québec, les Servites de Marie n'avaient pas encore en main l'action collective.

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Estrie

Justice et faits divers