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Riyad monnaye la libération des personnes arrêtées pour corruption

Le prince héritier Mohammed ben Salmane
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane Photo: Reuters / Charles Platiau
Reuters

Les autorités saoudiennes concluent des accords avec certaines personnes arrêtées lors d'une vaste opération anticorruption au début du mois, leur demandant de remettre des avoirs et de l'argent en échange de leur libération, rapportent des sources au fait du dossier.

Des dizaines de princes, hauts responsables et hommes d'affaires saoudiens, dont plusieurs ministres en exercice, ont été interpellés début novembre à la demande d'un nouvel organe de lutte contre la corruption. L'opération est également considérée comme un moyen pour le prince héritier Mohamed ben Salmane de consolider son pouvoir.

Un homme d'affaires ayant signé un accord avec les autorités s'est ainsi vu retirer plusieurs millions de dollars (des dizaines de millions de rials) de son compte bancaire.

Un ancien haut responsable a consenti à céder la propriété de titres pour un montant de 1,4 milliard de dollars (quatre milliards de rials).

Après avoir gelé les comptes bancaires des individus visés, le gouvernement saoudien a donné cette semaine des instructions visant à exproprier ou à saisir les avoirs des personnes mises en cause, selon une des sources interrogées.

Riyad n'a pas fait de commentaires dans l'immédiat et les sources ont souhaité rester anonymes en raison du caractère confidentiel de ces accords.

Reuters n'a pas pu vérifier une information du Financial Times selon laquelle dans certains cas, le gouvernement cherche à s'approprier jusqu'à 70 % du patrimoine des personnes arrêtées.

D'après une autre source, les autorités considéreront que les personnes disposées à restituer leurs « gains mal acquis » auront fini de purger leur peine à l'hôtel Ritz Carlton, où elles sont détenues.

Les autorités saoudiennes bénéficient de l'aide d'experts internationaux, d'enquêteurs et de personnes habituées à retracer l'origine d'actifs.

Elles ont interrogé 208 personnes dans le cadre de leur enquête anticorruption et évaluent le préjudice de cette corruption à 128 milliards de dollars, a déclaré la semaine dernière un responsable saoudien.

Parmi les personnes arrêtées figurent notamment le prince et milliardaire Al-Walid ben Talal, président de la société d'investissements Kingdom Holding, ou l'homme d'affaires Mohammad Al-Amoudi, dont la fortune est estimée par Forbes à 13,3 milliards de dollars.

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