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L’Université de Saint-Boniface se dote d’un laboratoire de microbiologie de pointe

Un homme travaille debout dans un laboratoire.

Un chercheur travaille dans le nouveau laboratoire de l'Université de Saint-Boniface.

Photo : Université de Saint-Boniface

Radio-Canada

Winnipeg compte dorénavant un laboratoire de microbiologie de plus avec l'ouverture d'un laboratoire de niveau de confinement 2 à l'Université de Saint-Boniface (USB).

Le projet de 1 million de dollars environ s’est achevé en deux ans grâce à un financement du gouvernement provincial de 450 000 $.

La capitale manitobaine compte déjà le Laboratoire national de microbiologie de niveau de confinement 4, qui permet l'étude de diverses maladies infectieuses causées par des agents pathogènes « spéciaux », tels que le virus de Lassa, le virus Ebola et le virus de Marburg.

Des pathogènes risqués

Les laboratoires microbiologiques et biomédicaux sont cotés sur une échelle de 1 à 4 en fonction des groupes pathogéniques qui y sont manipulés, le niveau 4 impliquant les protocoles les plus contraignants et les microbes les plus dangereux.

Le laboratoire de l’USB convient à la manipulation des agents du groupe de risque 2, soit des pathogènes associés à des maladies humaines dont la transmission se fait par blessure percutanée, ingestion ou exposition à une muqueuse. Ils représentent donc un risque modéré pour la personne manipulant l’agent, mais un danger faible pour la collectivité.

Dans cette classe, on peut citer, à titre d’exemple le VIH, les hépatites B et C, les salmonelles, l'E. coli et le staphylocoque doré.

La sécurité, une préoccupation première

En raison du potentiel d’infection humaine, le doyen des arts et des sciences de l’USB, Alexandre Brassard, souligne que le laboratoire est muni de plusieurs éléments pour assurer la sécurité des étudiants et du corps professoral qui s’en servent tout aussi bien que les autres utilisateurs et visiteurs du campus.

Le circuit de ventilation ainsi qu’un système de sas maintiennent une pression d’air négative dans le laboratoire de manière à diriger l’air vers l’intérieur, évitant ainsi la diffusion de pathogènes à l’extérieur de l’enclave scientifique. L’Université a également instauré un système strict de cartes magnétiques pour contrôler l’accès au laboratoire.

Outre les mesures de sécurité physiques, tout professeur, recherchiste et étudiant est tenu d'assister à une formation de biosécurité obligatoire avant de pouvoir mettre pied dans la nouvelle section du campus.

On ne veut pas que n’importe qui puisse entrer dans le labo et on ne veut pas que n’importe quoi sorte du labo non plus.

Alexandre Brassard, doyen des arts et des sciences, USB

Bien que l’Université de Saint-Boniface inaugure son laboratoire de sciences de niveau de confinement 2 avec de nombreux invités, jeudi, ces derniers ne pourront pas visiter les locaux fêtés, parce que ceux-ci sont déjà opérationnels.

Les curieux auront toutefois droit à une présentation vidéo exposant les caractéristiques de l’installation et une causerie avec la professeure de microbiologie Anne-Marie Bernier, qui parlera de l’impact du laboratoire dans l’enseignement des sciences et de la valeur ajoutée qu’il représente pour l’USB.

Une attente qui en valait la peine

Le doyen, Alexandre Brassard, relate que le chemin vers l’ouverture du laboratoire a été long et exigeant en raison des très nombreuses normes de Santé publique Canada. De plus, le travail de précision nécessaire pour un tel projet posait des défis en ce qui a trait à l’embauche des constructeurs.

« On ne construit pas ce genre de laboratoire à Winnipeg tous les jours », dit-il.

Il fait valoir que les mois de bruits et de vibrations durant la construction qui ont dérangé les étudiants en valaient néanmoins la peine. « On est tous très contents », précise-t-il.

En milieu minoritaire, c’est assez rare,les programmes de science aussi avancés que le nôtre. On ne trouve pas beaucoup de ça au Canada.

Alexandre Brassard, doyen des arts et des sciences, USB

Selon le doyen, le laboratoire ne sera pas seulement utile aux étudiants de l’USB, qui pourront effectuer des travaux pratiques plus tôt dans leurs carrières universitaires grâce à la petite taille des classes, mais aussi à la communauté francophone du Manitoba, car il s’agit d’un nouveau lieu d’enseignement ultra particularisé permettant de former des spécialistes de la santé en langue française.

« Ultimement, si on veut avoir des professionnels de la santé qui parlent français, il faut surtout les former en français », souligne-t-il.

Manitoba

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