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Un nouveau programme de nutrition dans les écoles francophones à Vancouver

Gravelbourg Still standing

Radio-Canada

Lorsqu'on demande à Hudson, 11 ans, ce qu'il préfère manger, entre des frites et du chou, il n'hésite pas une seconde : « Une salade de chou kale. » Une réponse moins surprenante qu'il n'y paraît. Depuis deux mois, il suit à l'École Rose-des-vents les cours de cuisine donnés par la nutritionniste Caroline Dailly.

Un texte d'Alexis Gacon

Caroline Dailly travaillait auparavant à l’accueil de réfugiés. Il y a deux ans, elle s’est reconvertie dans la nutrition. Avec le programme « Graines de chef », elle propose des ateliers aux enfants dès l’âge de cinq ans, dans les services de garde et les écoles francophones.

La nutritionniste Caroline DaillyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La nutritionniste Caroline Dailly

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

45 minutes pour réussir son plat

La dizaine de cuisiniers en herbe qui s’empresse de s’installer aux comptoirs de cuisine aménagés sur les bureaux d’école, s’apprête à découvrir un nouveau mets à cuisiner. Chaque semaine, le plat est différent. « Aujourd’hui, c’est un parfait aux graines de chia, à la noix de coco et au chocolat », lance Caroline Dailly aux enfants, visiblement ravis.

Avec une recette à réaliser en 45 minutes, le temps file. Caroline Dailly s’adapte à son public. Elle ne peut aborder des questions de nutrition trop complexes avec de si jeunes enfants, mais elle prend tout de même le temps d’expliquer les vertus nourrissantes des graines de chia, alors que les élèves découvrent les ingrédients du jour.

Les enfants semblent circonspects devant les saladiers, remplis de lait d’amande et de chia. « Ce n’est pas une soupe! En anglais, on dirait pudding, en français, on peut dire entremets », précise Caroline Dailly, le fouet dans une main, le saladier dans l’autre. Et les yeux sur les enfants qui empilent des cartons de lait.

Alors que l’heure avance, elle aide ceux qui ont un peu de retard dans leur plat, pour que chacun reparte avec un mets à déguster à la maison.

Apprendre à cuisiner en français

Selon Caroline Dailly, le besoin était criant pour une formation de ce type en français.

« L’idée est qu’ils apprennent à bien manger dès le début », indique Mme Dailly. Elle compte ainsi influer sur les habitudes alimentaires des enfants, luttant pour qu’ils abandonnent les aliments trop sucrés. » C’est difficile de changer le contenu d’une boîte à lunch, car les habitudes sont tenaces », concède-t-elle.

Une enfant écoute les consignes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les enfants participent à l'atelier de Caroline Dailly.

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

La plupart des ingrédients des recettes de Caroline Dailly sont biologiques. « Je prends des produits le moins transformés possible », explique-t-elle. Les ateliers de Caroline Dailly sont payants.

Pour Thomas, 5 ans, l’objectif d’une bonne alimentation est clair. « Devenir fort et intelligent », explique-t-il, déterminé.

Un succès grandissant

Julien Corre-Gomez, le directeur du service de garde Les Copains, adossé à l’École Rose-des-vents, explique que ce programme est une aubaine pour son établissement : « Caroline avait carte blanche. On tenait à apporter des produits bio, une qualité optimale pour les enfants. » Les ateliers de cuisine de Caroline Dailly sont payants.

Originaire de la France, Caroline Dailly dit avoir puisé de son pays d’origine l’amour des bons produits, associée à une passion sans borne pour la cuisine. Mais les recettes qu’elle propose aux enfants, elle les a apprises ici, en Colombie-Britannique.

Deux mois seulement après avoir lancé ses ateliers, quatre écoles déjà accueillent ses cours, qui l’occupent trois soirs par semaine, et plusieurs autres établissements sont intéressés. « À ce rythme-là, il va falloir que j’embauche », dit-elle, surprise de ce rapide succès. « Cela serait chouette que toutes les écoles de Colombie-Britannique puissent proposer un programme comme le mien. »

Un objectif qu’elle garde en tête. Mais ce n’est pas le seul. Elle aimerait pouvoir proposer ses ateliers aux personnes qui travaillent dans les secteurs humanitaires, notamment l’accueil des réfugiés. « Ce sont des gens qui travaillent tellement, mais qui n’ont pas de temps pour eux », dit-elle.

Après avoir maîtrisé le parfait chocolat, à la noix de coco et aux graines de chia, la semaine prochaine les élèves s’attaqueront aux craquelins. Pour Hudson, il faudra attendre encore un peu le retour du chou frisé.

Colombie-Britannique et Yukon

Éducation