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Un déficit de 10 M$ menace le transport en commun à Winnipeg

Un autobus de la Régie des transports de Winnipeg
En 2018, les usagers des autobus de la Régie des transports de Winnipeg pourraient devoir payer leur billet 25 cents plus cher, en plus du taux d'inflation. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le maire de Winnipeg, Brian Bowman, souhaite que la province revienne sur sa décision de ne plus financer la moitié du transport public de la capitale manitobaine. Il souligne que le déficit de 10 millions de dollars causé par cette décision pourrait se traduire par des compressions dans les transports en commun et la suppression de nombreux trajets.

M. Bowman indique qu'un tel manque de fonds forcerait la Ville à supprimer 59 trajets d'autobus, ce qui pourrait toucher 37 000 passagers. Selon le maire, la Régie des transports de Winnipeg aurait aussi à supprimer 120 emplois en plus d'augmenter le coût des billets de 25 cents, en plus du taux d'inflation.

Le maire déposera la version préliminaire du budget opérationnel le 22 novembre, mais refuse de dire si la Régie des transports sera la principale victime du déficit de 10 millions.

Je pense qu'il est important de donner un cadre de référence de ce que cela représente, couper la moitié du budget des transports en commun.

Brian Bowman, maire de Winnipeg

Même si la Ville pourrait combler cette insuffisance pécuniaire en augmentant les impôts fonciers, M. Bowman fait valoir qu'il s'était déjà engagé à limiter les hausses foncières à 2,33 % par an.

Selon le conseiller municipal de North Kildonan, Jeff Browaty, la Ville pourrait toutefois compenser le déficit de 10 millions de dollars si le conseil mettait le holà sur toute dépense liée aux projets de transport rapide et de la réouverture de l'intersection de l'avenue Portage et de la rue Main à la circulation piétonnière.

Jouer au téléphone arabe

Le gouvernement progressiste-conservateur du premier ministre Brian Pallister a annoncé plus tôt cette année que non seulement il ne débourserait plus les 10 millions de dollars prévus pour la Régie des transports, mais aussi qu'il gelait le financement au niveau de 2016.

Le ministre provincial des Infrastructures, Ron Schuler, estime que Brian Bowman ne devrait pas passer par les médias pour envoyer un message au premier ministre, « surtout que les deux hommes se réunissent régulièrement ».

Je suis d'avis que les conversations entre deux ordres de gouvernement n'ont pas besoin d'être un débat public qui se déroule dans les médias, ni dans les médias sociaux, d'ailleurs.

Ron Schuler, ministre manitobain des Infrastructures

Le ministre des Relations municipales du Manitoba, Jeff Wharton, est allé plus loin, qualifiant de « regrettable » le plaidoyer « très public » du maire Bowman.

Il rappelle que Winnipeg dispose d'une latitude raisonnable pour prendre ses propres décisions concernant la répartition de l'argent qu'elle reçoit de la province.

« C’est au maire d’assumer la responsabilité et les conséquences de ses dépenses en fonction des fonds alloués », souligne-t-il.

Encourager les options écologiques

L’Opposition officielle soutient que les coupes claires du gouvernement Pallister obligent la Ville de Winnipeg à amputer la Régie des transports ou bien d’autres services municipaux.

« Ça nuira aux gens qui dépendent du réseau d'autobus comme seul mode de transport, certes », affirme le chef du Nouveau Parti démocratique, Wab Kinew, « mais ça va aussi décourager ceux qui sont sur le point de commencer à prendre l'autobus pour se rendre au travail. »

« Nous vivons à une époque où les gens commencent à peine à lutter contre les changements climatiques et nous devrions faire tout notre possible pour les inciter à continuer à choisir des options “vertes”. »

Manitoba

Transport en commun