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Les Premières Nations du nord de l’Ontario prennent leur système de santé en main

Une petite fille joue dans un tipi dans la forêt près d'Attawapiskat.

Une petite fille joue dans un tipi dans la forêt près d'Attawapiskat.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Suicides, problèmes de santé mentale, diabète... les communautés de la Nation Nishnawbe Aski (NAN) vivent de crise en crise depuis des décennies. Les 49 Premières Nations comptent maintenant réformer leur système de santé, en travaillant avec les gouvernements provincial et fédéral.

Un texte de Jean-Loup Doudard

À Attawapiskat, environ 300 personnes souffrent de diabète, d’après le chef Ignace Gull. La communauté compte 2100 habitants.

La santé mentale, c’est un gros problème aussi. Même les tentatives de suicide, on doit s’en occuper nous-mêmes.

Ignace Gull, chef de la Première Nation d'Attawapiskat

L'état d’urgence a été déclaré cinq fois à Attawapiskat depuis 2006. La dernière fois, c'était à la suite d'une quarantaine de tentatives de suicide.

Ignace Gull, chef de la Première Nation d'AttawapiskatAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ignace Gull, chef de la Première Nation d'Attawapiskat

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Le conseil tribal doit faire face à tous ces problèmes presque sans aide, d’après le chef Gull. De plus, il est impossible de s’attaquer au problème des soins de santé sans s’attarder aux problèmes d’infrastructures, dit-il.

« Nous n’avons même pas de bureau pour résoudre ces problèmes de santé. Il y a toujours 124 familles qui n’ont pas de maisons », déplore-t-il.

Caroline Lidstone-JonesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Caroline Lidstone-Jones croit que les communautés doivent déterminer comment l'argent sera dépensé.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Plutôt que de traiter les symptômes, il faut laisser les Premières Nations traiter les causes du problème, d’après Caroline Lidstone-Jones, responsable à l’Autorité de santé Weeneebayko à Moose Factory.

Les priorités [du gouvernement] sont imposées aux communautés. Je crois qu’il faut que ce soit les communautés elles-mêmes qui décident où va l’argent.

Caroline Lidstone-Jones, responsable à l’Autorité de santé Weeneebayko à Moose Factory.

Des dizaines de représentants de Premières Nations ainsi que des fournisseurs de soins de santé sont réunis à Timmins cette semaine pour discuter de la transformation du système de santé. Ils entendent se mettre d’accord sur une stratégie de réforme pour ensuite s’adresser aux gouvernements canadiens.

Tour à tour, les chefs des Premières Nations de la NAN prennent la parole. Certains dressent un portrait sombre de la situation que vivent leurs communautés, alors que d’autres sont plus optimistes. Mais un thème se dégage depuis le début de la conférence : ce sont les Premières Nations qui doivent établir leurs propres priorités, et non le gouvernement.

Ovide Mercredi, ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations, lors d'une conférence. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ovide Mercredi, ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

« Il est temps d’agir ! »

C’est ce qu’a martelé Ovide Mercredi, ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations et figure autochtone marquante lors des négociations de l’accord du lac Meech. Il mènera les échanges entre les Premières Nations et les gouvernements pour parvenir aux réformes.

D’après le chef Gull, les politiciens actuels sont plus ouverts à l’idée de travailler avec les Premières Nations que leurs prédécesseurs.

Le ministre de la Santé de l’Ontario, Eric Hoskins, et la ministre des Services aux Autochtones du Canada, Jane Philpott, seront présents à la conférence vendredi pour s’adresser aux Premières Nations.

Nord de l'Ontario

Autochtones