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Santé mentale à l'Î.-P.-É. : le ministre refuse de parler de « crise »

Robert Henderson, ministre de la Santé et du Mieux-être de l'Île-du-Prince-Édouard
Robert Henderson, ministre de la Santé et du Mieux-être de l'Île-du-Prince-Édouard Photo: Radio-Canada / François Pierre Dufault
Radio-Canada

Parler publiquement de « crise » dans les services de santé mentale à l'Île-du-Prince-Édouard risque de nuire au recrutement de psychiatres, affirme Robert Henderson, le ministre de la Santé et du Mieux-être.

Un texte de François Pierre Dufault

Robert Henderson reconnaît que la situation n'est pas rose dans le milieu de la santé mentale. La province connaît une pénurie de psychiatres. Le tiers des postes sont vacants à l'heure actuelle, ce qui mène à des réductions de service.

Mais l'élu refuse de parler de « crise ».

« Il faut faire attention », a insisté Robert Henderson à sa sortie de l'Assemblée législative, mercredi. « Je ne veux pas que les insulaires pensent qu'ils ne peuvent pas avoir accès à des services. Nos urgences sont ouvertes. Nous avons la capacité d'offrir des services de psychiatrie. Aussi, je crois que l'emploi du mot [crise] risque de nuire au recrutement de nouveaux médecins. »

Le ministre dit ne pas vouloir dissuader des psychiatres de venir travailler dans la province.

Depuis quelques mois, la pénurie de psychiatres oblige l'Île-du-Prince-Édouard à réduire périodiquement le nombre de places disponibles à l'unité des soins de santé mentale à l'hôpital Queen Elizabeth de Charlottetown.

Il est possible que des lits soient fermés pour deux ou trois jours à la fois. C'est une question de sécurité. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où nous serions incapables d'offrir des services de santé de qualité.

Robert Henderson, ministre de la Santé et du Mieux-être de l'Île-du-Prince-Édouard

Robert Henderson dit que la compétition est forte en Atlantique, car toutes les provinces tentent en même temps de recruter des psychiatres. Il laisse entendre néanmoins que de nouvelles embauches à l'île sont imminentes.

Le ministre de la Santé et du Mieux-être entrevoit des réductions de service en santé mentale au moins jusqu'au début janvier.

L'enjeu de la santé mentale a dominé la première période de questions de la session parlementaire à Charlottetown, mercredi.

D'entrée de jeu, le chef progressiste-conservateur James Aylward a exigé du gouvernement libéral qu'il construise au plus vite un nouveau campus de santé mentale. Il a aussi suggéré que ce nouvel établissement soit un hôpital universitaire afin de favoriser le recrutement et la rétention de personnel.

L'élu a accusé le parti au pouvoir d'ignorer la « crise » en santé mentale.

« Cette crise est, en fait, une occasion de faire un grand bond en avant », a déclaré James Aylward, dont c'était la première période de questions à titre de chef de l'opposition officielle. « Pourquoi le gouvernement hésite-t-il à faire preuve de véritable leadership ? Je crois que le temps est venu d'agir. »

Le premier ministre Wade MacLauchlan a rétorqué que la santé mentale était « une priorité » pour son gouvernement. Il a promis de remplacer le vieil hôpital Hillsborough, dont certaines sections ont plus de 90 ans, par un établissement « du 21e siècle ». Il n'a cependant pas donné d'échéancier.

Les libéraux promettent depuis 2014 de construire un nouvel hôpital psychiatrique.

Départs « encouragés »

À son tour, le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, a laissé entendre que l'Île-du-Prince-Édouard avait « encouragé activement le départ » de certains psychiatres après une évaluation de leur rendement, et ce, malgré la grave pénurie que connaît la province.

Les préoccupations par rapport au rendement [des psychiatres] étaient-elles si importantes que [le gouvernement] a jugé qu'il était préférable pour les patients de ne pas avoir de psychiatre du tout ?

Peter Bevan-Baker, chef du Parti vert de l'Île-du-Prince-Édouard

Selon le ministre Robert Henderson, il arrive que des médecins formés à l'étranger ne répondent pas aux exigences canadiennes, même après quelques mois de pratique supervisée, ou qu'ils n'arrivent pas à surmonter les barrières linguistiques pour être en mesure de soigner adéquatement des patients.

Île-du-Prince-Édouard

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