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Kanak : le chien policier à la rescousse des enfants

Kanak est le premier chien au Québec à être utilisé comme chien de compassion auprès des enfants impliqués dans des enquêtes de la police.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les corps policiers doivent souvent gérer des dossiers délicats, en particulier lorsque les crimes allégués impliquent des enfants. Le Service de police de Sherbrooke, avec la collaboration de la Fondation MIRA, a créé un concept qui s'apparente à la zoothérapie pour accompagner les enfants dans le processus judiciaire. Après un an seulement, l'idée fait son chemin et intéresse même des corps policiers en Europe.

Un texte de Pascal Robidas

Kanak n'est pas un chien policier comme les autres. Il est le premier au Québec à avoir reçu une mission très particulière : devenir un chien de compassion.

Aux côtés de la sergente-détective Mélanie Bédard de la police de Sherbrooke, il est appelé à participer à des enquêtes impliquant des enfants qui ont subi des abus physiques, psychologiques et sexuels.

C'est inimaginable comment on demande des affaires à des tout-petits, de faire comme des adultes. Donc, c'est un gros toutou vivant qui les aide à passer à travers le processus.

Mélanie Bédard, sergente-détective au Service de police de Sherbrooke

Mélanie Bédard est spécialisée dans les dossiers d'enfants. C'est la première au Québec à avoir eu l'idée de proposer à ses patrons cette façon d'humaniser le travail aride des enquêteurs

« Les enquêteurs qui travaillent avec Kanak me le disent : « Je suis convaincu d'avoir eu davantage de détails sur l'agression parce que ça empêche l'enfant de se refermer sur lui-même. Ce n'est pas rare qu'on va voir un enfant se coucher sur lui... Pleurer. Au moins, ça lui permet de l'aider à gérer ses émotions », affirme la policière.

Une demande en croissance

Des chiots au chenil de la Fondation Mira.

Des chiots au chenil de la Fondation Mira.

Photo : Radio-Canada

C'est au chenil de la Fondation MIRA que Kanak est venu au monde. Il a été élevé selon les mêmes critères que les autres chiens accompagnateurs.

Un psychologue a répondu à la demande du Service de police de Sherbrooke. Noël Champagne, qui a travaillé durant plusieurs années avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), a adoré le concept.

On est allé chercher de la salive dans la bouche des enfants et des mamans pour y extraire du cortisol, qui est l'hormone de l'anxiété et du stress chez l'humain. Et lorsqu'on est en présence de l'animal, notre stress est diminué.

Noël Champagne, psychologue et directeur de la recherche à la Fondation MIRA

L'initiative se répand à tel point que six corps policiers sont inscrits sur une liste d'attente pour adopter leur propre animal :

  • Service de police de la Ville de Montréal
  • Service de police de l'agglomération de Longueuil
  • Police de Ville Saguenay
  • Police de Terrebonne
  • Police de Châteauguay
  • Police de Bruxelles (Belgique)

Pour répondre aux exigences des enquêteurs, ils seront rigoureusement entraînés jusqu'à l'âge d'un an.

« On va évaluer notre animal sur une quinzaine de variables. Entre autres les peurs, la gourmandise, l'agressivité, son niveau d'activité, etc. », explique le psychologue de la Fondation MIRA.

Maintenant âgé de 3 ans, Kanak est sans le savoir un précurseur dans les enquêtes policières. D'ici les prochains mois, lui et ses compères joueront un rôle crucial : apporter un peu d'espoir à de jeunes enfants victimes de traumatismes.

Pour joindre Pascal Robidas: 514-895-0158 ou pascal.robidas@radio-canada.ca

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