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Surpopulation à la prison d'Amos : il faut favoriser des mesures de rechange à l'incarcération, clame une spécialiste

L'établissement de détention d'Amos

L'établissement de détention d'Amos

Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

Radio-Canada

Radio-Canada révélait mardi que le taux moyen d'occupation à la prison d'Amos en 2016-2017 a été de 129%. Le ministère de la Sécurité publique affirme que l'ouverture des nouvelles prisons permettra d'améliorer la situation.

Un texte de Thomas Deshaies

Selon la professeure titulaire à l'École de criminologie de l'Université de Montréal, Marion Vacheret, il faut surtout favoriser des mesures de justices alternatives. « La construction des prisons est peut-être nécessaire parce qu'il y a des conditions de détention associées à la surpopulation, mais je pense que si on fait cela, c'est une forme de fuite en avant », tranche d'entrée de jeu Mme Vacheret.

Rappelons que la nouvelle prison d 'Amos pourra accueillir 220 personnes plutôt que 121. Cependant, en 2016-2017, 1142 détenus ont été transférés de la prison d'Amos vers d'autres établissements. Ce sont principalement pour des raisons de surpopulation, a confirmé le ministère de la Sécurité publique.

Mme Vacheret explique qu'un trop grand nombre de personnes sont incarcérées dans les prisons québécoises avant d'avoir été reconnues coupables, ce qui explique en partie la surpopulation. « Un détenu sur deux sont des prévenus qui, peut-être, ne seront pas reconnus coupables et s'ils sont reconnus coupables, certains d'entre eux n'auraient pas été condamnés à la prison. On a donc déjà une surpopulation qui ne devrait pas être là, explique-t-elle. C'est une mesure qui devrait pourtant être utilisée de façon exceptionnelle et à 50 % de la population, on est loin de l'exception. »

Parmi les personnes incarcérées, la moitié d'entre eux purge des peines de moins d'un mois, affirme Mme Vacheret. Ainsi, la forte majorité des détenus n'auraient pas nécessairement commis des crimes graves.

« On est dans une société où on va favoriser l'incarcération »

Marion Vacheret estime que le gouvernement devrait favoriser davantage de mesures alternatives de justice qui seraient, selon elle, plus cohérentes avec la réhabilitation. Cette approche permettrait aussi de s'attaquer au problème de surpopulation dans les prisons.

« On est dans une société où on va favoriser l'incarcération. Mais on pourrait offrir des mesures de contrôle dans la société qui protégeraient le public, tout en évitant qu'[une personne incarcérée] aille passer deux semaines dans un gymnase en perdant son travail et en perdant son logement, souligne-t-elle. Je pense qu'on ne se protège pas de la bonne façon. »

« On crée des situations explosives »

Les travailleurs dans les prisons surpeuplées doivent faire face à davantage de situations conflictuelles, estime Mme Vacheret. « Les [prisonniers] se retrouvent à dormir dans des gymnases, pas d'activités, pas de programme, on fait de l'entreposage, déplore-t-elle. Ça crée des tensions, ça crée de conflits, avec des risques potentiels de violences. On crée des situations explosives. »

Ce climat ne favorise pas la réinsertion sociale des détenus, croit la professeure titulaire. Elle se réjouit toutefois de la mise en place progressive de programmes de mesures de rechange pour adultes.

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