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40 ans d’appui à l’éducation en français menacés?

La restructuration du Bureau d'éducation française
Radio-Canada

Une certaine incertitude persiste au sujet de l'avenir du Bureau de l'éducation française (BEF), alors que des organismes du milieu de l'éducation ont interpellé, lundi, le gouvernement du Manitoba pour réitérer leurs inquiétudes.

Les huit organismes qui ont demandé à rencontrer le ministre de l'Éducation s’inquiètent de l'impact des décisions récentes du gouvernement sur la capacité du BEF à poursuivre le mandat qui est le sien depuis sa mise sur pied, il y a 40 ans.

Mais d’où vient le BEF et pourquoi est-il si important pour l’enseignement en français?

Raymond Hébert, qui le premier a occupé le poste de sous-ministre adjoint en 1976, rappelle les circonstances dans lesquelles cette division francophone du ministère de l’Éducation a été mise sur pied.

Organismes qui demandent une rencontre :

  • Fédération des parents du Manitoba;
  • Manitoba Teachers Society;
  • Société de la francophonie manitobaine;
  • Division scolaire franco-manitobaine;
  • Canadian Parents For French;
  • Association of School Business Officials;
  • Association des divisions scolaires du Manitoba;
  • Université de Saint-Boniface.

« Le BEF a été créé en 1974 par une petite équipe dirigée par un pédagogue et administrateur venu du Québec, Olivier Trembay, qui s’est entouré de gens comme Hubert Gauthier. Ensemble, [et avec l’appui du ministère de l’Éducation de l’époque] ils ont fait des merveilles et ont créé cette nouvelle structure », dit M. Hébert.

Un rôle d'animation sociale

Lui-même entré en poste en 1976, il a dirigé le BEF pendant trois ans. « La première mission du BEF était d’encourager les divisions scolaires un peu partout - c’était toutes des divisions anglophones - à créer des écoles françaises », rappelle Raymond Hébert.

Le premier outil a été les subventions qui venaient du gouvernement fédéral pour encourager les commissions scolaires à augmenter [le nombre d’écoles] ou créer des écoles françaises.

Raymond Hébert

Le BEF avait un « rôle d’animation pendant cette période, dit-il. Moi j’ai été un personnage de transition vers la bureaucratisation du BEF », explique Raymond Hébert.

Vers la professionnalisation

Après avoir encouragé la création de plusieurs écoles françaises et de programmes d’immersion, le BEF a ensuite joué un « rôle plus traditionnel, de développement de programmes d’études, de gestion des subventions fédérales » qui demeure, selon Raymond Hébert, « l’un des rôles les plus importants du BEF ».

Raymond Hébert en entrevue avec Radio-Canada à l'Assemblée législative du ManitobaLe politologue Raymond Hébert a été sous-ministre adjoint pour le Bureau de l'éducation française, entre 1976 et 1979 Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

Pour Raymond Hébert, il est « essentiel d’assurer [...] l’intégrité actuelle du BEF, sans aucune modification. »

« Je ne comprends pas pourquoi ce gouvernement voudrait abolir le BEF dans sa forme actuelle. C’est incohérent et incompréhensible, à mon avis », poursuit-il.

De son côté, le ministre Ian Wishart a indiqué la semaine dernière que les changements annoncés ne viendront pas compromettre la culture et les besoins de la communauté francophone, qui resteront une priorité. Il a aussi indiqué qu’une rencontre avec les organismes aura lieu, sans qu’une date soit précisée.

À écouter aussi :

Entrevue avec Raymond Hébert

Enseignement en français : quelques dates-clés

  • 1870 : Le Manitoba devient une province. Un système d'écoles publiques confessionnelles subventionnées par la province est garanti par sa Charte.
  • 1871 : Un Bureau de l'éducation comprend une section catholique et une section protestante.
  • 1890 : Les fonds publics sont désormais réservés aux écoles qui deviennent publiques; les écoles catholiques sont dorénavant des institutions privées non subventionnées. Elles sont fréquentées par 3 677 élèves. Le Manitoba supprime aussi la langue française comme langue officielle de la province.
  • 1896 : Le règlement Laurier-Greenway est un compromis qui permet les cours d'instruction religieuse après les heures de classe et autorise l'enseignement dans une langue autre que l'anglais, à la demande des parents, lorsque 10 élèves ou plus fréquentent l’école.
  • 1916 : La loi Thornton supprime les écoles bilingues et l'éducation en français.
  • 1916 : Naissance de l'Association d'éducation des Canadiens français du Manitoba (AECFM) qui veut améliorer l'éducation en français des francophones.
  • 1955 : Le Manitoba autorise l'enseignement du français de la quatrième à la sixième année.
  • 1967 : Une loi scolaire permet l'enseignement en français la moitié de la journée scolaire.
  • 1970 : La loi 113 du gouvernement Schreyer redonne au français la place qu’il occupait jusqu’en 1896.
  • 1974 : Un coordonnateur des programmes de l’éducation française du ministère de l’Éducation est nommé.
  • 1975 : Le Bureau de l’éducation française est créé.
  • 1976 : Un sous-ministre adjoint à la direction du Bureau de l’éducation française est nommé.
  • 1990 : L'arrêt Mahé de la Cour suprême du Canada confirme le droit des parents francophones à gérer leurs écoles françaises.
  • 1993 : Le Renvoi des parents francophones du Manitoba affirme que l’article 23 garantit aux Franco-Manitobains un degré maximum de gestion de leurs écoles.
  • 1994 : La Division scolaire franco-manitobaine voit le jour.

Avec la collaboration de la Société historique de Saint-Boniface

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