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  • La croisade de Virginie Larivière contre la violence à la télévision

    Téléjournal, 18 novembre 1992

    Il y a 25 ans, Virginie Larivière déposait une pétition au Parlement canadien. La jeune fille de 14 ans était parvenue à recueillir plus d'un million de signatures demandant au gouvernement de légiférer contre la violence à la télévision. À l'origine de sa croisade : le meurtre crapuleux de sa petite sœur.

    Quelques mois plus tôt, le 7 mars 1992, la vie de Virginie Larivière a basculé. Sa jeune sœur de 11 ans, Marie-Ève Larivière, a été violée et assassinée alors qu’elle était sortie acheter un pain en soirée. Son corps est retrouvé le lendemain, abandonné près de la voie ferrée longeant le boulevard Saint-Martin, à Laval. L’affaire n’est jamais résolue.

    Peu de temps après le décès de sa sœur, Virginie Larivière décide de vivre sa peine autrement. C’est ainsi qu’elle devient militante contre la violence à la télévision. Rapidement, sa cause attire la sympathie. Elle reçoit de nombreux témoignages et lettres d’appui. Pour sa pétition qui s’adresse au gouvernement fédéral, elle vise 1 million de signatures. Elle en amassera 1 283 453.

    Au Téléjournal du 18 novembre 1992, le journaliste Daniel Lessard suit la jeune fille déterminée jusqu’au Parlement, à Ottawa. Elle s’y prend par deux fois pour convaincre le gouvernement fédéral d’adopter une loi pour limiter la violence à la télévision.

    Elle dépose d’abord les 21 caisses de la pétition dans le bureau du ministre des Communications, Perrin Beatty. Celui-ci défend qu’il revient aux radiodiffuseurs de s’entendre sur un nouveau code d’éthique contre la violence.

    Elle interpelle aussi le premier ministre Brian Mulroney qui accepte de signer sa pétition. Alors que devant la presse, il s’engage mollement à faire pression sur les diffuseurs, elle ne démord pas : « Faut pas juste insister, il faut passer une loi ».

    L’aboutissement de la campagne contre la violence à la télévision

    La pétition de Virginie Larivière n’aura pas fait changer la loi, mais sa requête sera prise en compte par les télédiffuseurs. Cinq ans plus tard, les chaînes francophones s’entendent pour appliquer un code d’évaluation du niveau de violence des émissions. Dorénavant, une vignette apparaît au bas de l’écran indiquant l’âge recommandé pour chaque émission.

    Le 8 octobre 1997, l’animateur Pierre Craig reçoit Virginie Larivière sur le plateau du bulletin de nouvelles Le Midi. Il souhaite recueillir ses commentaires quelques jours après l’entrée en vigueur de cette politique. La jeune femme se dit déçue de la mesure qui ne fait que suggérer un âge, sans le contrôler. Elle fait un rapprochement avec le cinéma, où la carte d’identité est exigée pour les films s’adressant à un public plus âgé. « Ce n’est pas la solution que j’attendais », résumera-t-elle.

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