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Le dendroctone du pin maintenant une menace pour l’industrie forestière albertaine

Gros plan sur le corps du dendroctone du pin, un coléoptère qui cause des ravages dans les forêts de l'ouest canadien.

Le dendroctone du pin

Photo : Ministère des Forêt de la Colombie-Britannique / Ward Strong

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ils sont petits, mais voraces. Les dendroctones du pin continuent de décimer les forêts du Parc national Jasper, et leur appétit pourrait avoir de graves répercussions sur l'industrie forestière de la région, préviennent les chercheurs.

La larve du dendoctrone fragilise et assèche les pins dont elle se nourrit. Lorsque l’infestation progresse, les forêts deviennent plus inflammables.

L’explosion du nombre d’insectes rapportée par des travailleurs de l’industrie préoccupe Allan Carroll, directeur du Département des sciences de la foresterie à l’Université de la Colombie-Britannique.

M. Caroll, qui a étudié le petit coléoptère dans le cadre de ses travaux universitaires, croit que les autorités fédérales et municipales auraient pu en faire plus au cours des dernières années pour limiter l’infestation.

« Ils ont décidé de considérer les dendroctones comme des ''agents de perturbations naturelles'', explique-t-il. En d’autres mots, la municipalité n’avait pas l’intention de faire grand-chose là-dessus. »

C’est quoi ça, des « perturbations naturelles » ?

Ressources naturelles Canada définit les perturbations naturelles comme des « éléments essentiels à la santé et au renouvellement des forêts [puisqu’elles] déterminent la composition, la structure et la diversité des habitats de la forêt ». Généralement inévitables, elles ont aussi tendance à varier en gravité, en étendue et en fréquence.

Des exemples? La sécheresse, les inondations, les tempêtes de vent et les infestations d’insectes. Même le feu est un agent de perturbation naturel, puisqu’il libère les nutriments du sol. À noter que les perturbations naturelles sont aussi sujettes aux grands bouleversements comme le réchauffement climatique, qui peut accroître leurs conséquences.

Par voie de communiqué, Parcs Canada indique avoir mis en place une stratégie en 2015 pour combattre l’insecte. Des mesures ont ainsi été implantées pour permettre le retrait des arbres infectés dans le parc.

La réponse de l’agence fédérale n’a pas convaincu Alan Caroll. « C’est trop peu, trop tard », soutient-il.

Juste le fait d’avoir tardé à mettre en place un plan de gestion a nui à toute possibilité d’obtenir des résultats efficaces.

Une citation de : Allan Carroll, directeur du Département des sciences de la foresterie à l’Université de la Colombie-Britannique
Une larve blanche et un insecte sur un tronc d'arbre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le dendroctone a causé des pertes énormes pour l'industrie forestière.

Photo : Radio-Canada/La semaine verte

Ils s’adaptent

La forestière West Fraser Timber gère un terrain d’environ 13 000 kilomètres carrés le long de la limite est du parc, en plus d’exploiter une grande usine dans la ville de Hinton, qui est située à proximité.

L'entreprise a dû se débarrasser d’environs 40 000 arbres infestés par des insectes l'année dernière, et le nombre d’arbres touchés continue de croître à une vitesse fulgurante.

« Selon des estimations, il y aurait environ un demi-million d’arbres infectés dans ce secteur », raconte Richard Briand, directeur chez West Fraser Timber.

Pendant des années, les forêts avoisinant le parc ont réussi à échapper aux pires infestations de dendroctones recensées en Colombie-Britannique et dans le sud et le nord de l'Alberta. Le froid avait jusque-là tenu ces insectes à l'écart.

La forêt près de JasperAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La forêt près de Jasper a été dévastée par le dendroctone du pin, qui arrive à se propager dans la province grâce aux hivers plus doux.

Photo : CBC

Or, dans le nord de l’Alberta, les insectes ont appris à éviter les températures glaciales des sommets en volant à travers le versant est des Rocheuses, où les montagnes sont plus basses. Dans le sud de la province, c’est plutôt les températures plus clémentes qui ont encouragé la prolifération des bestioles.

Les hivers doux des dernières années auront été la brèche permettant aux dendroctones d’infiltrer pour de bon les forêts de Jasper.

« L'épidémie est probablement au-delà d'une situation contrôlable », affirme pour sa part Mike Underschulz, entomologiste au ministère des Forêts de l’Alberta. « La zone autour de Hinton est source de grandes préoccupations », ajoute-t-il.

M. Underschulz croit que la propagation des insectes et les ravages subséquents en Alberta étaient inévitables.

Quand j’ai vu la mer de rouge [la couleur que prennent les arbres infectés] en provenance de la Colombie-Britannique il y a cinq ans, je savais que ce n'était qu'une question de temps.

Une citation de : Mike Underschulz, entomologiste, ministère des Forêts de l’Alberta

« À certains moments dans les dernières années, Jasper aurait peut-être pu mettre en place un programme de contrôle plus agressif; mais en y repensant, ça n'aurait rien donné », reconnaît-il toutefois.

Des coûts importants

En attendant, les travailleurs de West Fraser Timber et les habitants de Hinton doivent se résoudre à vivre avec des forêts complètement infestées.

Richard Briand confirme que son entreprise a déjà géré des crises en lien avec la présence de dendroctones par le passé. « Les plans de récolte seront ajustés afin que les peuplements les plus vulnérables soient récupérés en premier. Les opérations de reboisement devront être revues à la hausse. Ce plan de sauvetage va durer plusieurs années », avance-t-il.

Ça va ajouter des coûts à nos opérations. [Mais si] on l’échappe, il va y avoir des impacts négatifs sur la disponibilité du bois dans une vingtaine d'années.

Une citation de : Richard Briand, directeur chez West Fraser Timber

Le maire de Hinton, Marcel Michaels, indique que près de 650 personnes travaillent dans l’usine de West Fraser Timber.

C’est l’employeur le plus important de sa ville. En plus des préoccupations liées à l’emploi, le maire Michaels s’inquiète des risques de feux de forêt maintenant que sa communauté est entourée de milliers d'arbres morts.

Pour faire face à la crise, le conseil municipal a créé un comité consultatif réunissant des représentants municipaux, des représentants de l'industrie et des scientifiques.

« Nous ne pouvons pas accepter de ne rien faire. En ce moment, nous ne faisons que lancer des fléchettes sur la cible, sans jamais l’atteindre », conclut-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

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