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Naloxone et surdose de fentanyl : 200 intervenants formés à Québec

Une intervenante sociale manipule une seringue et une fiole
Une intervenante sociale, peu habitée à manipuler une seringue, apprend à faire une injection. Photo: Radio-Canada / Jonathan Lavoie

D'ici la fin de novembre, environ 200 intervenants communautaires de Québec auront été formés à l'utilisation de la naloxone, un antidote aux opiacés qui peut sauver la vie d'une personne en surdose.

Un texte de Jonathan Lavoie

Les intervenants de l'organisme PECH, qui intervient auprès des personnes avec des problèmes de santé mentale, ont notamment suivi la formation de deux heures offerte par la Direction régionale de la santé publique de la Capitale-Nationale.

« Ça fait 16 ans que je suis à l'emploi de l'organisme, que je suis ici à PECH, puis je n'ai jamais vu autant de personnes qui utilisent des drogues par intraveineuse », raconte Jason Bowles.

L'intervenant social s'est déjà retrouvé face à un cas de surdose. Il se sent désormais mieux préparé à intervenir, surtout qu'avec le fentanyl, le danger de surdose augmente. La drogue de plus en plus présente sur la rue est jusqu'à 100 fois plus puissante que la morphine.

« On a le matériel pour pouvoir intervenir et c'est très clair. La procédure est simple. On suit les étapes et je pense que ça va être très aidant dans le cadre de notre travail. »

Deux fioles de naloxone dans une trousseDes trousses contenants deux fioles de naloxone, deux seringues et des gants sont remises aux intervenants. Photo : Radio-Canada / Jonathan Lavoie

Plus que de la naloxone

Mélissa Lemelin est l'une des deux infirmières qui donnent la formation. Elle apprend d'abord aux intervenants à reconnaître les symptômes associés à une surdose d'opiacés : lèvres bleues, difficulté à respirer, perte de conscience.

Vient ensuite le volet pratique où les intervenants, souvent peu habitués à manipuler une seringue, apprennent à injecter la naloxone de manière sécuritaire.

« Si une personne fait face à une surdose d'opioïde, dont le fentanyl dont on parle souvent ces temps-ci, ça peut vraiment sauver la vie », résume Mélissa Lemelin.

L'infirmière Mélissa Lemelin tient dans ses mains une seringue et une fiole de naloxone.L'infirmière Mélissa Lemelin dans les locaux de PECH pour former les intervenants communautaires à l'utilisation de la naloxone Photo : Radio-Canada / Jonathan Lavoie

En cas de surdose, il demeure toutefois primordial de composer le 911 puisque l'antidote a un temps d'action limité de 30 à 90 minutes. Après ce délai, la personne intoxiquée risque de retomber en état de surdose, selon le type et la quantité de drogue consommée.

Ces informations sont parfois méconnues des utilisateurs de drogues par injection. En formant les intervenants communautaires, Mélissa Lemelin espère que ces derniers formeront à leur tour les consommateurs d'opiacés et leurs proches.

Depuis le 10 novembre, la naloxone est gratuite en pharmacie pour toute personne de 14 ans ou plus. Il n'est même plus nécessaire de présenter sa carte d'assurance maladie.

Les gens sont vraiment intéressés, ils veulent le savoir parce que quand tu côtoies des gens qui consomment, il y a toujours un risque de faire face à l'overdose.

Mélissa Lemelin, infirmière

La Loi sur les bons samaritains

La formation offerte aux intervenants revient aussi sur les changements à la Loi sur les bons samaritains adoptés en mai par le gouvernement fédéral.

Désormais, la loi offre une immunité contre des accusations de possession simple d’une substance contrôlée pour les personnes qui composent le 911 pour eux-mêmes ou une autre personne en état de surdose.

Ces changements visent à inciter les témoins à appeler les services ambulanciers en cas de surdose. Auparavant, de nombreuses personnes hésitaient à le faire. Elles craignaient d'être arrêtées parce qu'elles avaient de la drogue en leur possession.

Pas de crise à Québec

Après une vague de surdose en 2015, un seul décès lié au fentanyl a été confirmé dans la région de Québec en 2017. La capitale n'est donc pas en situation de crise, mais la Direction régionale de la santé publique ne veut rien laisser au hasard.

« Le fentanyl, on peut le retrouver vraiment partout, même dans des drogues qui ne sont pas des drogues opiacées au départ, ça va toucher beaucoup plus de monde à ce moment-là », indique Valérie Richer, l'infirmière clinicienne qui coordonne les formations sur la naloxone offertes par la santé publique.

Pour l'instant, aucun intervenant de la région de Québec n'a eu à utiliser la naloxone reçu lors de la formation pour intervenir auprès d'une personne en surdose.

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