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Un comité veut interdire l'exploitation près des villes

Le comité consultatif de citoyennes et de citoyens ainsi que le Groupe de recherche appliquée sur les processus participatifs et collaboratifs en compagnie du préfet de la MRC de la Vallée-de-l'Or Pierre Corbeil
Le comité consultatif de citoyennes et de citoyens ainsi que le Groupe de recherche appliquée sur les processus participatifs et collaboratifs en compagnie du préfet de la MRC de la Vallée-de-l'Or Pierre Corbeil Photo: Radio-Canada / MRC de la Vallée-de-l'Or

Un comité consultatif composé de citoyens a présenté 24 recommandations lundi matin concernant la désignation de zones incompatibles à l'exploitation minière dans la MRC de la Vallée-de-l'Or (MRCVO). Ils proposent notamment d'interdire toute activité minière dans un rayon de 2 kilomètres des villes, ce qui est supérieur à la limite de 1 kilomètre suggérée dans les orientations gouvernementales.

Avec les informations de Thomas Deshaies

Le comité qui a été formé par le Groupe de recherche appliquée sur les processus participatifs et collaboratifs (GRAPPC) avait pour mandat de suggérer des balises aux élus de la MRC, afin qu'ils puissent déterminer quelles parties du territoire sont considérées comme incompatibles avec l'exploitation minière.

Les membres du comité n'étaient pas membres d'un groupe de pression et n'occupaient aucun poste d'influence au sein d'entreprises minières. Ils ont participé à quatre journées de réflexion et consulté plusieurs experts.

Notre objectif était d'avoir l'avis de citoyens qu'on n'entend pas habituellement dans les consultations plus formelles

Yoséline Leunens, chargée de projet du groupe de recherche

Rappelons que le ministère de l'Énergie a octroyé le pouvoir aux municipalités régionales de comtés de décréter des zones sur leur territoire qu'ils considèrent incompatibles avec l'exploitation minière, et ce, par l'entremise de leur schéma d'aménagement.

Protéger les eskers et les terres agricoles

Les citoyens demandent aux élus de la MRC de « soustraire à l'activité minière l'ensemble des eskers ayant des impacts sur la qualité de l'eau ». Des études hydrogéologiques sur les eaux devraient être réalisées avant 2021, propose-t-il dans leur rapport, expliquant qu'il y a un déficit de connaissance sur l'état des cours d'eau.

Ils demandent également à ce que la « zone agricole permanente » soit considérée incompatible aux activités minières.

Selon les citoyens membres du groupe, il ne faudrait considérer que les territoires où des claims miniers ont déjà été attribués, lors de la désignation de territoires incompatibles. Il s'agit d'une des recommandations qui sort du cadre législatif actuel et nécessiterait des ajustements aux orientations gouvernementales ou aux lois.

« Les territoires qui sont déjà sous claims ne sont pas concernés par cette éventualité au moment où on se parle, affirme quant à lui le préfet de la MRCVO, Pierre Corbeil. Si ces claims étaient retirés dans l’avenir ou déclarés comme non opérants, c’est-à-dire que le détenteur n’a pas fait les travaux minimums requis pour garder les titres valides, là c’est peut-être des opportunités qui vont se présenter. »

Pierre Corbeil n’a pas voulu se positionner sur les recommandations qui inciteraient les élus de la MRCVO à demander des ajustements au gouvernement. « On va regarder l’ensemble des recommandations, mais on les a reçus ce matin (lundi), donc je ne suis pas en mesure de les commenter dans leurs fins détails une par une, explique M. Corbeil. Je suis convaincu qu’il y a des éléments qui vont nous éclairer puis nous aider dans la prise de décision. »

Désigner des territoires selon les types d'activités minières

Il faudrait pouvoir désigner des territoires incompatibles avec les activités minières, en fonction du type d'activité, clament les citoyens. Une tourbière et une mine à ciel ouvert n'ont pas les mêmes impacts, explique Mme Leunens. Or, actuellement, il n'est pas possible de caractériser un territoire comme étant incompatible uniquement à l'une ou l'autre des activités minières.

Plusieurs experts ont été consultés par les citoyens lors de leur processus de réflexion, mais aucun représentant de l'industrie.

Les entreprises minières ont été convoquées, mais elles ont décliné l'invitation. C'est une décision qui leur appartient

Yoséline Leunens, chargée de projet du groupe de recherche

Les élus qui doivent réviser leur schéma d'aménagement dans un an consulteront dans les prochains mois les acteurs du milieu et les citoyens. Le comité citoyen demande à la MRCVO de « mettre en œuvre des moyens pour surmonter toutes les barrières à l’expression de la majorité silencieuse. » « Il faut reconnaitre le climat de peur et de pressions sociales », mentionne-t-il dans leur rapport.

Abitibi–Témiscamingue

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