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30g de cannabis séché

Une quantité de cannabis séché représentant la limite de 30 g que les consommateurs seront autorisés à posséder en public.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Je pense qu'on n'est pas prêts. » Voilà comment réagit le nouveau maire de Terrebonne, Marc-André Plante, à la légalisation prochaine du cannabis. « Ce matin, mon chef de police m'a dit : "On n'est pas prêts. Nos policiers ne sont pas formés et ne disposent pas à ce moment-ci des équipements nécessaires." »

Un texte de Francis Labbé

« Dans ma ville, poursuit Marc-André Plante, vous ne pouvez pas être dans la rue et prendre une bière [...] ce qui va nous amener, nous les municipalités, à réglementer davantage, pour nous assurer que, dans les parcs et les espaces verts, on ne se retrouve pas avec des fumeurs de cannabis et des jeunes enfants qui s'amusent dans les jeux d'eau. »

Le maire de Terrebonne s'exprimait ainsi au micro d'Annie Desrochers, animatrice de l'émission Le 15-18, à ICI Radio-Canada Première. Il joint sa voix à celles et ceux qui demandent un délai plus long dans l'application de la légalisation du cannabis au Québec.

Marc-André Plante en entretien avec Annie Desrochers, animatrice de l'émission Le 15-18, à ICI Radio-Canada Première.

Marc-André Plante en entretien avec Annie Desrochers, animatrice de l'émission Le 15-18, à Ici Radio-Canada Première.

Photo : Radio-Canada / Francis Labbé

« Il y a une période de temps qui est importante, insiste M. Plante. Notamment pour les chauffards qui ont fumé du cannabis. Comment fait-on pour détecter qu'une personne a, ou non, fumé du cannabis? Nos policiers vont être confrontés à ça. »

Travail et taxes

Le maire de Terrebonne soulève d'autres questions pour lesquelles il n'a encore aucune réponse.

« Que faisons-nous, demain matin, si un col bleu qui a une pause décide de prendre un café et de fumer du cannabis? Comment allons-nous encadrer ça sur le plan légal et des lois du travail, dans une ville comme Terrebonne, avec 1100 employés? »

Encore une fois, c'est la taxe foncière, qui est déjà surutilisée, qui va financer des orientations provinciales et fédérales pour lesquelles 100 % des revenus vont rester dans les poches des gouvernements centraux, alors que les dépenses, elles, seront faites par les gouvernements locaux.

Marc-André Plante, maire de Terrebonne

UMQ

Ce questionnement résonne également dans les bureaux de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), à Montréal. Dans un communiqué envoyé le 16 novembre dernier, on écrit que « la légalisation du cannabis entraînera des coûts additionnels pour les municipalités, entre autres pour faire respecter les règles de consommation dans les lieux publics et pour la formation des policiers et des fonctionnaires municipaux ».

L'UMQ compte bien soulever ces questions lors des audiences en commission parlementaire sur le projet de loi 157, qui devraient se tenir à Québec dans les prochaines semaines. Son président, Alexandre Cusson, espère que Québec reconnaîtra les pouvoirs des municipalités en matière d'aménagement du territoire.

« Dans quelles zones, par exemple, ce sera permis d’exploiter ces comptoirs ou les magasins de cette nouvelle société d’État là? » demande M. Cusson.

« On le sait qu'actuellement, les sociétés d'État ne sont pas tenues de se conformer aux règlements de zonage des villes. Pour nous, le respect de cette compétence-là est extrêmement important », ajoute M. Cusson.

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