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Des mesures d’urgence réclamées d'Ottawa pour sauver la presse écrite

Des journaux sur une table
De nombreuses personnalités demandent à Ottawa de mettre un terme à l'incertitude dans le secteur de la presse écrite. Photo: iStock / iStock
Radio-Canada

« Il faut stopper l'hémorragie » dans la presse écrite, exhortent la CSN et la Fédération nationale des communications (FNC-CSN) appuyées par un groupe de personnalités et d'organisations québécoises.

Un texte de Julien McEvoy

Dans une lettre ouverte publiée lundi matin dans les médias, les cosignataires vont du patron de presse et entrepreneur Alexandre Taillefer au Conseil du patronat, en passant par l'économiste Jean-Martin Aussant, l'Union des artistes et le conteur Fred Pellerin.

Vincent Marissal, ex-chroniqueur de La Presse aujourd’hui directeur de l’agence TACT Intelligence-conseil, agit comme lobbyiste pour la CSN dans ce dossier. « Je suis fier des appuis que nous avons obtenus en peu de temps, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse tenue un peu plus tard. On appelle maintenant les citoyens à participer ».

Tirant la sonnette d’alarme quant à l’« état pitoyable » des médias imprimés, M. Marissal était accompagné de Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), de Jacques Létourneau, président de la CSN, et de Louis Tremblay, président du syndicat des communications du Quotidien.

Le message? Que la situation ne peut plus durer. Qu’un pan entier de la démocratie est en péril. Qu’il est temps d’agir, car on ne peut pas laisser les médias de la presse écrite aller vers d’autres fermetures, d’autres pertes d’emplois. Qu’il faut freiner les rondes de compression car il s’agit de préserver le droit à l’information des citoyens.

Les demandes? D’abord, qu’Ottawa implante des crédits d’impôt sur la masse salariale, à l’instar de ce que fait Québec dans le secteur des jeux vidéo, mesure elle-même critiquée. Ensuite, que les géants comme Google et Facebook soient assujettis aux mêmes obligations fiscales que les fournisseurs canadiens.

« Le financement de la presse écrite ne fonctionne plus, décrit Mme St-Onge. De nombreuses entreprises reçoivent par exemple des subventions pour se moderniser, pour l’achat de matériel, alors que les médias écrits ne reçoivent rien. C’est incompréhensible. »

Vaste campagne pancanadienne

« Ne rien faire reviendrait à remettre les clés de notre démocratie entre les mains des géants américains », écrivent les signataires de la lettre ouverte.

Ces géants sont bien sûr Google et Facebook, deux entreprises qui « utilisent les contenus produits à grands frais par les journaux tout en vampirisant leurs indispensables revenus publicitaires ».

On estime qu’entre 2009 et 2015, 43 % des emplois du secteur ont été perdus. Rien ne semble indiquer que cette saignée sera stoppée.

Le gouvernement canadien est à genoux devant les entreprises de la Silicon Valley, ce qui est inacceptable pour la population canadienne. La direction du gouvernement actuel va détruire des décennies d’efforts de politiques culturelles.

Pascale St-Onge, présidente de la FNC-CSN

La campagne lancée aujourd’hui vise donc directement le gouvernement Trudeau. Les citoyens sont eux aussi interpellés : on leur demande de signer une lettre qui sera ultérieurement présentée aux représentants du gouvernement Trudeau.

« Si la catastrophe que l’on craint se produit, conclut Pascale St-Onge, ce sera à l’État de porter le poids de la situation ».

Société