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Le monde brassicole gaspésien ébranlé par la vente du Trou du diable

Usine de Pit Caribou

Usine de Pit Caribou

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La vente de la microbrasserie le Trou du diable au géant Molson Coors a créé une onde de choc jusqu'en Gaspésie. Les brasseurs indépendants craignent que les géants de la bière acquièrent d'autres microbrasseries au cours des prochains mois.

Un texte Joane Bérubé avec la collaboration de Martin Toulgoat

Les microbrasseries de la Gaspésie estiment que cette transaction fait mal à l'industrie brassicole indépendante qui perd des parts de marché difficilement acquises.

Avant cette transaction, la part de marché des quelque 150 microbrasseries était d'environ 10 % au Québec. La vente de la microbrasserie le Trou du diable, l'une des plus importantes, marque un important recul.

Roch Côté de la Brasserie Pit Caribou

Roch Côté de la Brasserie Pit Caribou

Photo : Radio-Canada

Cette transaction reflète toutefois une triste réalité. Les microbrasseries indépendantes demeurent vulnérables vis-à-vis les multinationales de la bière.

Le directeur des opérations et des ventes des bières Pit Caribou, Roch Côté, croit que les prochains mois seront stressants pour tout le monde. « Est-ce qu'il y en a d'autres qui vont faire le move? Est-ce que Labatt va réagir à ça en faisant l'achat d'une autre micro? » se demande M. Côté.

Le Trou du diable était aussi un symbole pour plusieurs entrepreneurs. Propriétaire de la Brasserie Auval, Benoît Couillard y voyait un bel exemple de réussite qui avait fait revivre une ville et fait travailler des gens tout en créant une fierté locale autour d’une bière artisanale.

Cet appétit des multinationales de la bière démontre que l’innovation est de moins en moins l’apanage des grands du commerce, selon l’expert en marketing, Jacques Nantel, professeur aux HEC de Montréal. « On préfère, observe M. Nantel, laisser ça à des entreprises qui sont plus innovatrices, plus flexibles et par la suite regarder celles qui ont un peu trouvé la formule magique et ensuite de ça, les racheter. »

Les plus petits brasseurs devront se positionner pour conserver leur clientèle puisque l'importante capacité de production de Molson Coors pourrait entraîner une chute de prix des bières Trou du diable.

Benoit Couillard de la Brasserie Auval

Benoit Couillard de la Brasserie Auval

Photo : Radio-Canada

Le propriétaire de la Brasserie Auval de Val-d’Espoir évoque la possibilité d’une certification qui pourrait être adoptée par les brasseries indépendantes. « Mais je pense que juste d'en parler, pour que les gens soient au courant de ce qu'ils achètent quand ils achètent une bière », souligne Benoît Couillard.

Si les recettes originales des bières Trou du diable sont maintenues et que la production peut encore techniquement s'appeler microbrasserie, pour les amateurs et les plus petits brasseurs, verser ses profits à une multinationale ne représente plus les valeurs fondamentales des microbrasseries indépendantes.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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