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Avez-vous besoin d'aide? Êtes-vous accro à votre téléphone intelligent?

Seriez-vous capable de vous passer de votre téléphone intelligent pendant toute une journée? Photo: iStock
Radio-Canada

Les Canadiens passent environ quatre heures par jour les yeux rivés sur leur téléphone intelligent : 50 % l'utilisent dans la salle de bain, 60 % le regardent durant les repas en famille et 90 % le consultent même la nuit dans leur lit.

Un texte d'Angie Bonenfant

Les téléphones intelligents font partie intégrante de la vie des Canadiens, qui les utilisent principalement pour accéder à Internet.

À ce chapitre, les Canadiens sont prêts à abandonner bien des choses pour continuer d’avoir le luxe de parcourir leur fil d’actualités Facebook ou Instagram.

Qu’abandonneriez-vous pour Internet?

  • 46 %la restauration rapide
  • 34 %l’alcool
  • 31 %le café
  • 10 %la voiture
  • 9 %le sexe
 
(Source : Autorité canadienne pour les enregistrements Internet, mars 2017)

Ces données statistiques sur les habitudes de consommation des Canadiens vous étonnent-elles? Vous êtes-vous reconnu dans ces chiffres?

Sommes-nous trop dépendants?

Les Canadiens passent beaucoup de temps à utiliser leur téléphone intelligent, mais cela ne veut pas nécessairement dire qu’ils sont dépendants, observe Valérie Van Mourik, clinicienne et chercheuse au Centre de réadaptation en dépendances de Montréal.

Un téléphone c'est multi-usage : c'est notre agenda, un mini-ordinateur, un bloc-notes, un journal et même une lampe de poche.

Valérie Van Mourik, Centre de réadaptation en dépendances de Montréal

Dans un tel contexte, rappelle la spécialiste, il est normal que les Canadiens aient de la difficulté à s'en passer. Le téléphone intelligent est devenu un outil presque indispensable.

Habitudes de consommation

  • 76 % des Canadiens possèdent un téléphone intelligent
  • 67 % des Canadiens utilisent leur téléphone intelligent pour accéder à Internet
  • 71 % des Canadiens passent de trois à quatre heures sur Internet par jour

 
(Source : Statistique Canada,
2016 et Autorité canadienne pour les enregistrements Internet, 2017)

Jean-François Biron, chercheur à la Direction régionale de la santé publique de Montréal, préfère utiliser le terme « hyperconnectivité » quand il aborde la relation un peu excessive qu'entretiennent certains Canadiens avec leur téléphone cellulaire.

Les gens « hyperconnectés » ne veulent rien manquer, consultent leur tablette ou leur téléphone intelligent à de multiples reprises et ils sont hyperactifs sur Internet.

Cette surconsommation est-elle un problème? La réponse à cette question se trouve dans le sevrage. Faites le test! (Nouvelle fenêtre) Seriez-vous capable de vous passer de votre téléphone une journée entière?

Mobidépendance : n. f. de mobile et dépendance.
Dépendance psychologique créée chez une personne par l'utilisation excessive de son téléphone mobile et caractérisée par un état de manque ou d'anxiété quand elle en est privée.
(Source : Antidote)

« Une personne est dépendante lorsqu'elle a essayé par elle-même d'en réduire son usage, mais qu'elle en est incapable », explique Mme Van Mourik.

« On parle vraiment d'une dépendance quand le sentiment d'inconfort est grand au point que le sevrage emmène un état de détresse et vient perturber le fonctionnement de la personne », explique-t-elle.



À quel moment s'alarmer?

Quand on dit qu'on est accro à Internet, que dit-on réellement? Qu'on fait trop de recherches sur Google? Qu'on écoute trop Netflix? Qu'on commente trop de publications sur Facebook?

La dépendance ne se mesure pas au nombre d'heures passées devant un écran, soutiennent les deux spécialistes. Ce qui est plutôt révélateur, ce sont les conséquences négatives que cette consommation a dans toutes les sphères de notre vie.

Des recherches laisseraient entendre qu'une grande utilisation a des répercussions sur notre travail et nos relations sociales, mais aussi sur la mémoire, la concentration, l'humeur et le sommeil.

Malheureusement, la mobidépendance étant un phénomène relativement nouveau, les effets ne sont pas encore très bien documentés, indique Jean-François Biron.

Un homme tape sur l'écran de son téléphone intelligent dans une application de messagerie.Un homme consulte son téléphone intelligent. Photo : Getty Images / rodrigobark

Un manque de ressources

En Outaouais, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) n'offre pas de services liés à la cyberdépendance.

Pour le moment, « il y a très, très peu de demandes liées à cette dépendance-là », rapporte la porte-parole Geneviève Côté. Et d’ailleurs, le CISSS « n'a pas l'expertise à l'heure actuelle pour répondre à ce besoin-là ».

En revanche, soutient-elle, ce n'est qu'une question de temps avant que l’organisme ne se penche sur cette problématique émergente.

La Semaine nationale de sensibilisation aux dépendances (Nouvelle fenêtre) a lieu du 12 au 18 novembre. Cette semaine met en relief des enjeux et des solutions dans la lutte contre les méfaits liés principalement à l’alcool et aux autres drogues.

Consommation

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