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La défection américaine jette un voile sombre sur la COP23

L'artiste danois Jens Galschiot a créé une réplique de la statue de la Liberté avec une torche qui émet de la fumée pour dénoncer le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris. La statue a été placée dans le parc Rheinaue, aux abords de la COP23 à Bonn.

L'artiste danois Jens Galschiot a créé une réplique de la statue de la Liberté avec une torche qui émet de la fumée pour dénoncer le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris. La statue a été placée dans le parc Rheinaue, aux abords de la COP23 à Bonn.

Photo : PATRIK STOLLARZ

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La 23e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP23), qui s'est conclue vendredi à Bonn, en Allemagne, devait paver la voie à des propositions pour mettre en œuvre l'Accord de Paris contre le réchauffement de la planète. Mais le retrait des États-Unis de cet accord a assombri les négociations.

L’Accord de Paris doit en théorie s’appliquer à partir de 2020.

Vendredi soir, les négociateurs des divers pays présents, dont ceux de la délégation américaine, devaient se pencher sur des propositions pour déterminer, entre autres, comment les pays rendront compte de leurs actions, ou encore pour faire le suivi de l’aide financière promise par les pays riches.

Mais après deux semaines de discussions, rien n’est encore tranché sur le fond. Ce sera le rôle de la prochaine grande rencontre, la COP24, qui est prévue en décembre 2018 en Pologne.

« Et ça ne va pas être une mince affaire (...) car on s'attendait à beaucoup plus de progrès [à Bonn] », souligne le directeur du programme climat à l'Institut du développement durable et des relations internationales, David Levai.

Il relève par ailleurs le « manque cruel de leadership » au cours de ces 15 jours.

Selon le ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot, 2018 sera « le moment de vérité ».

Les pays participants se sont mis d'accord pour lancer, à partir de janvier, un processus de « dialogue » d'un an pour évaluer le chemin qu'il faut accomplir si le monde souhaite véritablement rester sous la barre des 2 degrés Celsius de réchauffement, comme le spécifie l'accord de Paris.

Il s'agira alors de produire « un bilan des efforts collectifs » qui ont été menés jusqu'à maintenant pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre.

Urgence climatique

Les délégués de près de 200 pays présents à la COP23 devaient aussi boucler l’événement sur un engagement à poursuivre en 2018 un « dialogue » spécial pendant un an.

L’objectif est de pousser les pays à rehausser leurs promesses de réduction des gaz à effet de serre d’ici 2020.

Selon l'ONU, les engagements actuels des pays couvrent à peine un tiers des réductions de gaz à effet de serre nécessaires.

En 2017, une année marquée par d’importantes catastrophes naturelles, les émissions de CO2 attribuées aux énergies fossiles, comme le charbon, le gaz et le pétrole, ont mis les scientifiques sur un pied d’alerte. Elles sont en hausse, après trois ans de stabilité relative.

Un climat morose

Les responsables gouvernementaux ont réitéré leur engagement climatique.

Mais « c’est comme si le cœur n’y était pas [parmi les délégations] », a noté le chef du groupe des pays africains, Seyni Nafo.

Avec la sortie de Trump, les étoiles ne sont pas très alignées. La position des États-Unis a une influence sur les pays développés et cela a des conséquences sur le positionnement des grands pays en développement. Il y a comme un attentisme, chacun s'observe.

Une citation de : Seyni Nafo, chef du groupe des pays africains

« Je n'ai jamais vu une COP avec un taux d'adrénaline aussi bas », relevait un diplomate européen.

L'Alliance des petites îles (AOSIS) a publié une déclaration vendredi dans laquelle elle exprime sa « profonde préoccupation quant au rythme des efforts internationaux ».

Quant au Maldivien Thoriq Ibrahim, il a déclaré : « L'Accord de Paris est un succès diplomatique historique, mais il restera simplement des mots sur du papier si le monde échoue à agir suffisamment pour sauver des îles entières. »

Frictions et divisions

Des divisions entre les pays développés et les pays en développement ont refait surface durant la conférence à Bonn.

Les pays pauvres reprochent aux pays riches de ne pas en faire plus pour réduire leurs émissions avant 2020.

Les pays riches sont aussi encore loin d’atteindre les 100 milliards de dollars annuels qu'ils ont promis aux pays émergents pour soutenir leurs politiques climatiques.

L’ombre persistante des États-Unis

À Bonn, l’administration de Donald Trump a confirmé son intention de se retirer de l’Accord de Paris.

Elle a aussi annoncé qu'elle ne verserait pas les fonds promis par Barack Obama, notamment 2 milliards de dollars destinés au Fonds vert de l'ONU.

En marge des négociations en Allemagne, Washington a aussi tenu une rencontre pour faire valoir le rôle des énergies fossiles.

Une vingtaine de pays ont répondu à cette initiative avec une alliance anticharbon, dont fait partie le Canada.

La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, qui est à l’origine du projet avec son homologue britannique Claire Perry, n'a toutefois pas su rallier les plus grands pollueurs de la planète.

Prochaine étape : un sommet organisé le 12 décembre à Paris, pour notamment maintenir la dynamique et avancer sur la question du financement des politiques climatiques.

Avec les informations de Agence France-Presse

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