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Des solutions peu populaires pour stabiliser les finances du Yukon

trois membres du comité assis à une table de conférence devant des drapeaux du Yukon

Les recommandations du comité consultatif sur les finances publiques pourront ou non être mises en oeuvre par le gouvernement territorial.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Comité consultatif sur les finances publiques du Yukon a déposé son rapport final, lequel propose une série de mesures possibles pour redresser le déficit anticipé des prochaines années.

Le gouvernement du Yukon a créé en mai dernier un comité consultatif composé d'experts en finances à l'heure où il anticipe des déficits pour les années à venir allant de 40 millions à 60 millions de dollars.

Ce comité a produit un premier rapport au début de l'automne, qui suggérait, entre autres, la création d'une taxe de vente, qu'il a ensuite soumis à des consultations publiques.

Le comité soutient que la situation des finances publiques n'est pas remarquable, mais que, pour redresser ces déficits, il faudra faire des choix.

Tim O'NeillAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'économiste Tim O'Neill explique que les consultations publiques auprès des Premières Nations ont mis en lumière la nécessité de réviser le partage des bénéfices et des responsabilités avec le territoire.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Imposition de taxes, gel des dépenses

Parmi les recommandations figurent celles de réduire ou même geler les dépenses du gouvernement territorial, notamment l'embauche de personnel. Les experts notent en effet que depuis quelques années, le ratio entre le nombre d'employés du gouvernement et la population est passé d'un poste par six habitants à un poste par quatre habitants. Trevor Tombe, l'un des experts, affirme que c'est l'option que les Yukonnais consultés préfèrent. « Il y a l'impression [parmi les Yukonnais] que cette situation mène à une économie à double vitesse. »

Une approche longuement discutée par les Yukonnais durant les consultations publiques est une révision en profondeur des programmes et des services du gouvernement pour déterminer lesquels sont des duplications ou ne sont plus nécessaires. Les experts pointent vers la Subvention aux propriétaires d’habitation pour l'instant accessible à tous, mais qui pourrait être plutôt offerte à ceux qui en ont besoin.

Les discussions consistent à déterminer quelles sont les options, quels services nous voulons et quelles concessions nous sommes prêts à faire. Il est évident que tout changement aura un effet négatif sur certaines personnes et le gouvernement doit faire des choix.

Une citation de : Tim O'Neill, panéliste du Comité consultatif sur les finances publiques

L'autre option est d'augmenter les revenus avec, par exemple, la création d'une taxe de vente dont le Yukon est encore exempt et qui générerait annuellement 7 millions de dollars. Les experts font remarquer que cette taxe serait soutenue en grande partie par les visiteurs. Les experts proposent par ailleurs une taxe sur les nuits d'hôtel telles qu'il en existe ailleurs au Canada.

couverture du rapportAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le rapport d'experts sur les finances publiques survient six mois après la formation du comité et traite, en plus de solutions fiscales, des priorités du gouvernement territorial et de ses relations avec les Premières Nations.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Les experts remarquent ensuite que les Yukonnais profitent de frais d'utilisation parmi les plus faibles au pays, soit 5 % des coûts de services gouvernementaux. Les frais imposés pour les campings sont un exemple. « Si le Yukon adopte des frais de 10 cents par dollar, comme le font les Territoires du Nord-Ouest, cela pourrait générer annuellement 6 millions de dollars », explique Trevor Tombe.

Des augmentations de taxes sur le tabac, l'alcool, et bientôt le cannabis, sont autant d'options pour générer plus de revenus. « Un déplacement de l'impôt vers une taxe de consommation », soutient M. Tombe qui s'est exprimé au téléphone lors de la conférence de presse.

Tout dépend du secteur minier

Le comité d'experts affirme que le territoire peut également choisir de ne rien faire, un choix possible, mais risqué, disent-ils. Si le secteur minier reprend du gallon, tel que l'anticipe par exemple le Confrence Board du Canada, le Yukon devrait voir ses revenus augmenter d'eux-mêmes. Mais les experts rappellent que l'ombre grandissante au tableau est l'augmentation inévitable des soins de santé alors que la population du territoire se fait également vieillissante.

« La situation du Yukon n'est pas unique », soutient l'autre panéliste Tim O'Neill. Il suggère que la taille du territoire lui permettrait d'expérimenter certaines options telles qu'un partage des frais dans un programme d'assurance-médicaments, des cliniques mobiles ou l'utilisation d'innovation technologique. L'économiste reconnaît toutefois qu'une grande portion des frais de santé sont ceux du transport de patients vers les spécialistes en Colombie-Britannique et en Alberta et que des solutions pourraient être envisagées.

Les experts concluent que les solutions n'ont pas besoin d'être drastiques. « Les déficits projetés sont modestes, mais soutenus », dit Trevor Tombe.

Sandy Silver devant les microsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre du Yukon, Sandy Silver, a répondu aux questions des journalistes après le dépôt du rapport sur les finances publiques.

Photo : Radio-Canada / Wayne Vallevand

En conférence de presse, le premier ministre du Yukon, Sandy Silver, a soutenu ne pas avoir l'intention de créer une taxe de vente harmonisée, ni de réduire la fonction publique ou d'augmenter les redevances sur l'or. Le gouvernement se penchera sur les recommandations à commencer par une révision de l'offre de soins de santé.

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