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Une première frayère de touladis découverte dans le lac Témiscouata

Recherche d'oeufs de touladis au lac Témiscouata
Radio-Canada

Le projet de recherche qui vise à comprendre pourquoi les touladis, ou truites grises, peinent à se reproduire naturellement dans le lac Témiscouata vient de franchir une nouvelle étape, avec la découverte d'une première frayère.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

L’an dernier, des chercheurs du ministère québécois de la Faune avaient capturé 15 touladis, auxquels ils avaient implanté un émetteur pour pouvoir suivre leurs déplacements dans le lac.

Un an plus tard, l’étude de ces déplacements a permis d’identifier une première frayère potentielle, près de la montagne du Fourneau. Au début novembre, deux plongeurs ont longé la berge sur 325 mètres pour confirmer la présence d’œufs.

Des plongeurs sont à l'oeuvre près de la montagne du Fourneau, dans le lac Témiscouata.Des plongeurs sont à l'oeuvre près de la montagne du Fourneau, dans le lac Témiscouata. Photo : Radio-Canada / Benoit Bélanger

L'identification de cette frayère, et les conditions qui y sont observées pourraient expliquer pourquoi les milliers de touladis en âge de se reproduire qui vivent dans ce lac donnent naissance à très peu de petits. Faute de naissances suffisantes, Québec doit ensemencer le lac de 13 000 touladis tous les deux ans pour assurer le maintien de l’espèce.

On a bonne population de géniteurs. On a de gros poissons aptes à se reproduire dans ce lac-là, mais par contre, le recrutement naturel fait défaut.

Anne-Marie Pelletier, biologiste au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs

Les frayères en mauvais état?

Les plongeurs ont trouvé des œufs à des endroits où les roches semblaient « propres » et assez exemptes d’algues ou de dépôts, explique le plongeur scientifique François Hazel. Par contre, une partie du secteur ciblé par les chercheurs n'était pas propice à la survie des oeufs, parce qu'elle est couverte de sable et de périphyton [un mélange d'algues, de bactéries et de champignons].

« Ça réduit les espaces où les œufs peuvent se cacher. Ça va étouffer l'œuf aussi [...] S'il y a trop de sable autour, il n'y aura plus d'oxygène, et les œufs vont mourir », explique Anne-Marie Pelletier, biologiste au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs.

Davantage de recherches seront nécessaires pour identifier les causes de cet ensablement. Parmi les hypothèses, l'action de l'homme pourrait être en partie en cause, croit Anne-Marie Pelletier. Par exemple, la déforestation apporte probablement davantage de sédiments dans le lac et le barrage d'Hydro-Québec pourrait avoir changé les mouvements des masses d'eau.

Un oeuf de truite grise au fond du lac TémiscouataUn oeuf de truite grise au fond du lac Témiscouata Photo : Radio-Canada / Courtoisie : François Hazel / Enviro-Mer

La santé du lac Témiscouata en jeu

Les chercheurs veulent surtout déterminer s’il est possible d’améliorer ou d’aménager les habitats du touladi pour favoriser leur reproduction naturelle.

Ils insistent pour dire que ce projet, débuté en 2015, aura des impacts beaucoup plus larges. « Ce n'est pas juste pour les poissons. On ne veut pas tout le temps mettre un pansement sur le bobo un peu comme on le fait avec des ensemencements. On voit qu'on a quand même une problématique au niveau de la santé du lac, des habitats », soutient Anne-Marie Pelletier.

Anne-Marie Pelletier, biologiste au ministère de la Forêt, de la Faune et des ParcsAnne-Marie Pelletier, biologiste au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs Photo : Radio-Canada / Benoit Bélanger

En travaillant sur le touladi, on va travailler sur les habitats, ce qui va faire en sorte d'améliorer la qualité du lac, et d'améliorer la qualité pour toutes les espèces qui sont présentes.

Anne-Marie Pelletier, biologiste au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs

Le projet de recherche doit se poursuivre pendant environ deux ou trois ans. Les chercheurs comptent notamment implanter des émetteurs sur des poissons dans d’autres secteurs du lac pour tenter de trouver d’autres frayères.

Bas-Saint-Laurent

Faune marine