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Une employée de l'ENFFADA congédiée pour avoir recommandé des changements

Morene Gabriel regarde la caméra
Morene Gabriel a été embauchée par l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées en juin et a été congédiée le 14 novembre. Photo: Radio-Canada / Jeff Stapleton
Radio-Canada

Une employée de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) a été congédiée après avoir tenté de recommander des changements. Morene Gabriel et deux de ses collègues ont été congédiés la semaine dernière.

L'enquête a perdu plusieurs membres au cours des derniers mois, dont la commissaire Marilyn Poitras, qui a démissionné en juillet. L'avocate principale Susan Vella et la directrice de la recherche, Aimee Craft, ont toutes les deux démissionné en octobre.

Morene Gabriel, originaire de la Première Nation d'Ebb and Flow, près du lac Manitoba, a été embauchée en juin pour travailler comme agente de liaison communautaire pour le Manitoba et la Saskatchewan après la démission de Tanya Kappo.

Elle a dit qu'elle a ensuite été embauchée à titre de gestionnaire des relations communautaires pour ces régions au mois d'août.

Je sais que parler publiquement aura un effet sur les familles, mais il faut savoir que la culture au sein de l'enquête nationale est très toxique, et ça doit cesser.

Morene Gabriel, ancienne employée de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

La sœur de Morene Gabriel, Eileen Mary Houle Roulette, avait 36 ans lorsqu'elle a été tuée à Ebb and Flow, en 2001.

Mme Gabriel a déclaré que la perte de sa sœur aînée l'avait incitée à travailler pour l'Enquête parce qu'elle comprend ce que vivent les familles.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées

« J'ai l'impression de pouvoir offrir un point de vue unique. Je peux offrir des conseils et du soutien aux familles à l'aide de mon poste, en faisant du lobbying interne pour que certaines choses clés soient mises en place pour les familles qui participent à ce processus », a-t-elle dit.

L’ancienne employée de l’ENFFADA a dit que l'une de ses plus grandes préoccupations était l'absence de plans de suivi pour les familles qui avaient déjà témoigné.

Elle affirme « ne pas être convaincue qu’il y ait un plan solide en place » pour venir en aide aux familles après qu'elles ont obtenu des soins.

« Je m'attendais à voir des documents, des politiques et des procédures de gouvernance, un cadre en place qui orientera mon travail pour aborder les plans de suivi après les soins », a-t-elle déclaré.

Morene Gabriel a dit qu'il y avait un document de deux pages sur les soins de suivi, mais elle l'a qualifié de vague. Elle a dit qu'elle se sentait rejetée quand elle a demandé plus d'informations à son superviseur.

Elle ajoute que l'Enquête est un milieu de travail difficile pour le personnel.

C'est très toxique parce qu'il y a beaucoup de dénigrement; la communication fait défaut. À l’interne, il y a une culture de favoritisme.

Morene Gabriel, ancienne employée de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Elle se demande également si les informations cruciales du niveau local sont acheminées aux directeurs et aux commissaires.

Morene Gabriel a déclaré qu'elle avait été réprimandée par la directrice générale pour avoir envoyé un courriel à un commissaire, demandant une copie d'un document.

« Si je ne peux pas parler à un commissaire au sujet des informations importantes dont il a besoin pour aborder stratégiquement la région ou avoir les connaissances explicites dont il a besoin pour prendre une décision éclairée, alors je sers à quoi », demande-t-elle.

Selon Morene Gabriel, elle a été congédiée par courriel seulement quelques heures après avoir envoyé une liste de 17 recommandations aux commissaires sur la façon dont elle pense que l'enquête devrait se poursuivre.

Elle pense que quelqu'un doit intervenir et s'occuper des problèmes internes afin de conserver le travail qui a déjà été fait.

Un porte-parole de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a déclaré qu'il ne ferait « aucun commentaire sur les problèmes de dotation, car il s'agit de questions de personnel ».

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